‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 31 sur 103 · A OVIDE · texte numérisé non relu

A OVIDE

Oui, tu fus malheureux eiilretous les poètes! Oui, la foudre en passant sur les plus hautes têtes. Les prenant pour un mont, les frappe trop souvent, Et, comme tu l'as dit, celui que, de son aire, L'aigle du roi des dieux louche avec le tonnerre, S'étonne de se voir vivant.

Et tu vécus ! A vivre, un instinct nous excite Après les plus grands maux; et tu vins chez le Scythe Pour subir la rigueur d'un ciel plat et glacé, Toi, né dans les rayons de la zone romaine.

Arbre de poésie, exilé du domaine Où le bonheur favait placé.

Je comprends les douleurs qui déchiraient ton âme Quand tu pensais de loin aux horizons de flamme, Ce cercle lumineux de ton pays natal ; Au village où riait ta jeunesse première, Au dôme étincelant d'azur et de lumière De ton beau ciel oriental !

Oui, ton exil fut dur! tu ne méritais guère Cette mort réservée aux coupables vulgaires, prince de l'esprit, des amours et des vers î Et pourtant le génie, inextinguible flamme, Ce baume de l'exil et ce soleil de Fâme, En printemps changea tes hivers !

poète! il est donc une force inconnue Qui fait jaillir des fleurs sur une lande nue, Qui des climats glacés réchauffe Thorizon, Fait sourire le cœur quand la paupière pleure, Et donne des sons doux et des ailes à Theure « Si lente dans une prison?

Les vers ont adouci ton agonie amère !

Tout poëte, ici-bas, souffre depuis Homère, Mais tout poëte garde un baume précieux Qu'aux vulgaires malheurs le vieux Destin refuse, Baume qu'a préparé la secourable muse Ou dans TOlympe ou dans les cieux.

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