LA CHANSON DE RAPHAËL
Rafaello disait à sa maîtresse :
Stella, je veux, Je veux demain obtenir une tresse
De tes cheveux :
Celle qui flotte à ton cou de madone
Blanc et poli , Celle qu*au vent ton caprice abandonne
A Tivoli ;
Celle qui joue à travers tes dentelles
Dans la saison Où tu vas voir bondir les cascatelles
Sur le gazon,
Lorsque tu viens parmi les jeunes (illes,
Fleur de gaîté, Avec ton soufOe embaumer les quadrilles
Des bals d'été ;
Celle que j'aime e( qui vers moi s'incline
Quand nous parlons Tout bas le soir, au pied de la colline,
Dans les vallons ; Celle qui flotte entre tes mains unies.
Quand, roeil fermé, Tu vas le soir chanter aux litanies :
Orapro me.
J'attends de toi ce doux présent ; j'espère
L'avoir demain; Je le ferai bénir par le saint-père.
Mon Dieu romain.
Et j'en serai bien plus fier, ô ma belle !
Venant de toi, Que Léon X n'est fier de sa chapelle
Peinte par moi.