‹ Mélodies poétiques (volume 2)Chapitre 92 sur 103 · A MÉLINGUE · texte numérisé non relu

A MÉLINGUE

APRÈS BBHVBNDTO CELLINI

Oui, voilà bien Tartiste, avec sa vie amére, Soit qu'il chante des vers, comme le vieil Homère, Soit qu'il jette sa fresque aux murs du Vatican, Qu'il bâtisse un palais ionique ou toscan.

Ou qu'il donne à des blocs les formes immortelles Transmises par l'Olympe aux mains de Praxitéles : C'est toujours un travail acharné de lutteur, Toujours la bête fauve et le gladiateur.

Toujours au pic d'un mont le hardi Prométhée Livrant à son vautour sa chair ensanglantée.

L'artiste n'a point d'autre existence ici-bas : Il souffre, et ses travaux ne sont que des combats. Oui, tu Tas bien comprise, aux feux de l'insomnie, Cette lutte de mort que soutient le génie.

Cette vallée aux pleurs que le doigt du destin Ouvrit devant le pied du géant florentin, Et qu'il a parcourue, avec Tombre du Dante.

En jetant aux tisons de sa fournaise ardente Son airain. et son âme, afin que le métal Coulât sous la statue, et fit le piédestal.

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