‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 50 sur 103 · IN JOUR D'AVRIL · texte numérisé non relu

IN JOUR D'AVRIL

II est un jour chai^mant, le plus beau de Tannée, C'est lorsqu*aprés l'hiver la nsiture fanée Ressuscite au soleil et reprend ces couleurs Qu'une aurore d'avril lui rend avec ses fleurs. Tout est gai ce jour-là, tout revit, tout respire ; L'oiseau chante, le ciel donne un premier sourire, La terre le lui rend ; des murmures soudains. Suspendus par Thiver, ravissent les jardins ; La rivière, longtemps par la glace couverte, Embrasse enfin ses ponts, toute joyeuse et verte; La femme, dépouillant les fourrures du Nord, S'épanouit à Pair, parmi les fleurs, et sort Dans ce premier soleil qui rayonne sur elle.

En parure d'avril, jouant avec l'ombrelle.

Riant aux inconnus et donnant de Tespoir  ces passants qu'elle est heureuse de revoir.

CllANSOiN DE RHODES

Sais-tu bien que tu t'exposes Aux surprises de Témir, Forban de Tile des roses, Qui, sous tes portes mal closes, Choisis la nuit pour dormir?

C'est rheure où tes camarades Répondent à ton appel ; Plus lestes que les dorades, Ils enlèvent dans leurs rades Les marchands de rArchipel.

Tu sais que la blonde aurore Trahit ce que nous faisons ;

Tu sais que le soleil dore Une voile grecque ou more Suspecte aux deux horizons ?

La sombre nuit favorise Les voiliers et les rameurs ; La nuit, toute chose est grise, Et nous savourons la brise Qui nous donne ses primeurs.

Dans de lascives entraves Ton corps s'est-il engourdi ?

Laisse dormir les 'esclaves; Le jour est la nuit des braves, Et ton minuit est midi.

CHANT DE LALMÉE

PAIITOUM IKDIER

Dans Tazur, région sereine.

Les colombes au vol joyeux, Gomme un collier blanc qui s'égrène; Passent.... et je les suis des yeux.

Mon cœur gémit; d'où me vient-elle^ Une tristesse si mortelle?

Où vont ces colombes légères Que l'oiseau de la nuit attend?

Où vont ces blanches messagères?...

Au palais du jour éclatant.

Durera-t-il longtemps encore, Le sombre ennui qui me dévore?

Ah I je vois frémir une d'elles !

Son sang a coulé, pauvre sœur !

Quittant ses compagnes fidèles.

Elle tombe aux pieds du chasseur!

Sombre tourment de ma pensée, Gomme elle aussi je suis blessée...

Hélas 1 innocente colombe Tombée au doux jardin des fleurs, Tu meurs sans avoir une tombe.

L'œil qui te voit n'a pas de pleurs I

Et, comme toi, tout m'abandonne ! .

Mais je suis femme, et je pardonne!

L ÉMIR DE BENGADOR

Si lu savais que je t'adore, *

Gomme Tétoile aime le ciel.

Gomme Tabeille du Mysore Aime la fleur où naît le miel.

Tu viendrais, à Theure où le Gange Au golfe bleu va s'endormir^ Tu viendrais l'asseoir, ô mon ange.

Sous les rosiers de Ion émir !

Là, ma douce reine, Sous la nuit sereine, Âpres un beau jour.

Les fleurs ranimées.

Les rives aimées, Les nuits embaumées, Tout parle d*amour.

Si tu venais, ô nonpareîlle, Gomme tu faisais autrefois.

Pour dérouler à mon oreille Toutes les perles de ta voix.

Je te donnerais, ô mon ange, Mon beau palais de Bengador, Qui met son jardin sur le Gange Et sur la mer ses balcons d'or î

Là, ma douce reine, Sous la nuit sereine.

Après un beau jour.

Les fleurs ranimées.

Les rives aimées, Les nuits embaumées, Tout parle d'amour.

Si tu sayais quelle merveille Change d*un signe de ma main La pauvre fille de la veille En sultane du lendemain.

Tu croirais demain, ô mon ange.

Que le dieu bleu du firmament Est descendu sur notre Gange Avec le nom de ton amant î

Là, ma douce reine.

Sous la Duit sereine.

Après un beau jour.

Les fleurs ranimées, Les rives aimées.

Les nuits embaumées, Tout parle d'amour.

vierge ! tu marches l'égale

Des hourîs du séjour divin ;

Pour te détrôner, le Bengale

Dans ses fleurs chercherait en vain !

Viens ! oh ! viens à Thêure où le Gange

Au golfe bleu va s'endormir;

Viens replier tes ailes d'ange

Sous les rosiers de ton émir !

Là, ma douce reine, Sous la nuit sereine, Après un beau jour.

Les fleurs ranimées, Les rives aimées, Les nuits embaumées.

Tout parle d'amour.

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