MELODIES. 1D
El l'œuvre s'accomplit I et tout généreux cœur Palpite en écoutant le poète vainqueur ! »
Je regardais la mer, trait d'union qui lie Deux magniOques sœurs, l'Espagne et l'Italie; J'écoutais pour savoir si du septentrion Quelque bruit me venait sur l'aile d'Orion, Quelque lointain écho de ce cirque superbe.
Où ta faucille d'or, poète, a faucbé l'herbe. Non, jamais vers le Tage et la Guadalété, Sous les acacias, dans les nuits de l'été.
Des murmures plus doux n'ont coulé de la nue ; Novembre se parait d'une robe inconnue ; Le ciel avait écrit sur son divin feuillet Toutes les lignes d'or des splendeurs de juillet , Et rhymne de minuit, que l'été seul entonne.
Monta pour réjouir le firmament d'automne.
De l'histoire du siècle aujourd'hui qu'un lambeau M'apporte le récit d'un triomphe si beau ; J'aime à me rappeler la nuit mélodieuse, Le palmier, l'oranger, l'étoile radieuse, Tous ces divins auteurs dont l'organe puissant Conta l'œuvre sublime au voyageur absent.
Ces hymnes de la mer, ces saintes mélodies, Ces voix des horizons par le ciel applaudies, Ces nocturnes parfums d'un automne riant, Reçois-les, fils du Nord, poète d'Orient, Comme un dernier bravo qu'à la fin de l'année Jette au drame espagnol la Méditerranée.
ADIEUX A MADEMOISELLE TAGLIONl
Vous avez vu souvent cette image citée, Fresque d'flerculanum, ville ressuscitée ; Légère vision aux contours éclatants, Qui, sur un fond d'azur, se glisse dans Tespace, Fantôme élyséen qui nous séduit et passe Comme un doux songe de printemps ;
Sur un vase d*albâtre et de sainte origine.
Sorti de Tatelier d*un artiste d*Ëgine, Vous avez vu, parmi les peupliers tremblants, La nymphe qui se livre à la danse ionique, Et laisse dérouler les plis de sa tunique Sur la pointe de ses pieds blancs;
Dans vos rêves passés, océan du jeune âge, Entre vos souvenirs une femme surnage; Elle charma Tennui des classiques leçons ; C'est Camille qui court dans les vers de Virgile, Et qui, vers TÉridan, jamais d*un pas agile Ne courba Tépi des moissons.
N'avez-vous pas aussi rêvé de quelque fée »
Qui, d'un palais de marbre habite la nymphée Remplit de ses parfums l'éclatant corridor.
Folâtre dans la conque où pleuvent les eaux vives, Et, le festin venu, donne aux heureux convives Sa corbeille d'oranges d'or ?
Dans un loisir d'été, sous l'arbre des fontaines, Avez -vous entrevu, vers les îles lointaines, La Péri d'Orient, sur son lit de corail.
Qui danse de ce phs que tout le Gange admire, Et fait mourir d'amour le roi de Cachemire Dans le kiosque du sérail ?
L'air glacé de aos jours ne l'a point étouffée, La Péri d'Orient ou la divine fée ; Herculanum la livre encore à nos pinceaux, La nymphe qui volait sur les fleurs des corbeilles, Plus vive dans ses jeux que ses sœurs les abeilles, Plus légère que les oiseaux.
Nous l'avons applaudie ; elle était revenue Du trùne aérien que lui garde la nue;
Les yeui s'étaienl fermés de peine eu la cherchant ; Les bravos dominaient rorchestre et sa cadence ; Et puis on se taisait pour écouter sa danse Harmonieuse comme un chant.
Elle était, cette fois, la sylphide rêvée Que, sous le ciel d'Ecosse, un poëte a trouvée : Divinité qui suit les pâtres au sillon, Aime les laboureurs, visite les chaumières, Et, pendant la veillée, agite les lumières Avec son vol de papillon.
Regardez-la courir ! rien de mortel en elle : On craint de la blesser lorsqu'on touche à son aile : Quand elle prend son vol, les regards soucieux Semblent la retenir au sol qu'elle abandonne, Gomme si le lutin que l'Ecosse nous donne Quittait la terre pour les cieux.
Jetez à pleines mains des fleurs pour sa couronne, Qu'un immense bouquet en tombant l'environne. Que de tant de parfums le concert lui soit doux; Que la Péri, la fée, ou la nymphe, ou Camille, Parmi toutes ces fleurs se trouvant en famille, Se décide à vivre avec nous !
A FKLICIEN DAVID
Pour peindre les loin laines côles Où le soleil a son berceau, Ta palette est pleine de notes, Et ton archet est un pinceau.
Tu chantes les choses chéries,
L'Eden avec toutes ses fleurs, L*amour avec ses rêveries, \jSl nature avec ses couleurs.
I/impossible même est facile.
S'il se trouve sur ton chemin ; Kt, comme un instrument docile.
Tu tiens Torchestre dans (a main.