‹ Melle Mance [microforme]Chapitre 3 sur 14 · ETABLISSEMENT DE LA COLONIE · texte numérisé non relu

ETABLISSEMENT DE LA COLONIE

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Comme il était trop tard pour songer à s'établir à Montréal avant l'hiver, on se résigna à aftendre le printemps à Québec, où le gouverneur M. de Montmagny, et les anciens colons faisaient les plus vives instances pour les retenir : M. de Montniagny proposait l'ile d’Orléans pour l'établissement des nouveaux çolons: “ Ce que vous me “ proposez, répondit M. de Maison- “neuve, serait “ envoyé pour délibérer et choisir ” un poste : mais la Compagnie qui :

bon si on m'avait :? :

ss m'envoie, ayant déterminé que |

“jirais à Montréal, il est de mon

“ honneur et vous trouverez bon.

“que j'y monte, pour commencer “ une colonie, quand tous les arbres “ de cette île ge devraient changer “en autant d'Iroquois.” M. ‘4e Montmagny comprit la noblesse de ce langage, et en fut si satisfait qu'il offrit à son ami de le conduire à Ville-Marie Pour reconnaître Je poste et en prendre Possession. La Proposition fut Joyeusemént ac-

Ontmagny, le père Vimont, supé-

rieur des Jésuites, et quelques comprenons accomplirent sur les lieux es cérémonies Prescrites en semblable circonstance, et Prirent pos- Session, au nom de Ja Compagnie, de Montréal.

Pendant ce temps, Mademoiselle ance s'était acquis l'affection de

“mère de l’Incarnation, de Mme

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verez bon.

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1 Satisfait conduire naître le

,.M. de nt, supéues comles lieux en sem- ‘ent posnpagwnie,

moiselle ction de de Mme

Ÿ face de Montréal.”

de la Peltrie et de tous les colons,

si bien qu'un vénérable vieillard, Pierre Puyseau, qui était venu

| joindre Champlain quelques années

auparavant, demanda:à être l’assoclé des nouveaux colons, et leur abandonna ses meubles,ses bestiaux et ses deux fiefs de St-Michel et de Ste Foye, près de Siller , avec la magnifique maison qu‘ Y possédait.

Au printemps, tout se trouva prêt

pour le départ, et le 8 mai 14642.

‘une petite flotte consistant en

“ deux barques, une pinasse et une “ gabare, partit de St-Michel du “ Puyseau, emportant MM. de “ Montmagny, du Puyseau, de Mai- “ sonneuve, le père Vimont, Mme “ de la Feltrie, Mlle Mance, les ou- ” vriers et les soldats, et neuf jours

après, le 17, la flottille arriva en :

Le lendemain, le père Vimont

Xposé sur l’au-

® C'est de ce 18 Montréal].

furent construites, il Voulurent, pour Ja plu- Part, continuer à vi

mun dar tout appartenait à ch

acun, et où régnait la Véritable fraternité chrétienne,

Le jour de la fête de l’Assomption.

ut un jour de réjouissances Pieuses :

ler, Qui jetait alors les fondements du séminaire de St- | avait fait offri

MANCE C2 rivage, et le osé sur l’aust de ce 18 tréal.

ébarqué sur fut là qu'ils un fort et nt, ils coude l'autel plus tard, rent consar la plu- ‘en com- NSION, où n, et où aité chré-

SOMpPtion:.

Pieuses :

>s fonde- Sulpice, ment à lomaine ouvelle

<Sait un peu plus \oin.

..Vait pas songé qu'à l'automne des inondations Pourraient monter jus-

MADEMOISELLE MANCE 15 avait été recue avec enthousiasme par les colons. Les associés avaient même adopté pour sceau. de la com- Pagnie la figure de Notre-Dame,

et confiÿmé le nom de Ville-Marie,

si heureusement d nné à cette terre’

He | :

Cependant les travaux du fort à

Poursüivaient avec activité ; ils fail- . lirent être bien. tristement inter-

Tompus par le débor ment du fleuve ; en effet les fortifications, pour être plus à l'abri des surprises de l'ennemi, avaient été établies sur .

une langue de terre entre le fléuve et une petite rivière qu?”s’y déver- | Or, on n'a-

que là. C’est ce qui eut lieu: Ja petite rivière déborda; les fossés se remplirent. Dans cette extrémité M. de Maisonneuve ne se découra- 86a Pas : se confiant en la Provi-\.

dence, il plante au bord des flots ; une croix de bois, et fait vœu, si ‘ ‘| | Dieu veut sauver ce ort, où’se - | 4 trouvent, avec les provisions de la | colonie, les seuls moyens de la pré- 4 server des attaques de l'ennemi, de CT | Porter sur ses épaules une croix sem- . sÉr@ à blable jusqu’au sommet de Ja monéh Ÿ5 tagne. Sa confiance fut récom fil pensée : le flot s'arrêta au séuik/d fort, puis s’écoula lentement, et ron: « tra dans son lit. Le 25 décembre, :

M. de Maisonneuve accomplit son vœu : il chargea ses épaules d'une lourde croix, et la porta l’espace d’une lieue le long des flancs escar- .

pés de là montagne, jusqu'au som- ‘ | met Ôôù elle. fut solennellement £ plantée, Un pèlerinage s'établit à partir de ce jour à la croix de la montagne, | Jusqu’alors l'habitation de Montréal avait eu le bonheur de n'être point découverte par les Iroquois,

les flots

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mais elle ne. pouvait rester plus longtemps cächée à ces coureurs de bois sans césse à la poursuite des Hurons ou Algonquins. Malhén-

reusement dix de ces derniers, s@ … :

trouvant serrés de près par un‘

Parti iroqüois, s’enfuirent vers le fort. des Français, pour y chercher abri et protection.

