SONGE D UNE NUIT D AUTOMNE
Partons pour la YÎlla voisine,
Les grands pins nous y eonduiront ;
Leur parfum d'ambre el de résine
Charmera les fleurs de ton front.
Elle est tiède, cette soirée,
Et comme en juin tu t'es parée ;
Sur ton corsage de satin,
Trop échancré par ta Palmyre,
Jette pourtant un cachemire :
11 fait froid quand vient le matin.
Mon Dieu ! comme te voilà belle !
Voyons s'il ne te manque rien...
Gomme la rivière étincelle !
Que celte robe te va bien !
De quel goût elle est agrafée!
Comme Beppo t'a bien coiffée!
Vraimenl j*ai du bonheur à voir Tomber des cheveux aux oreilles Ces belles grappes de groseilles:
Le rouge est charmant sur le noir.
A ton front quelle pure ligne Sous tes cheveux forme un croissant 1 Gomme il est beau ton cou de cygne Qui toujours ondule en dansant !
Jeunes danseurs et jeunes filles T*admireront dans les quadrilles Comme une reine dans sa cour ; Sur tes épaules toutes nues Combien de lèvres inconnues De loin frissonneront d'amour !
Un instant pour moi reste encore :
Quand je suis seul tu m'appartiens;
Le bal ne finit qu'à l'aurore.
Laisse-moi ta main que je tiens.
Bientôt que de mains empressées,
Par ton corsage caressées.
Dans les polkas t'enlèveront !
Ëh bien ! je jure de me taire
En voyant ta danse adultère,
La glace aux pieds, la flamme au front.
Laisse-moi voir comme en un rêve
Qui me conseille un doux larcin
Cet astre double qui se lève
Sur rhorizon pur de ton sein !
Tes bracelets, couple timide,
A tes bras d*agate fluide
N'osent pas servir d'ornements ;
Et sous cette robe divine
Tout ton corps, qu'un regard devine,
Fait l'aumône à tes diamants !
Dans ce songe tu me rappelles La déesse qu'on cherche en vain.
Inconnue au ciseau d'Apelles Et fille d'un sculpteur divin :
Cette Vénus qui dans Gapoue Offrit le duvet de sa joue Aux lèvres du jeune Annibal, Cette Vénus, chef-d'œuvre unique, Qui change en robe ^ tunique, Cette nuit, pour danser au bal.
Je vais mourir de jalousie.
Et je meurs rien que d'y penser !
mon Dieu ! quelle fantaisie
Pousse les femmes à danser?
Eh bien! nous tous tant que nous sommes,
Graves maris ou jeunes hommes,
D'honneur, nous ne comprenons pas
Le sot plaisir qu'on trouve à faire.
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Ccst Tastre adoré éi flBiJi 3k« IkM : si far bob M p tu^ act
J'aarùs des roMids trop oûsmMs!
Ta ! Je Twn ce que tv désires; Si>is coquette, cf par des sonrires Kêpi»iHk à mille conrtîsaBS !...