L.-F. Sauvé
Devinette Ilretonnc,
(LANRODEC.)
Duvun : pemb a voutan ha dek a chèsan ?
( Traduction. )
Devine : 5 qui poussent et 10 qui tirent?
[ Les doigts. ] ( Quand on est à mettre ses bas. )
Ernault.
BIBLIOGRAPHIE
Glossaire de la vallée d'Yères pour servir à l'intelligence du dialecte haut-normand et à l'histoire de la vieille langue française, par A. Delboulle, professeur au lycée du Havre, in-8°, Havre, Brenier et Cie, 187G.
On peut reprocher à l'auteur de ce glossaire de n'être pas , quoi qu'il en dise, au courant de la philologie romane, mais on ne peut lui contester le mérite de s'être livré à de longues et patientes recherches. Aussi, bien que l'on ne doive le consulter qu'avec précaution pour ce qui a trait à la connaissance du patois normand , son livre n'en renferme pas moins d'utiles renseignements sur les traditions, usages, superstitions, etc. de notre vieille province. Ainsi on trouve par exemple au mot paroles des formules d'incantation ; au vocable Liénard (Léonard), nous apprenons quelles sont les prérogatives du saint de ce nom , etc. Pourquoi seulement l'auteur , qui cite si souvent les poètes français , ne donne-t-il pas plus souvent des textes vraiment normands et vraiment populaires ? Quelle autorité son glossaire eût gagnée par là! Mais il faut se contenter de ce que l'on a , et l'on voit que ce qui se trouve dans le livre de M. Delboulle, suffit pour le recommander aux lecteurs de Mélusine. C. J.
Canti populari Corsi con note. Seconda edizione, riveduta e ampliata, in-12°. Bastia, tipografia Fabiani,
Bien que ce ne soit là qu'une réédition des canti publiés en 1843 par Salvadore Viale, ce petit livre doit être le bienvenu pour nous, mieux que tout autre, en effet, il peut nous faire connaître ce qu'est la poésie populaire chez une nation qui n'a point cessé de la cultiver et d'y réussir. Il contient deux sérénades, deux berceuses, douze voceri de mort naturelle et onze voceri de moit violente. On y a joint, poésies d'un genre tout différent, les « octaves joyeuses » du prêtre Gugliemo Gugliemi et une espèce de pastorale, le « maire berger. » Des notes nombreuses facilitent l'intelligence du texte qui présente parfois d'assez grandes difficultés phonétiques. On le voit, ni la variété, ni l'intérêt ne manquent à ce recueil, qui s'adresse à la fois au linguiste, auquel il offre des échantillons d'un des dialectes italiens les plus curieux, et à l'amateur de poésie populaire, auquel il en donne quelques monuments aussi originaux qu'attrayants. C. J.
0. Pradère. Un Bouquet de Légendes. Brest, imprimerie Boger père, 1874.
Nos poètes français ont trop rarement traité ce genre de la légende , si fécond en effets poétiques , pour que nous ne signalions pas à l'attention du public les essais de M. Pradère. Les sujets traités , sans être nombreux , font bonne figure , parce que leur choix est bon et que l'idée en est des plus gracieuses. La légende des Plantes est l'histoire du Peuplier qui refuse , à la mort du Christ , de partager le deuil de la nature. Sa feuille fut condamnée à trembler au moindre souffle, et son nom changé en celui du « Tremble. » La légende des Hirondelles nous apprend que , chassées par la mé-
chanceté des hommes, ces oiseaux, en place de leurs plumes blanches dont ils avaient été dépouillés , reçurent de Dieu des plumes et des ailes noires, en signe de deuil, et qu'ils ne visitèrent plus les chaumières que pendant six mois de l'année , laissant à leur départ, sur les champs et les toits, la neige et les frimas. La Rose de Gueldre ( vuhjo Boule de Neige ) est l'histoire d'une enfant qui , morte à 16 ans, obtint de revenir chaque année sur terre, pendant qui li|ues jours, sous la forme de cette fleur éphémère, afin d'annoncer aux hommes les premières joies du printemps. La « Perle de la Vierge » c'est la larme d'une jeune enfant en prière dont la Vierge voulut orner sa couronne. La Rose et le Bengali nous racontent le deuil de l'oiseau qui perdit la voix à la mort de la Heur sa bien-aimée. Aux légendes de Noël et de saint Christophe, l'auteur a rattaché quelques pages de commentaires qui servent à lier les fleurs de son « Bouquet » autrement qu'avec un fil vulgaire. Les commentaires sont eux-mêmes un brin odorant de bruyère, enlevé à cette vaste lande où il a cueilli ce Bouquet.