CHAPITRE XVII
J E n'avais point éprouve de timidité lorsque je tus pre'sente chez M. le Maréchal, et je sentais un extrême embarras au moment d'entrer dans le salon de madame de Chandor. En vain j'avais lu dans les jeux de Mëline que j'étais aime'; en vain Célanie m'honorait d'une attention toute particulière. Il me semblait qu'il fallait beaucoup plus de mérite que je n'en avais pour plaire à Estelle; je savais , par Auguste, que c'était le nom de sa sœur; j'hésitaisi j'entrerais; je me repentais d'avoir engagé Auguste à me présenter à la Marquise , et j'aurais voulu Mais à ce moment la porte
du saîon s'ouvrit, le Comte en sortit et me dit : Ah ! vous voilà Alfred ; et me prenant par la main, il me fit entrer et dit : Estelle , je te pre'senle M. de Moncy, qui doit être très-fier de l'honorable exception que tu lui accordes sur tous mes camarades.
Je mettrai ma gloire, dis-Je, à la me'» riter. — Auguste se plait à me faire passer pour une femme bizarre , et en honneur, je ne sais trop ce qu'il j gagne, si ce n'est de se flatter qu'alors on dira : Voyez, quel bon caractère quô celui de ce pauvre Mello, de vivre avec celte madame de Chandor , la plus singulière des femmes. — Dis , ma sœur, tant que lu voudras; je ne veux point t'empêcher de donner à Alfred l'idée qu'il t,e plaira de lui faire prendre de notre union , qui n'en est pas moins la plus tendre qui soit entre
frère et sœur. — Il est certain, reprît la Marquise, qu'il serait difficile de s'aimer mieux , et surfont de s'estimer davantage. Jrune homme, prenez exemple de votre mentor; vous serez l'ami le plus sincère , l'homme le plus brave, le plus attaché à ses devoirs ; géne'reux , discret , vous aurez de l'instruction sans pe'dantisme; de la sensibilité sans exaltation ; enfin , vous serez le meilleur et le plus aimable des hommes. Auguste, qui avait vainement voulu interrompre les éloges que sa sœur faisait de lui , lorsqu'elle se tut, ploya un genou devant elle, prit sa main qu'il baisa avec la plus vive tendresse, et me dit :
Eh bien ! Alfred , ne l'avais - je pas assuré qu'elle m'aimait à la folie ?
car, il n'est qu'une tendresse extrême qui puisse aveugler à ce point. La
Marquise l'embrassa, et je sentis à cet instant que j'aurais voulu être son frère. — Que faites - vous ce soir , Chevalier , me dit madame de Cliandor ? — J'ai rempli ma journe'e , madame, puisque j'ai eu le bonheur de vous voir. — Cela est fort bien ; mais il n'est que six heures, et j usqu'au soir ? — J'irai à la come'die. — Savez- vous ce que l'on donne ? — Non, madame ; mais je sais que vous y allez. > — Il est charmant. Eh bien ! aimable enfant, vous irez à la comédie dans ma loge, avec moi et votre mentor. Il n'y aura rien de plus respectable. — Et qui puisse me causer une plus grande satisfaction. — J'en suis fort aise. Nous irons prendre la comtesse de Mourville, la plus ennuyeuse des mortelles, mais qui est à la cour , et dont la re'puiaiion est malgré cela intacte j d'ail-
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leurs , proche parente du Ministre de ]a marine, et qui, par conséquent, peut être utile à M. de Chandor. — Je t'admire ma sœur , et je ne puis concevoir comment tu te fais une loi de t'ennujer de cette femme. — Je vous l'ai dit, mon frère, parce, qu'elle a toutes les qualite's qui font la re'pulation. — N'est-ce pas aussi parce que son teint noir, ses jeux sers éclat, servent à faire briller vos charmes ?
— Ah ! quel homme pour ses fausses idées. — Je ne dis pas. .. . — Tu m'impatientes. D'ailleurs, irais-je au spectacle avec une jeune et jolie femme qui ne serait pas la vôtre. On ne manquerait pas de dire que ma complaisance pour mon frère est fort
grande Croyez que je sais ce que
je dois faire , et qu'on est trop heureux de trouver une femme comme
madame de Mourville pour aller avec elle dans le monde; une femme sur laquelle on n'a rien à dire : sinon qu'elle est laide et bête. On vint avertir la Marquise que ses chevaux e'taient mis, et je lui donnai la main pour descendre.
Je ne pourrais exprimer ce que j'e'prouvai en sentant dans ma main ces jolis doigts , dont au travers d'un gant il me semblait toucher le tissu délicat qui les couvrait. Vingt fois je fus tenté de les porter à mes lèvres, mais je n'osaij et dans Tivresse où j'étais, la pensée de Méline ne venait qu'au travers un nuage troubler les illusions dont Estelle enivrait mon cœur.
