‹ Mélodies poétiquesChapitre 40 sur 122 · THÉBAIDE · texte numérisé non relu

THÉBAIDE

Par des vagues ennuis quand notre âme est blessée, Il nous vient quelquefois une noble pensée D'abandonner la ville et ceux que nous aimons, Et d aller vivre seul au désert, dans les monts. Dans quelque Thébaïde ignorée et lointaine.

Comme Paul, dans la grotte où coule la fontaine, Où le lierre tapisse un sombre corridor.

Où le palmier s'incline avec ses grappes d'or ! Puis, cet isolement, hélas ! nous épouvante.

Vous, femme, oseriez-vous vous inhumer vivante Au désert? dire au monde un éternel adieu Et vivre anachorète, en épouse de Dieu?

Mais être deux et vivre ainsi bien loin de Rome, Comme Aglaé la sainte et le grand saint Jérôme,

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MELODIES. I<}l

El prolonger le soir, comme à l'âge clirélien.

Sous le dôme d'un arbre^ un sublime entretien;

Abandonner le corps et ne songer qu'à l'àme,

Monter ensemble au ciel sur des ailes de flamme,

Ajouter une note à cet hymne sans fln

Que tout l'univers mêle aux chants du séraphin,

Oh ! ce serait la vie ainsi que l'^nt rêvée

Ceux qui sortaient du doute avec leur foi sauvée,

Répudiaient le monde, et, détournant les yeux.

Commençaient sur la terre à vivre dans les cieux !

Si ce noble désir de vivre en cénobite Vous fait quitter, un jour, Tair que la foule habite, Nos toits peuplés d'ennuis, ces bosquets odorants, Ces flots bleus de la mer à vos pieds murmurants. Cet horizon, ce ciel, ces collines heureuses, Ces jardins caressés de brises amoureuses.

Sainte Aglaé, Jérôme aura son successeur, Vous trouverez toujours un frère, noble sœur !

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