APRES LE BAL DE LA VILLA
SONGE d'uKE IfOIT D*AUTOM!(E
Le parc ferme ses grilles, Danseurs et jeunes filles Ont brisé les quadrilles ; Les lustres sont éteints; La foule se retire.
Nous entendons bruire Ses longs éclats de rire Sous les arbres lointains.
Tout dort depuis la veille ; Nul voisin ne s'éveille ; Bientôt à mon oreille Résonne un bruit charmant
C*est ta porte embaumée Ouvrant Talcôve aimée, Et qui s*est refermée Sous le doigt d*un amant.
Oh ! viens que je t'admire !
Quitte ton cachemire, Ta robe de Palmyre ; Montre, sans refuser, Ta bouche demi-close, . Coussin de velours rose.
Où murmure et se pose L'extase et le baiser ;
Et ce qui fait ma gloire.
Ta chevelure noire.
Tes épaules d'ivoire, Festin de volupté ; Et, sans guimpe et dentelle, Ces formes d^immortelle Qu'inventa Praxitèle Sur son marbre enchanté !
Nos Vénus des Musées , Par les siècles usées.
Seraient toutes brisées
Auprès de ton miroir, Si sa glace fidèle Conservait le modèle
Que je place auprès d*eUe, Pour doublement te voir !
Oh ! que de mains pressées.
D'amoureuses pensées, De flammes insensées, Tu laisses après toi !
 ce monde en délire Qui bridait ton sourire Maintenant je puis dire :
Cette femme est à moi !
Pour cette nuit donnée.
Cette heure fortunée.
Sitôt morte que née Avec Taube du jour, Quel trésor de largesse, Quel fleuve de richesse Exiges-tu, maîtresse?... — Cette chanson d'amour !