LE RUISSEAU DES AYGALADES
Souvent, pour amuser les reines, Nous avons vu des courtisans Lancer aux lions des arènes De grands tigres aux yeux luisants.
Ce sont des jeux où le sang coule, Et les reines, dans leur loisir.
Viennent se mêler à la foule Pour savourer ce doux plaisir.
A cette heure, Dieu, qui vous aime, Vous donne un spectacle plus doux Sur ces gazons que sa main sème Au mois de juin exprès pour vous.
Aussi de quelle âme contente Vous contemplez ce doux tableau !
Ce n'est qu'un brin d'herbe flottante Qui lutte avec la goutte d'eau.
IMITE D'APULIUS
Je suis rentré bien triste en vous quittant, madame ! Après un jour bien doux vient le moment amer : J'avais au fond du cœur un écho de votre âme, Le son de votre voix, des pins et de la mer I
Je déposai les fleurs qui couronnaient ma tête, De la morne cité quand j'abordai le seuil ; Et, quand j'eus dépouillé ma couronne de fête. Il ne me resta plus que mon crêpe de deuil.