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Pradère. Etude sur quelques poètes étrangers

(Brest, imprim. Le Fournier aîné, 1877.)

Ce sont des traductions envers de poètes allemands, suédois, danois, anglais, américains, espagnols, qui sont représentés dans ce recueil par des pièces de tendance et de valeur diverses ; le poète suédois Geyer, par « le Petit Charbonnier » ; Freiligratli , par la Vengeance des Fleurs et le Vieux Braconnier; le danois Andersen, par la Marguerite; Jean-Paul (Richter), par sa fantaisie, ici versifiée, de la Nuit du Nouvel An; Longfellow l'américain, par '( Excelsior » ; John Keats , par Madeline et un Sonnet à Fanny ; Thomas Hood, par The Song of the Sliirt, et la ballade de la Noyée; Henri Heine , par les Pantoufles rouges ; Wordsworth , par la poésie : la Paysanne à son enfant; Alex. Pouchkine, par la Naïade; Uhland, par la Couronne de Roses ; Pfeffel , par le Ver-luisant ; Justinus Kerner, par le Sapin; Robert Burns, par Jean-Grain-d'Orge ; Peter Pindar (docteur Wolot ) , par le conte le Pèlerin et les Pois; l'espagnol Principe, par la fable le Corbeau, la Colombe et la Neige.

Enfin dans ce recueil figure « le Dimanche matin » , que le traducteur intitule : « Une ballade populaire en Allemagne » sans citer le nom de l'auteur. Ne saurait - il pas par hasard qu'elle est de Hebel? L'aurait-il traduite, non sur le texte allemannique , mais sur une des nombreuses transcriptions en haut-allemand qui sont répandues partout, peut-être sur celle du peintre - poète Reinik? Le vers qui réussit le mieux à M. Pradère est celui de sept et de dix pieds , celui-ci coupé au milieu par la césure. Ces mesures de vers s'adaptent parfaitement au style légendaire. Elles peuvent le mieux se passer de « l'épitliète ingénieuse » et de la phraséologie poétique, et marquent fort bien la succession de longues et de brèves dans notre versification que l'on dit si rebelle au rhythme.

Nous ne saurions mieux faire que de citer à l'appui de notre dire les premières strophes de la traduction du Jean-Grain-d'Orge , de Burns :

Trois grands rois de l'Est firent le serment , Jurèrent un jour, tous trois par la gorge , Que bientôt mourrait le pauvre Grain-d'Orge , Jean-Grain-d'Orge, amis, que nous aimons tant.

Au milieu d'un champ ils firent d'abord

Un large sillon , puis ils l'enterrèrent ;

Ensuite , sur lui , tous trois piétinèrent

En disant : Pour sûr, Grain-d'Orge est bien mort !

Mais quand arriva le printemps joyeux,

Quand tout , dans les champs , prit un air de fête ,

Grain-d'Orge montra le bout de sa tête,

Ils ne pouvaient pas en croire leurs yeux, etc.

Le Gérant, Eugène ROLLAND.

Chartres. — Edouard Garnier, Imprimeur.

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