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PRONOSTIC

(Pays Messin.)

S'il fait grand vent la nuit du 24 au 25 janvier (Gonversion de saint Paul) c'est signe de guerre. S'il y a du brouillard, c'est signe de mortalité.

MM. Gandar (de Flocourt.)

BIBLIOGRAPHIE

Donner (0.). Lieder der Lappen. Helsingfors, 1876,

in-8°, 161 p.

M. 0. D., savant (innisant de premier ordre, professeur à l'Université d'IIelsingfors , député au Parlement de Finlande, publie sous ce titre de Lieder der Lappen un recueil de poésies et de chansons laponnes, en langue finnoise, avec traduction en allemand. Dans l'introduction, l'auteur démontre que les peuples finnois, avant leur séparation et pendant leur séjour au milieu de la Russie , possédaient en commun des chants populaires soumis au même système prosodique que l'on retrouve plus régulier dans le Kalevala. A cette fin , l'ouvrage renferme des exemples tirés de recueils de chants des peuples congénères. Les plus importants sujets des poëmes lappons sont le Mariage du Fils du Soleil et la Vengeance que tire Pischa Pascha du meurtrier de son père. On trouve encore dans ce recueil des proverbes et des devinettes. Voici quelques proverbes : Le jour n'est pas si long que la nuit n'arrive. — Un méchant ennemi vaut mieux qu'un ami qu'on ne connaît pas. — Mieux vaut maigre morceau dans la main que gras morceau dans la forêt. — Neuf sages ne pourraient fermer la bouche à un sot. — Je vais citer aussi quelques devinettes : Racine en l'air, sommet en bas. La queue de la vache. — Elle marche jour et nuit sans trouver la porte de sortie. L'horloge. — Quel est l'être vivant qui touche l'homme de plus près? Le pou. — Quand il regarde en bas, l'eau monte la colline. Un cheval qui boit. — Un corbeau marin vole sur la mer, le sang dégoutte de ses ailes. Un canot qu'on rame. — Chose curieuse, sur les 30 devinettes laponnes de M. 0. D. , 7 se retrouvent presque identiques en France. (Voyez mes Devinettes ou Enigmes populaires de la France. Paris, Vieweg, 1877.) — M. 0. D. a publié en 1875 un travail sur les noms de plantes et d'animaux chez les peuples finnois, dont nous souhaitons vivement la traduction dans une langue accessible pour nous. E. R.

Gakrance (Evariste). Le Mariage chez nos pères. Bordeaux, 1876, 1 vol. in-8% 264 p. Prix : 5 fr.

Dans cet ouvrage, M. C. passe en revue les usages relatifs au mariage en France , en les classant par départements ; ses sources sont : d'abord des ouvrages généralement peu connus sur la province que l'auteur, malheureusement , cite d'une façon vague et insuftisante, ensuite de communications que des personnes habitant divers départements ont bien voulu lui taire. Ce livre est intéressant ; on peut constater, en le parcourant , que certains usages sont généraux en Fiance, par ex. : A la sortie de l'église on distribue des pains soit aux époux , soit aux invités , soit aux pauvres ; — à ce même moment les parents ou les invités remettent une ou plusieurs pièces de monnaie à la mariée; — après le repas, on chaule à la mariée des chansons dans lesquelles on lui annonce qu'elle aura désormais beaucoup de soucis; — ■ on détache la jarretière de la mariée, qu'on coupe et dont on distribue les fragments entre les invités ; — le mari est obligé , pour prendre possession de sa femme , d'entreprendre un simulacre de siège ; — on force la porte des nouveaux époux au milieu de la nuit et on leur apporte une soupe à l'oignon ou une rôtie au vin ; — les jeunes filles gardent précieusement les épingles qui ont servi à l'édifice de la coiffure de l'épousée, parce que cela porte bonheur, etc., etc. — On voit que le sujet traité par M. C. est attrayant. E. R.

Gallet (Ch. Edouard). La ville de Beauvoir sur mer

(Vendée). Nantes, 1868, in-8", 217 p.

