OLYMPIA
Oui, comme loi, je crois entrevoir â cette heure, Dans un songe lointain, ma vie antérieure; J'ai comme un souvenir vague, mais émouvant, De rameaux de palmiers agités par le vent, , De colosses tailles d'un bloc dans la carrière, De temples défendus par de grands sphinx de pierre. Et dans ce beau pays, mystérieux berceau.
Ville sans fin, ayant un fleuve pour ruisseau, Je ne vois que toi seul, je crois entendre encore L'hymne que lu disais au lever de l'aurore, Lorsque des travailleurs le chœur mélodieux Se rendait au chantier en invoquant les dieux. Peut-être sommes-tious, comme disent les sages. Ces deux rayons vivants qui traversent les âges. Et, quand un siècle meurt, rallument son flambeau En promettant à l'homme un avenir plus beau.
Oui, notre faible trame, La mort la brise en vain ; Car qui peut briser Tâme?
C'est un rayon divin !
D'un autre ciel bannie, Après l'œuvre finie.
Âpres le but atteint, Notre âme rajeunie Porta dans l'ionie L'amour et le génie, Flambeaux que rien n'éteint !