‹ Méliador (volume 2)Chapitre 7 sur 28 · ANALYSE DE MEUADOR XXXIII · texte numérisé non relu

ANALYSE DE MEUADOR XXXIII

cependant à porter à son maître les propositions du chevalier breton que Flori consent à ne pas quitter avant le retour de Dagor (v. 24449).

Interrogé dès son retour à Dublin sur l'état de défense de l'Irlande, Dagor annonce au roi Sicamont la défaite de ses plus vaillants hommes et remplit le message dont l'a chargé Méliador. Ces nouvelles attirent sur lui la colère du monarque irlandais qui lui ordonne de courir dès le lendemain au-devant de Méliador, et, sous peine de la vie, de le lui amener mort ou vif. Mais Sagremor, loin de partager les sentiments du roi son père, pénètre secrètement le soir dans la chambre de Dagor, lui confie son vif désir de mener la vie d'un chevalier et arrête ses dispositions pour partir avec lui. Le lendemain matin, l'épervier au poing, Saigremor se rend dans le bois voisin et, tandis que le& deux écuyers qui l'accompagnent vont à la recherche de l'oiseau envolé, il rejoint Dagor. A peine réunis, ils rencontrent un guerrier breton, Rolidanas, auprès duquel Dagor s'informe du chevalier au Soleil d'Or. C'est de Rolidanas que les deux écuyers de Sagremor apprennent le jour même la fuite de leur maître avec Dagor : ils s'expatrient alors pour éviter la colère du roi qui, ne recevant le soir aucune nouvelle de son fils, ni des serviteurs de celui-ci, le fait chercher de toutes parts et meurt de chagrin moins de quatre mois après (v. 24888).

Poursuivant sa route en compagnie de Sagremor durant de longues journées, Dagor retrouve enfin Méliador et lui dit le peu de succès de la proposition qu'il a transmise au roi d'Irlande. En témoignage de sa véracité, il lui présente le fils de ce monarque et Méliador, informé de la vocation guerrière du jeune prince, confie à Dagor le soin de le conduire à la cour du roi Artus. A cet effet, il dégage le chevalier irlandais de l'obligation de combattre à nouveau contre lui, mais lui laisse cependant la liberté d'agir à sa guise dans les rencontres qui pourraient survenir. Ils se séparent, et le fils du duc de Cornouailles donné alors congé à l'écuyer

de rindifférence de la belle, trouve un peu d'adoucissement % sa souffrance en composant une ballade amoureuse et prend finalement le parti de quitter la cour. Mais auparavant il veut prendre congé de Sébille, de Sébille seule, et trouvant celle-ci à point nommé, il lui annonce son départ. S'il part, c'est que bien différente de ce qu'elle était naguère, elle ne ressent plus pour lui que de la haine. Sébille proteste énergiquement, mais en vain : il est vrai qu'elle ne songe pas à l'amour et qu'elle s'en remet du soin de fixer sa destinée au roi et à la reine. Ses excuses n'apaisent point Sagremor : haï de celle qu'il aime, il doit la fiur. Il lui demande néanmoins de vouloir bien se souvenir parfois du jeune chevalier errant qui entreprend de courir le monde en quête de gloire, portant en l'honneur d'elle sur son bouclier-une dame vêtue de bleu. Il la prie en outre de permettre qu'il lui baise la bouche. A ce moment, Sébille jette sur Sagremor un regard d'une douceur telle qu'il n'en perdra jamais le souvenir et le jouvenceau parvient à cueillir le baiser tant souhaité, baiser qui le reconforte pour de longues années. Enfin, et sans ajouter un mot, il laisse Sébille qui s'enfuit toute honteuse. Il va ensuite revêtir ses armes et quitte secrètement Carlion, sans emmener avec lui aucun serviteur; puis, à travers les plaines de Northumberland, il se dirige vers Gaules (v. 26432).

Revenons maintenant au roi d'Irlande que la perte de son fils fit mourir de douleur. Les Irlandais, ayant décidé de se donner un nouveau souverain afin d'obvier aux maux qui menaçaient l'Irlande envahie, envoient tout d'abord six chevaliers s'informer de Dagor et de Sagremor à la cour du roi Artns. C'eût été pour eux une grande joie de retrouver l'héritier du monarque défunt, mais Artus ne peut qu'apprendre aux messagers le départ du jeune prince, bientôt suivi de celui de Dagor, désireux de retrouver son élève. Après quinze jours passés à Càrlion dans l'attente de quelque nouvelle, ils reviennent annoncer aux Irlandais le peu de succès de leur mission. De l'avis de plusieurS|

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Agamanor qui les y a envoyés : cette circonstance ravive son amour et elle regrette de ne pouvoir s'en entretenir avec Lucienne; mais, peu après, au récit que Sébille lui fait du départ de Sagremor, elle répond par ce qu'elle sait du Chevalier Rouge (v. 27245).

Retournons à Sagremor. Un jour que le damoiseau chevauchait seul, l'esprit tout occupé de Sébille, il n'entend pas le salut que lui adresse en passant une damoiselle nommée Margadine. Fort étonnée et ne sachant à quel motif attribuer le silence du chevalier, elle envoie son valet le prier de venir lui parler. Apprenant que Sagremor cherche avec qui se mesurer, elle lui indique son propre frère, un chevalier qui ne redoute personne et qui a récemment combattu le Chevalier Rouge; elle le mène ensuite jusqu'à un endroit fort voisin du lieu où il pourra trouver ce frère qu'on appelle Morenois. Mais la rencontre ne tourne pas à l'avantage de celui-ci : il est blessé à l'épaule. La lutte cesse alors à la prière de Margadine et l'on conduit Morenois en son manoir pour lui donner les soins que nécessite son état. Pendant la nuit, Sagremor apprend avec douleur que son adversaire, précédemment vaincu par le Chevalier Rouge, a manqué à l'honneur en ne se rendant pas, conformément à l'engagement qu'il en avait pris, à la cour d'Artus : il reproche vivement à Margadine de l'avoir mis en face d'un tel champion et, après avoir tancé Morenois lui-même, il ordonne au félon chevalier de se rendre sans retard à Carlion pour y confesser sa coupable conduite. Avant de quitter la demeure de Morenois, il confie à Margadine une lettre pour Sébille, puis se sépare du frère et de la sœur qui prennent la route de Carlion (v. 27918).

Morenois, conduit en litière à Carlion, est reçu ainsi que sa sœur à la cour du roi. Artus accueille ses aveux avec bienveillance, et il est fort heureux de pouvoir donner à la reine des nouvelles de Sagremor. Les deux voyageurs sont retenus à la cour et Margadine mise au rang des demoiselles de Genièvre. Dagor, en ce moment auprès du roi, est

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