ARC-EN-CIEL
Aux environs de Saint-Brieuc, pour détourner l'arc- -en-ciel et l'empêcher d'amener la pluie, on crache dans sa main gauche, et on coupe son crachat d'un coup de la main droite, comme avec une lame, en disant : « Arc-en-ciel, si tu passes par mon blé, je te coupe par la moite ! »
La même chose se pratique à Sarzeau, c'est ce qu'on appelle larhein ër gourmèkhienn , crever l'arc-en-ciel ; voici la formule qu'on dit en même temps :
Gourmèkhienn di, gourmèkhienn nos, Tarh abienn arhoac'h të nos !
Arc-en-ciel de jour, arc-en-ciel de nuit, Grève d'ici demain soir !
On a soin de frapper droit sur le crachat, de manière à le couper par le milieu. Il y a de graves discussions entre les enfants, pour savoir à qui revient l'honneur d'avoir bien crevé l'arc-en-ciel.
Cet usage a lieu encore dans plusieurs localités bretonnes. Il a dégénéré aussi, à Saint-Brieuc, de la manière suivante : — Tu vois bien cet arc-en-ciel ? — Et pendant que l'autre est occupé à le regarder, on allonge délicatement les deux doigts les plus proches du pouce de la main gauche ; on crache dessus, et, d'un coup de l'autre main on lui êtrache cela sur la figure.
Voici la formule en usage du côté de Morlaix pour éloigner l'arc-en-ciel (avec la même cérémonie que cidessus) :
Goareg ur glao, troc' h de c'houk, petraman me droc'ho anéan d'it.
Arc-en-ciel, coupe ton cou, ou je te le coupe.
Ernault.
DICTIONNAIRE DES NOMS
DONNÉS aux habitants