Ah! combien je me suis reproché depuis ce manque de foi à celle qui méritait mes seuls hommages ; mais j'avais dix-neuf ans, et madame de
( ^^7 ^ Chândor était une des femmes la plus aimable que j'aie vue. D'ailleurs, n'était-ce pas aimer une e'toilej et n'avaitclle pas dit qu'à mon âge j'étais sans Conséquence? ainsi, je ne pouvais pas craindre de manquer à ce que je devais à Méline. Fort de celte réflexion , je me livrai avec une extrême imprudence à tout le charme que me faisait éprouverl'aimablesœurde mon mentor : je ne vis qu'elle pendant tout le spectacle; et , en vérité , ce n'eût pas été madame de Mourville qui m'eût distrait. Elle avait pu être fort bien; mais à cinquante ans peu de femmes conservent des attraits : ceux de la Comtesse étaient entièrement effacés.
Elle avait de plus une absence d'idée qui la rendait d'un ennui assommant; il fallait attendre un quart d'heure pour obtenir d'elle la réponse la plus -
simple. Elle avait, suivant toutes les apparences , pris l'habitude de suivre le conseil du sage; et sept fois la phrase prête à s'e'chapper de ses lèvres , sept fois sa langue se refusait à l'articuler; aussi, je m'aperçus qu'Estelle se bornait aux complimensd'usage, et que le reste du temps elle ne parla qu'à son frère ou à moi. Le spectacle jfini , elle ramena la Comtesse chez elle ; nous revînmes passer la soirée à l'hôtel de Chandor, où se re'unit la cour et la ville. Je me serais bien passé d'une si nombreuse socie'le'; c'e'tait le jour oii la Marquise recevait. Elle parut ne s'occuper en rien de moi pendant tout le temps que je fus chez elle; et alors je rêvais à IVlêline. Ah ! me disais-je , je suis bien sûr qu'au milieu de ce cercle, Méline ne verrait que moi; et je me promis de bannir de
mon âme celle qui ne pourrait jamais faire mon bonheur. Mais que je connaissais peu le pouvoir des yeux de la charmante Estelle et mon extrême faiblesse !
FIN nu TOME PREMIER,
in le ell la plus agréable. Lorf^u'elle êlée avec d'autres teintes , elle peut r un heureux contrafte j & même, emprunter ce fecours , fi on la fait n : avec choix & économie , elle ajoua à la beauté naturelle de la roche fi en lui donnant l'éclat de quelques -Il les vives. Mais lorfque ce lichen II domin.e trop & s'étend comme e croûte chauve & galeufe fur toute la i :e î fa couleur farineufe eîl déplai- 11 , à moins qu'elle ne foit jettée dans
IHDre , ou foutenue par quelque malTe euilkge ou autre teinte fraîche qui en contaél avec elle, utre ces efpèces de rochers que nous tins de décrire , il y en a une autre liée téti ou cime de rocher , qui ems l'idée d'une roche pilée & crépie, pentes entières des montagnes font ent couvertes de ces fragmens cpar- ;s , qui femblent continuellement s'éîr en defcendant du fommet. Ce:te cf.
î eft fort inférieure à la première : elle
( iSo ) manque de cette largeur de Turface donne de la dignité à un objet. A lav rite , TefFet en eft bon dans un lointain ç^ fond les fragmens en une mafle 5 mais po le but accefîbire d'un devant de tabka. qui eft celui que nous avons en vue ici daj i'examen des roches , la cime ou tête rocher ne joue qu'un rôle mefquin.
La cafcade qui s'offre enfuite à nos c fervations , peut fe divifer en chute brifé 6c en chute régulière.
La première appartient plus propreme au rocher, dont les fragmens projettant retenant l'eau dans fa chute ^ la divife en morceaux , la font fauter en écum & lui donnent toute la vivacité & l'^gi' tion dont cet élément adif eft fufceptib Heureux celui dont le pinceau peut ù les variétés & l'éclat de l'eau fous un afpeft.
Dans la chute régulière ^ l'eau n'épro aucun oblhicle , mais fe verfe des teri d'en haut fur celles inférieures , en u; nnpc fplcndide.
( i89) ïlevcnons au charmant Ovic tion auffi exaâ:e que pitton de ces belles fcènes , prou dévoient être familières.
Denfis hune frondibus atrun Urget utrimqae latus nemoris, mec Dat fonitum Iaxis , & torto vertice t(;
Dat fonitum^ dit ce grand
Nature , nous informant pa
iîon que le torrent fe faifoit
que i*œil ne pouvoit Papper
Le vallon , comme nous 1
haut , peut laifîer découvri
mais une vue dans le gillnç,
fujet de devant de tableau. (
doit admettre uniquement q
droit écarté , quelques ti.o-e
tournées , une cafcade péti
les arbres , ou un étang tran
de la cavité de quelque roc .
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le bois fufpendu qui l'ombr
refîerré que pareille ce plan
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