‹ Mélodies poétiquesChapitre 88 sur 122 · CHANT DES BORGIA · texte numérisé non relu

CHANT DES BORGIA

Lierres au fronl, pampre à Toreille, Les doigts rougis par les raisins, Quel vin Bacchiis, dieu de la treille, Buvait sur les coteaux voisins?

Il buvait l'eau douce

Et le cristal pur

Qui baigne la mousse

Des bois de Tibur!

11 n'avait ni table ni nappe, Les buveurs l'invoquent en vain :

Bacchus n'a trouvé que la grappe, Nous. avons inventé le vin.

Uonte à la Grèce, notre mère !

Dans l'ile blanche de Milo,

A la santé du vieil Homère, Les bacchaDtes ont bu de Teau.

Avant la nuit noire.

Tombant sur la mer,

Phœbus n'a pu boire .

Que le Ilot amer.

Le vainqueur de Thydre de Lerne N'a pas connu ce jus divin.

Horace a mangé le falerne, Et nous avons trouvé le vin.

Le vin, c'est le feu qui pétille En pleurant sous un ciel vermeil.

Aux rocs de Chypre ou de Gastille, Gomme une larme du soleil.

Nobles jeunes hommes.

Les coupes en mains, Oui, c'est nous qui sommes Les seuls vrais Romains.

De leur gloire si peu féconde Nos aïeux se targuent en vain ; Nos aïeux ont conquis le monde, Et nous avons conquis le vin.

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