RONDE DU PUY
C'était le roi de Savoie,
C'est le roi des bons enfants ,
Il s'était mis dans la tête
De détrôner le sultan.
Et rantanplan, gare, gare, gare,
Et rantanplan , gare de devant.
Il s'était mis dans la tête De détrôner le sultan ; Il composa une armée De quatre-vingts paysans. Et rantanplan , etc.
(•) Celle chanson existe aussi dans le Pays de Vaud, car on lit dans J. Olivier, Le Canton de Vaud, t. I, p. 200, que les Vaudois chantent par raillerie les canons chargés de raves des Savoyards :
L'an por tot'artillerie Trei gros canons de fer bilan , Avoué trei tçarrel de rave Por tçerdzi c'iaus instrument.
11 composa une armée De quatre-vingts paysans 11 prit pour artillerie
Quatre canons de fer blanc.
Et rantanplan, etc.
Il prit pour artillerie Quatre canons de fer blanc, Et pour toute cavalerie , Les ânes du couvent.
Et rantanplan, etc.
Et pour toute cavalerie , Les ânes du couvent, Ils étaient chargés de vivres Pour nourrir le régiment.
Et rantanplan , etc.
Ils étaient chargés de vivres Pour nourrir le régiment, Ils montèrent sur une montagne :
Mon Dieu, que le monde est grand!
Et rantanplan, etc.
Ils montèrent sur une montagne :
Mon Dieu , que le monde est grand ! Ils virent une petite rivière Qu'ils prirent pour l'Océan.
Et rantanplan, etc.
Ils virent une petite rivière Qu'ils prirent pour l'Océan; En voyant venir l'ennemi :
Sauve qui peut, allons nous-en.
Et rantanplan, etc.
(L'Art en Province, 1857-1858, p. 39.)
Chanson «le la Fête des Seigles.
(Danse sur l'aire).
Voici la Saint Jean passée , Le mois d'août est approchant Où tous les garçons des villages S'en vont la gerbe battant.
Oh ! batteux , battons la gerbe Compagnons joyeusement.
Par un matin je me lève] Avec le soleil couchant, Et j'entre dedans une aire; Tous les batteux sont dedans.
Oh! batteux, etc.
Ma mie reçoit de mes lettres Par l'alouette des champs, Et moi j'recevons des siennes Par le rossignol chantant.
Oh! batteux, etc.
Sans savoir lire ni écrire Je lisons ce qu'il y a dedans.
Il y a dedans ces lettres :
Aime-moi, je t'aimons tant!
Oh! batteux, etc.
(Chanson des bords de l'Yvette, dans Robert Slilford, par Paul Perret. Paris, 1861, Michel Lévy.)
FORMULETTES
Lia Place prise. ( Seine- et -Oise.)
C'est aujourd'hui la saint Hubert,
Qui quitte sa place la perd.
— C'est aujourd'hui la saint Laurent,
Qui quitte sa place la r'prend.
Quand on donne on ne reprend plus*
(Seine-et-Oise.)
Quand un enfant veut reprendre ce qu'il a donné on lui chante :
Quatre à quatre à la charrue
Quand on donne on ne r'prend plus
Ou sans ça on est pendu
A la porte du p'tit bossu.
Formnlette de donation entre enfants.
L'enfant qui reçoit d'un autre enfant un cadeau doit, tout en tenant son petit doigt enlacé à celui de son camarade, prononcer les paroles suivantes pour que la donation devienne irrévocable :
Tchicaneto, tchicana Se mou garés saras danna Embé uno planto de djaouver Per té mettre dinn l'enfer.
(Trad. Chicanette, chicane, si tu me l'ôtes tu seras damné, avec une plante de persil pour te mettre dans l'enfer.)
(Communiqué par M. Eugène PEU.ET,de Bessèges (Gard).