‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 100 sur 103 · QUI PARTAIT POUR NAPLES · texte numérisé non relu

QUI PARTAIT POUR NAPLES

L'hiver est un été quand le flot de Sorrenle Se déroule à vos pieds sur la rive odorante, Quand, les yeux attachés aux nuages du soir, Dans le mois de décembre on peut venir s'asseoir Vers Miséne, devant la riante colline Où le volcan noircit les galères de Pline, ' Un jour où Naples vit un spectacle bien neuf, Sous le divin Titus, Tan soixante-dix-neuf. Depuis ce mauvais jour, en s'ornant d'un cratère, Le Vésuve enfantin changea de caractère :

Sur le calme rivage et le coteau voisin, Où sur des grappes d'or s'arrondit le raisin, Il suspend nuit et jour sa colère ennemie ; Parfois, après un siècle, on la croit endormie,

On se dit : Le Vésuve est mort ; ses feux ardents Sont éteints; vieux lion sans griffes et sans dents. Nous ne le craignons plus... Et ce mort de la veille Le lendemain s*émeut, soupire, se réveille, Lance à Tazur des deux tout son feu prisonnier, Agite les maisons de la cave au grenier, Et de sa grande voix, que Pline jeune vante, Dans les hôtels garnis il jette l'épouvante ! Jouissez de Thiver sur ce sol étranger, Madame, c*est pour vous que le tiède oranger Va fleurir dans le mois où le tison s'allume, Où le nord est transi par la neige ou le rhume ; C'est pour vous que l'aurore, au ciel napolitain. Promettra de beaux jours suivis d'un doux matin. Goûtez donc ces, splendeurs, et que dans tous vos rêves La voix de Naples chante à minuit sur ses grèves ; Mais revenez bientôt vers le pays toscan, Car Florence est meilleure et n'a pas de volcan.

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