‹ MélusineChapitre 203 sur 235 · EN ALSACE · texte numérisé non relu

EN ALSACE

Les qualités plus ou moins excitantes de l'ail ont donné lieu dans certaines parties de la Basse et de la Moyenne Alsace à la superstition suivante : .

De plusieurs compagnons de travail prenant leurs repas en commun , par exemple des domestiques d'une même ferme, celui qui a soin tous les matins, à jeun et à l'insu des autres, de manger de l'ail, le premier jour une gousse, puis les jours suivants trois, cinq, sept , cinq , trois , une gousse , et ainsi de suite en augmentant et en diminuant le nombre des gousses selon la série alternativement croissante et décroissante des quatre premiers nombres impairs, non-seulement a le profit de sa propre nourriture, mais soutire à ses compagnons celui qu'ils devraient tirer de la leur. Il prospère et les autres dépérissent ; il mange leur vigueur, ou, comme on dit chez nous, Er isst dœ n'andcrœ ihri Kréftœ n'ab. La recette est donnée comme un secret;

mais c'est un peu celui de tout le monde , et on ne dit pas ce qui arriverait si tous les commensaux se mettaient au même régime. — L'ail sert encore à divers autres usages dans la médecine populaire ; entre autres, il y ligure comme aphrodisiaque , qualité que lui reconnaissait aussi Pline, Hist. nat., xx, 6. Chez les Athéniens il avait donné lieu, sinon à des superstitions analogues, du moins à des dictons populaires. Cf. Aristoph., Acharn., 166. — On remarquera qu'en Alsace l'ail n'entre dans l'alimentation que dans une très-petite mesure et uniquement comme condiment.

(Recueilli à Brumath, Bas-Rhin.) A. B.

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