On trouve entre autres choses dans cette monographie : p. 65, un chap. sur les mœurs; p. 70, qq. détails sur le costume maraichin; p. 72, qq. mots sur les noces; p. 7:1, qq. mots sur les danses, et en particulier sur une espèce de danse appelée la maraichine; p. 71, une description des jeux du Marais, entre autres, d'un jeu de carte appelé lu Incite; p. 80, les sobriquets des paysans; p. 81 , la phonétique du patois maraichin; p. 85-101 , un vocabulaire auquel nous empruntons les mots suivants : alise , pain

l'ait avec des restes de pâte ; — breneiAe , crépuscule ; — câline , coiffe de laine; — éparure, éclair; — frèrèche, lignée de frères et sœurs ; — godale , monture de coiffe en papier ; — gulllannu , nouvelle année , étrennes ; — mettes , premier son de la messe ; — renembrée , glas funèbre ; — licafiaau , graisse contenue dans un bout de corne suspendu à la ceinture. Les laboureurs s'en frottent les mains pour empêcher les ampoules. E. R.

Ktjhff (Pli.). Les Enfantines du bon pays de France

L'incendie de la maison de librairie Bergcr-Levrault , à Nancy, a relardé la publication d'un intéressant ouvrage de M. K. intitulé Les Enfantines du bon pays de France. Le livre était déjà imprimé quand le sinistre est survenu; M. K. a pu en sauver trois exemplaires qu'il avait reçus pour correction d'épreuves ; j'ai sous les yeux un de ces trois ex. — C'est une anthologie de poésie populaire française destinée à être apprise par cœur par les enfants de G à 8 ans, et à remplacer dans l'enseignement et au foyer de la famille ces fades et insipides petits livres de morale et de vertu dont on a jusqu'à présent ennuyé notre enfance. Voici les titres des principales divisions de l'ouvrage : Calendrier des enfants au village , Berceuses , Contes de nourrice , Jeux , Rondes , Chansons , Couplets et Dictons , Légendes , Chansons de métiers, Chansons d'écoliers, Chansons historiques , Histoires de bêtes, Histoires curieuses , Amusettes , etc. L'auteur a emprunté aux recueils de MM. Bujeaud, Tarbé, Durieux et Bruyelles, etc., ce qu'ils contenaient de plus gracieux et de plus délicat. Il y a ajouté des poésies qui ne sont pas popul. par l'origine, mais qui sont agréables et à la portée des enfants. M. K. , qui aime avec passion la poésie traditionnelle , prépare en outre deux autres volumes du même genre, l'un destiné aux adolescents , l'autre aux hommes faits. — Nous ferons à M. K. le reproche de ne pas donner la musique des chansons. — Dans notre premier numéro, nous avons signalé un ouvrage du même auteur, destiné à l'enseignement de l'allemand ; nous avons omis de dire qu'il en a fait un tout semblable peur l'enseiguement de l'anglais. Il est facile de voir que M. K. est le promoteur d'une réforme pédagogique importante ; il veut que tout en les instruisant , on intéresse et on amuse les élèves, ce qui, nous le savons par expérience, est contraire à tous les précédents. Nous lui souhaitons de tout notre cœur le succès qu'il mérite; nous ne regrettons personnellement qu'une chose, c'est qu'une pareille réforme ne se soit pas accomplie plus tôt , du temps où nous étions rivés aux bancs du collège! E. R.

Turiault. Etude sur le langage créole de la Martinique,

236 p. in-8° en deux volumes. Brest, 1874-76. (Paris, Viaut. ) Prix : 3 fr.

Les langues créoles, c'est-à-dire les dialectes des langues européennes parlés par les nègres des colonies , sont d'un grand intérêt pour l'étude de la psychologie du langage par la naïveté toujours jeune de leur formation et de leurs lois. Leur littérature popul. a le même mérite, et elle a souvent aussi celui de renfermer des éléments non-aryens, étrangers à notre littérature populaire soit par leur origine, soit par leur tour d'expression.

A ce double titre, l'ouvrage de M. T. se recommande aux linguistes et aux amateurs de littérature popul. On y trouvera une série d'énigmes (p. 215), un très-grand nombre de proverbes (p. 208 et suiv. , etpassim), quelques contes et quelques chansons.

Nous regrettons qu'au lieu de donner un plus grand nombre de morceaux de la littérature popul. de la Martinique, M. T. ait cédé à une tentation qui semble dominer les auteurs qui, chez nous, s'occupent de langue créole, celle de donner des traductions, et particulièrement des trad. de fables de La Fontaine. Déjà, il y a quelques années, MM. de Saint -Quentin, dans leur livre sur le créole de la Guyane, tout en donnant quelques contes indigènes (quoiqu'un seul dans la prose originale) avaient rempli leur volume de fables traduites du français et de chansons créoles de leur composition. M. T. à son tour nous donne en traduction créole le Rat de ville et le Rat des champs , le Conte de Cendrillon et quelques autres morceaux d'origine française. Ces traduct., comme toute œuvre venant de personnes lettrées , peuvent intéresser le public créole de la Martinique, mais elles sont sans intérêt pour le public

Chartres. — Edouard

européen; « le moindre grain de mil ferait mieux notre affaire », et par grain de mil , nous entendons ces chansons , ces danses , ces contes, ces énigmes, ces proverbes, etc. de la littérature popul. de la Martinique. Nous espérons que cette élude sur le lan; créole de la Martinique n'est qu'une promesse et que l'auteur ne s'en tiendra pas là. H. G.

