‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 10 sur 103 · APRÈS LE BÂL DE LA VILLA · texte numérisé non relu

APRÈS LE BÂL DE LA VILLA

SONGE D*nKE NOIT V*AnTOMNE

Le parc ferme ses grilles, Danseurs et jeunes filles Ont brisé les quadrilles ; Les lustres sont éteints; La foule se retire.

Nous entendons bruire Ses longs éclats de rire Sous les arbres lointains.

Tout dort depuis la veille ; Nul voisin ne s'éveille ; Bientôt à mon oreille Résonne un bruit charmant :

C'est ta porte embaumée Ouvrant Talcôve aimée.

Et qui s*esl refermée Sous le doigt d'un amant.

Oh ! viens que je t'admire !

Quitte ton cachemire, Ta robe de Palmyre ; Montre, sans refuser, Ta bouche demi-close.

Coussin de velours rose.

Où murmure et se pose L'extase et le baiser ;

Et ce qui fait ma gloire, Ta chevelure noire.

Tes épaules d'ivoire, Festin de volupté ; Et, sans guimpe et dentelle, Ces formes d'immortelle Qu'inventa Praxitèle Sur son marbre enchanté !

Nos Vénus des Musées , Par les siècles usées, Seraient toutes brisées Auprès de ton miroir.

Si sa glace fidèle Conservait le modèle

Que je place auprès d'elle.

Pour doublement le voir !

Oh ! que de mains pressées, D'amoureuses pensées, De flammes insensées, Tu laisses après toi !

 ce monde en délire Qui briguait ton sourire Maintenant je puis dire :

Cette femme est à moi !

Pour cette nuit donnée.

Cette heure fortunée, Sitôt morte que née AvecTaubedu jour.

Quel trésor de largesse, Quel fleuve de richesse Exiges-tu, maîtresse?... — Cette chanson d'amour !

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