‹ MélusineChapitre 223 sur 235 · Je vous vend la marguerite , C'est une florete petite · texte numérisé non relu

Je vous vend la marguerite , C'est une florete petite

Elle est belle et avenant, Et sus le vert se siet le blanc Et sus le blan le vermillon !

C'est de m'amie le façon.

31. — Je vous vend d'amour la chemise : Dame , bien c'est en vous assise Valour et beaultez ensemant ; Gardez que ne soyez souprise De ceulz qui juent (4) fausemant, Partes vous en courtoisemant, N'estes de riens en lor justice ; Lors verront ilz tout clerenianf Que de tous bien estes aprise.

(i ) Il parait.

(2) Je vous (!onn.-.

(3) OU il trouve, rencontre.

Cl) Au m<. puent.

32. — Je vous vend la flour de la venche(1): Sachiez que le papier et l'cnche(2) Font escrire maint mesaige (3) Que font rogier ('') maint visaige.

Le feuillet se termine par une demande d'amour en quatre lignes non rimées, avec la réponse en accolade :

Per quel semblant et quelle chose J

Puet saige dame approver (*) f p , . f . Se cil qui la prie d'amour ( Fer aon£ier îaire-

L'amede cuer(G) on de bouche?)

On voit que les Day'mans du XIXU siècle procèdent directement, par le fond comme par la forme, des daiemans du XV« siècle , héritiers eux - mêmes d'une tradition plus reculée (7). La Lorraine, et spécialement le pays de Metz, est l'une des provinces les plus riches en ce genre de poésie populaire (s). C'est un témoignage de plus en faveur du génie conservateur des patois, témoins authentiques et vénérables des temps passés.

François Bonnardot.

Page 1