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Mélusine

En ouvrant un recueil qui sera — ce que devaient déjà être au début de ce siècle les Mémoires de l'Académie Celtique — le répertoire de la littérature populaire et des traditions des provinces do France, nous devrions peut-être à nos lecteurs un programme de notre œuvre. Mais un programme de ce genre serait presque un traité et l'on nous pardonnera d'avoir reculé devant cette ambitieuse entreprise, d'autant que notre meilleur programme sera notre Revue elle-même. A l'exemple de ce philosophe grec qui se mit à marcher quand on lui demanda une démonstration du mouvement, nous consacrerons nos soins à ce que, dès ses premières livraisons, notre Revue embrasse dans son infinie variété le monde de la mythologie et des légendes.

Études sur les vieilles mythologies de l'Orient et des pays classiques en y comprenant cet art admirable de la Grèce « où marche et respire tout un peuple de dieux » ; études sur la mythologie des peuples plus jeunes et plus voisins de nous, et aussi sur les croyances des sauvages de l'Afrique et de l'Australie qui continuent devant nous les premiers âges de la pensée humaine; — Littérature populaire de France et de l'étranger, c'est-à-dire Contes, Ballades, Chansons, Proverbes, Enigmes, Fêtes et Danses populaires, Usages, Traditions, Superstitions, etc voilà notre domaine

Mais si nous ne faisons pas nous-méme de programme, nous nous permettrons de remettre en lumière quelques pages où un maître traçait, il y a dix ans, le tableau d'une branche importante et bien négligée en France de nos études, la" poésie populaire. On ne saurait mieux dire ce qu'est la poésie populaire — quel en est l'intérêt — quelle méthode il faut apporter à son étude — de quelle manière on doit la recueillir. Le lecteur nous saura donc gré d'emprunter le passage suivant à l'article que M. G. Paris écrivait dans la Revue Critique du 22 mai 1866, sur le précieux recueil de M. Bujeaud.

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