NAISSANCE D'EVE
Délicieux moment, où Tâme peut connaître
Le charme de la vie et le bonheur de naître !
A mon premier réveil, i*aime, je sens, je vois,
Je pense, et ma pensée arrive avec ma voix.
Je connaissais déjà tout ce qui m'environne,
L'astre qui me sourit, l'azur qui me couronne,
L'eau qui baigne mes pieds. Sans doute, en mécréant,
Dieu m'a tout révélé dans la nuit du néant.
Cette eau vive qui ruisselle, Miroir d'ange si fidèle.
Où la femme se voit belle.
Fait le charme de mes yeux :
Sous cet arbre qui m'enchante J'aime encore l'air que chante L'oiseau libre, voix touchante Que la terre donne aux cieux ; Mais vous, filles de l'aurore, Fleurs que l'aube fait éclore, Quand sa flamme vous colore, Je vous aime cent fois mieux.
Fleurs qu'un ange m'a données.
Sœurs divines, sœurs aînées, Sur ces rives fortunées Rien n'égale vos couleurs ; Fraîches roses, rien n'égale Votre grâce virginale.
Quand la brise matinale Vous émaille de ses pleurs.
C'est un ange qui m'apprête Tant d'extases pour ma fête, Tant d'étoiles sur ma tête, Sur ma couche tant de fleurs !
GU(EOR DBS FLEURS
Dieu nous créa d'un sourire, Tout jardin est notre empire ; L'air que ta bouche respire, C'est nous qui le parfumons :
Nous sommes les fleurs aimées Par l'aurore ranimées Sous les brises embaumées Que Dieu souffle sur les monts.
Le soleil nous donne une âme, Nous colore de sa flamme, Pour nous unir à la femme.
Notre sœur par la beauté :
Chacune de nous, prés d'elle, Voudrait, compagne fidèle, Avoir à sa tige une aile Pour voler à son côté !