Leurs ennemis n'osèrent les. y Poursuivre ; mais ils* reconnurent la place, et se proposèrent de dresser des embuscades aux environs, aussitôt que l’on serait: remis de

l'alarme qu’ils venaient de donner.

Leur patiente malice ‘eut tout le succès qu'ils en avaient attendu, et au mois de juin, ils surprixent, à

quelques milles au-dessus de Ville-

arie, une flottille huronne charpelleteries qu’elle venait échanger avec les Européens.

Ees Hürons, étonnés de cette

brusque attaque, ne séngèrent pas “NA J }

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éme à.se défendre ; ils se mirent à fuir dans la direction des Fran-

4, Sais, en laissant vingt-trois de leurs

compagnons entre les mains de leurs ennemis. Les Iroquois s’acharnérent à leur poursuite, et poussèrent jusqu'aux portes des fortifications,où 1ls tuèrent trois Français, et en emmenèrent deux autres prisonniers. L'un s'échappa plus tard, et à son retour, fit comprendre par ses récits tout ce qu'on avait à craindre de la perfidie de ces SaUvages. | À partir de ce jour, la colonie ne fut plus sans appréhensions, et il faut avouer qu'elles étaient bien fondées. Mais l'imminence du danger ne faisait qu'accroitre la ferveur,; Melle Mance surtout se montrait calme et confiante et s'efforçait de rassurer tout le monde par sa sérénité. De bonnes nouvelles dailleurs lui arrivèrent par M. de Mont-

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se mirent des Fran- Is de leurs ns de leurs s’achar- ; et pousles fortifi- Français, utres priplus tard, ndre par

avait à ces sau-

olonie ne ns, et il ent bien > du dan- > la fert se mon- ’efforçait e par sa les d’ail-

le Mont-

magny, qui vint, sur ces entrefaites, visiter la colonie, et la rassurer dans son isolement et ses dangers,

“ Les associés de France ne les “avaient pas oubliés: sur les vais- “ seaux arrivaient des secours pour * Montréal, conduits par un gentil- “ homme’ champenois, M. Louis “ d’Aïlleboust de Coulonge, qui “était accompagné de sa femme “ et de sa belle-sœur. La bienfai- “trice inconnue n'avait pas non “ plus oublié sa protégée, et per- “ sistait à fonder immédiatement un “hôpital à Ville-Marie.”

Le jour de l’Assomption 1643, en effet, M. d’Ailleboust, très honnête et “ très vertueux gentilhomme associé à la compagnie de Montréal,” débarqua à Québec avec“ sa femme et sa belle-sœur, de pareil courage et vertu, (1}” avec quelques ou-

(1) Père Vimont. Rel. de 1643.

gens

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vriers et le courageux Jean de Sainf- Père. (C'était un précieux secours pour la colonie, qui allait en avoir besoin contre les terribles Iroquois, car, en y comprenant Québec, elle ne comptait encore que 200 Européens.

Cependant l'hôpital allait se construire; Mme de Bullion avait fait passer à sa protégée 42000 livres, dont 6000 devaient être consacrées à la construction des bâtiments; et les 36000 autres servir à constitter une rente de 2000 livres, qui &érait la dotation de l'hôpital. Elle joignait deux autres mille livres pour être employées par Melle Mance comme elle le jugerait bon. Mais elle exigea des sociétaires, par un acte du 2 janv. 1644, que cette donation ne fût pas détournée de son objet “ la fondation d’un hôpital, “au nom et en l'honneur de St “ Joseph, pour nourrir, traiter et

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1 de Sainf- 1x secours en avoir s Iroquois, 1ébec, elle 200 Euro-

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onstittter qui. éérait Elle joivres pour le Mance on. Mais >;s, par un ue cette urnée de n hôpital, ar de St raiter et

“ médicamenter les pauvres ma- “ lades du pays et lés faire ins-

“truire des choses nécessaires à mi

“ leur salut.” :

M. de Maisonneuve choisit un terrain à l'abri des Inondations, sur la

colline qui a servi si longtemps

d'emplacement à l'hôpital. Les ouvriers travaillèrent avec ardeur, et construisirent un bâtiment de 60 pieds de long sur-24 de large. “Il “ 8e composait d’une cuisine, d’une “ chambre pour Melle Mance, d’une

. “autre pour les servantes et de

‘“ deux pièces pour les malades. On “ y adjoignit un petit oratoire de

“ pierre, de neuf à dix pieds carrés, ” “assez bien orné et voûté, pour 4

“ mettre à couvert de la pluie. le ‘ saint Sacrement, qui commeñça “à y reposer dès que l'hôpital eût “ été achevé, sans cesser d'être tou- “Jours dans la chapelle du fort.” La piété des colons et de leur

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digne gouverneur, et l'affection qu'ils témoignaient aux pauvres sauvages commençaient à rapporter des fruits; ils se présentaient nombreux au baptême, car soixantedix à quatre-vingts personnes avaient reçu le baptême en 1643:

le chef de l'ile lui-même, que les Français appelaient le Borgne, se convertit et reçut au baptême le nom de Paul.

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