‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 40 sur 103 · SEUL AU BORD DE LA MER · texte numérisé non relu

SEUL AU BORD DE LA MER

Bien loin du monde, Je viens m^asseoir, Devant cette onde Calme ce soir :

Sur cette grève Pleine d'amour, Où, comme un rêve, Passe le jour.

Où tout m* inspire, Où je respire L'air embaumé.

L'œil sur ce livre,

Que Dieu me livre, Je voudrais vivre Gomme inhumé Dans ma paresse, Aimant sans cesse, Jamais aimé.

A L'EMBOUCHURE DE L'HUVEAUNE

Huveaune ! rivière modeste, Tu séduis mon cœur enchanté, Pure comme Tazur céleste.

Calme comme un beau soir d'été ; Sous ton berceau d'arbres tranquilles Tu laisses le tumulte aux villes Pleines d*orageuses clameurs.

Je t'aime, rivière charmante, Aucun remords ne te tourmente, Et, conuue tu vivais, tu meurs!

THÉBAÎDE

Par des vagues ennuis quand notre âme est blessée, Il nous vient quelquefois une noble pensée D'abandonner la ville et ceux que nous aimons, Et d aller vivre seul au désert, dans les monts. Dans quelque Thébaïde ignorée et lointaine, Gomme Paul, dans la grotte où coule la fontaine. Où le lierre tapisse un sombre corridor.

Où le palmier s'incline avec ses grappes d'or ! Puis, cet isolement, hélas ! nous épouvante.

Vous, femme, oseriez-vous vous inhumer vivante Au désert? dire au monde un éternel adieu Et vivre anachorète, en épouse de Dieu?

Mais être deux et vivre ainsi bien loin de Rome, Comme Aglaé la sainte et le grand saint Jérôme,

Et prolonger le soir, comme à Tâge chrétien,

Sous le dôme d'un arbre, un sublime entretien;

Abandonner le corps et ne songer qu'à l'àme.

Monter ensemble au ciel sur des ailes de flamme,

Ajouter une note à cet hymne sans fln

Que tout r univers mêle aux chants du séraphin.

Oh ! ce serait la vie ainsi que l'ont rêvée

Ceux qui sortaient du doute avec leur foi sauvée,

Répiidiaient le monde, et, détournant les yeux,

Commençaient sur la terre à vivre dans les cieux I

Si ce noble désir de vivre en cénobite Vous fait quitter, un jour, l'air que la foule habite, Nos toits peuplés d'ennuis, ces bosquets odorants, Ces flots bleus de la mer à vos pieds murmurants, Cet horizon, ce ciel, ces collines heureuses, Ces jardins caressés de brises amoureuses, Sainte Aglaé, Jérôme aura son successeur, Vous trouverez toujours un frère, noble sœur !

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