A LA STATUETTE DE MARIE TAGLIONI
DANS L'aTELIBR DE M. BARRE
Avril 4837
De Tatelier qui te dérobe A Tavide regard mondain, Sors avec ta flottante robe, Nymphe du céleste jardin.
Paris te promet son hommage, pure et gracieuse image Qui palpitas sous le ciseau !
Qued*OTations te sont dues!
Viens à nous les mains étendues, Comme les ailes de l'oiseau.
Le sculpteur qui le fît si belle T'a fermé l'atelier natal ;
Échappe- toi, nymphe rebelle, Et laisse-lui le piédestal.
Sur DOS places favorisées, Nous t^attendons dans les musées, Où sont les merveilles des arts :
Image brillante de vie, La grande cité te convie Au panthéon de ses bazars !
Ouvre tes ailes prisonnières Aux accords des maîtres des chants ; Voici les brises printaniéres.
Vole avec elles, fleur des champs !
Sylphide, péri, lutin, ange.
Fille du Danube ou du Gange, Tous les chemins te sont ouverts :
Le monde est un orchestre immense.
Qui, pour toi, toujours recommence, Et ton théâtre est l'univers !
Prés des lacs, aux blondes bergères, Rossini, dessinant tes pas.
T'inonda de notes légères, Toi, que l'oiseau ne suivrait pas.
Meyer-Beer, sévère génie.
Pour toi fit jaillir l'harmonie Du marbre glacé des tombeaux ; Adam t'ouvrit un nouveau monde,
Un palais de cristal sous l'onde.
Sylphide de Tair et des eaux.
Auber, Tharmonieux poète, Te guide, Torchestre à la main.
Pour le voir, l'Asie est en fête.
Ses fleurs embaument ton chemin.
Le ciel de l'Inde t'illumine; Déjà le bonze et le bramine Suivent ton gracieux élan.
Secoue au regard qui t'admire Les écharpes de Cachemire Et les perles de Geylan.
On plaçait, aux siècles antiques.
Sur les autels du corridor, Les dieux pénates domestiques Faits de marbre, d'argile ou d'or ; En les chassant de son enceinte, Rome prit la madone sainte.
Que toute famille adora ; Aujourd'hui, l'artiste nous donne Le dieu pénate ou la madone Nés dans le ciel de l'Opéra.
La nuit, gracieuse merveille,
Quand au soir passé nous rêvons,
Auprès de la lampe qui veille, Sous Tautel que nous t*élevons, Il semblera que Ion argile Va briser la vitre fragile Avec des ailes de vermeil.
Et que Talcôve aux doux mensonges Va t'accueillir parmi les songes Qui nous consolent du sommeil !