‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 84 sur 103 · A ROSSINI J · texte numérisé non relu

A ROSSINI J

Que de fois on a dit : ce Expliquons ce mystère : Pourquoi s'obstine-t-il dans Bologne à se taire , Le poêle divin qui descendit un jour De son palais d'azur élevé sur les nues, Pour nous chanter ici les choses inconnues De rharmonie et de Tamour? »

Eh ! pour rhomme oublieux aux ingrates oreilles, N'a-t-il pas assez fait de sublimes merveilles ? Laissez-le s*endormir dans son noble sommeil. NVt-il pas fait jaillir à flots des mélodies, Que les hommes d*élite ont trente ans applaudies, Sous le lustre et sous le soleil?

Chantez, chantez toujours les airs qu'on divinise, Othello, sombre amant de la blonde Venise; MosÉ, frère divin de son Guillaume Tell; Sémirahis, écho de la ville superbe, Qui, dans les vieux débris ensevelis sous Therbe, Légua son parfum immortel.

Chantez aux saints accords des harpes de Solîme Les airs religieux de son Stàbat sublime !

Lui qui, sur le théâtre, a semé tant de fleurs, A chanté les amours des femmes et des vierges, Vient pleurer cette fois, à la lueur des cierges, Sur la mère des sept douleurs î

Chantez encor les airs de sublime folie Où Rossini sema les fleurs de Tltalie, Et les charmants éclats de son rire joyeux !

Et que dans cet ennui qui toujours nous dévore, Après mille ans et plus, les fils chantent encore Les airs que chantaient les aïeux.

Quand le chant a fini que le chant recommence. Que pour lui Tunivers devienne un chœur immense. Songeons que dans les cieux un doigt de séraphin Épuisa, pour ces airs, les plumes de son aile; Et les anima tous de jeunesse éternelle.

Comme il fit pour l'hymne sans fin !

Page 1