‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 9 sur 103 · SONGE D UNE NUIT D AUTOMNE · texte numérisé non relu

SONGE D UNE NUIT D AUTOMNE

Partons pour la YÎlla voisine,

Les grands pins nous y eonduiront ;

Leur parfum d'ambre el de résine

Charmera les fleurs de ton front.

Elle est tiède, cette soirée,

Et comme en juin tu t'es parée ;

Sur ton corsage de satin,

Trop échancré par ta Palmyre,

Jette pourtant un cachemire :

11 fait froid quand vient le matin.

Mon Dieu ! comme te voilà belle !

Voyons s'il ne te manque rien...

Gomme la rivière étincelle !

Que celte robe te va bien !

De quel goût elle est agrafée!

Comme Beppo t'a bien coiffée!

Vraimenl j*ai du bonheur à voir Tomber des cheveux aux oreilles Ces belles grappes de groseilles:

Le rouge est charmant sur le noir.

A ton front quelle pure ligne Sous tes cheveux forme un croissant 1 Gomme il est beau ton cou de cygne Qui toujours ondule en dansant !

Jeunes danseurs et jeunes filles T*admireront dans les quadrilles Comme une reine dans sa cour ; Sur tes épaules toutes nues Combien de lèvres inconnues De loin frissonneront d'amour !

Un instant pour moi reste encore :

Quand je suis seul tu m'appartiens;

Le bal ne finit qu'à l'aurore.

Laisse-moi ta main que je tiens.

Bientôt que de mains empressées,

Par ton corsage caressées.

Dans les polkas t'enlèveront !

Ëh bien ! je jure de me taire

En voyant ta danse adultère,

La glace aux pieds, la flamme au front.

Laisse-moi voir comme en un rêve

Qui me conseille un doux larcin

Cet astre double qui se lève

Sur rhorizon pur de ton sein !

Tes bracelets, couple timide,

A tes bras d*agate fluide

N'osent pas servir d'ornements ;

Et sous cette robe divine

Tout ton corps, qu'un regard devine,

Fait l'aumône à tes diamants !

Dans ce songe tu me rappelles La déesse qu'on cherche en vain.

Inconnue au ciseau d'Apelles Et fille d'un sculpteur divin :

Cette Vénus qui dans Gapoue Offrit le duvet de sa joue Aux lèvres du jeune Annibal, Cette Vénus, chef-d'œuvre unique, Qui change en robe ^ tunique, Cette nuit, pour danser au bal.

Je vais mourir de jalousie.

Et je meurs rien que d'y penser !

mon Dieu ! quelle fantaisie

Pousse les femmes à danser?

Eh bien! nous tous tant que nous sommes,

Graves maris ou jeunes hommes,

D'honneur, nous ne comprenons pas

Le sot plaisir qu'on trouve à faire.

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J'aarùs des roMids trop oûsmMs!

Ta ! Je Twn ce que tv désires; Si>is coquette, cf par des sonrires Kêpi»iHk à mille conrtîsaBS !...

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