Espagne (Adelphe). Proverbes et Dictons populaires recueillis à Aspiran. Montpellier, 1874, 46 p. in-8°. M. E. a borné ses recherches à un petit coin de l'Hérault; de pareilles monographies sont très-utiles et on ne saurait trop les multiplier. — Dans les seize premières pages de son travail , M. E. nous parle de la diffusion générale de la littérature populaire; des proverbes mythologiques occupent les pages 17-34; viennent ensuite des proverbes relatifs au mariage et aux enfants, puis 7 pages de proverbes divers. — Nous ne pouvons considérer ce recueil que comme un commencement de moisson, car même dans un seul vil. lage on doit trouver une bien plus grande quantité de proverbes. — Notons en passant qu'à Aspiran, l'arc-en-ciel est appelé cercle de saint Martin. E. R.

Grandgagnage. Dictionnaire étymologique de la langue wallonne. Liège, t. I, 1845; t. Il, 1830; — Vocabulaire des noms wallons d'animaux, de plantes et de minéraux, 2e éd. Liège, 1857; — Versions wallonnes de la parabole de l'Enfant prodigue. Liège 1870.

Les publications relatives aux dialectes de notre langue sont encore assez peu connues (hors du monde spécial des romanistes) pour qu'il soit utile d'attirer l'attention sur elles. Il n'en est pas qui le méritent plus que les travaux de M. Grandgagnage sur le dialecte wallon, travaux auxquels l'auteur a consacré toute une vie d'étude désintéressée. Son Dictionnaire de la langue wallonne, commencé en 1845, et resté en 1850 à la lettre 0, n'est pas un simple recueil de mots comme tant de glossaires de dialectes, c'est une œuvre de philologie savante où chaque mot se présente avec son cortège d'acceptions, d'exemples et de rapprochements étymologiques. On y trouve aussi , sous leurs termes respectifs , des faits de traditions populaire, et à cet égard il suliit de rappeler que le beau travail de M. G. Paris sur le Petit Poucet, a pour point de départ un article du Dictionnaire Wallon de M. Gr. Le savant liégeois laissera-t-il donc son œuvre inachevée ? Pendent opéra

interrupta Ce n'est pas qu'il soit resté oisif. Pour suivre une

autre direction , son activité n'a pas été moins féconde , comme le témoigne son vocabulaire des noms wallons d'animaux , de plantes et de minéraux, et son recueil de 56 versions wallonnes (y compris les dialectes de Lille et de Douai en France) de la célèbre parabole de l'Enfant Prodigue. Nous citerions encore, si ce n'était en dehors du cadre de notre revue, son Mémoire sur les anciens noms de lieux dans la Belgique orientale (Bruxelles, 1855), et son Vocabulaire des anciens noms de lieux de la Belgique orientale. (Liège, 1859.) Il serait désirable que tous les dialectes de notre langue trouvassent des historiens aussi compétents et aussi zélés que celui qu'une heureuse fortune a donné au dialecte Wallon.

Dictionnaire des communes du Nord et du Pas-de-Calais,

donnant les dates de toutes les fêtes et kermesses et le tableau des principales foires et marchés de ces deux départements, 229 p. pet. in-16. Douai, Crépin, 1876. Prix : 2 fr. 25.

Les communes de ces deux départements sont rangées par ordre alphabétique dans chaque arrondissement. On trouve sous chaque uom la date de la kermesse ou fête patronale de l'endroit, et l'indication du pays et du diocèse dont la localité faisait partie en 1789. Par ex. à l'article Noort-Peene on trouve cette indication : Flandre maritime , châtellenie de Cassel , ressort du présidial de Bailleul , paroisse du diocèse d'Yprcs. — Si on avait ajouté à ce répertoire la liste des ouvrages et des cartes d'après lesquels on donne l'état de ces localités en 1789, on aurait augmenté la valeur de ce Dictionnaire. H. G.

Le Gérant, EUGÈNE ROLLAND.

GarnieR , Imprimeur.

MELUS.INE.

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