‹ MélusineChapitre 47 sur 235 · JOIGNY (YONNE · texte numérisé non relu

JOIGNY (YONNE

On dit aux tout petits enfants dont on touche avec la main les différentes parties de la figure, en commençant par le menton et en finissant par le front :

Menton d'or, Bouche d'argent,

Nez kinkin,

Joue brûlée,

Joue grillée, Petite entente, Grande entente,

Petit œillet,

Grand œillet,

Toc toc

Maillet.

(WARLOY-BAILLON , SOMME.)

En revenant de Tartare

De Barbare, De la ville de mon pays, J'ai rencontré une petite souris, Qui avait quinze ou quatorze pattes, J'en ai coupé une pour faire un emplâtre.

Passait par là mon chien Martinet Qui a pissé jusqu'à la fleur de mon bonnet.

Henri Carnoy.

Variante de la formulettc

insérée col. 78.

( WARLOY-BAILLON , SOMME.)

Bonjour Lundi, Comment va Mardi ?

Très-bien, Mercredi.

Va dire à mon ami Jeudi ,

De venir Vendredi Dans la salle de Samedi Pour y déjeûner Dimanche.

Henri Carnoy.

BIBLIOGRAPHIE

Armana de Lengado per lou bel an de Dieu, 1877. Alais in-8°, 95 p.

— VArmana de Lengado est la continuation de X Armana cevenou , commencé en 1874. Il est spécialement consacré à la littérature des Félibres languedociens. La litt. pop. y est représentée, par des dictons, des proverbes, des anecdotes, des facéties. Nous en donnons une idée à nos lecteurs par les extraits suivants :

Ami ta t de gendre Soulet de décembre.

Per se grata et per manja 1' a pas que de coumença.

Lacb sur bi Fa mou ni Bi sur lacb Fa santat.

Lou pa dur

Fa l'oustal sigur.

Un Souhait de femme.

Une femme disait, tout en essayant d'enfiler son aiguille : « Mon Dieu, conservez-moi rouie comme vous m'avez conservé la vue. » — 11 y avait plus de vingt minutes qu'elle essayait, en vain, défaire entrer son fil dans son aiguille !

L' Armana annonce, comme venant de paraître, un Recueil de versions pour l'enseignement du français en Provence. Vous croyez peut-être qu'il s'agit de versions grecques ou latines? pas du tout, c'est de versions provençales qu'il est question. Bonne idée!

Cet almanacb contient aussi des poésies de Félibres aimés de la Provence, MM. Arnaviellc, de Tourfoulon, etc. Cette concurrence faite au célèbre Armana Prouvencau montre que le mouvement de renaissance littéraire se propage dans le Midi. Nous souhaitons aux vaillants Félibres le succès de leurs ancêtres , les troubadours.

Jouve (Louis). Chansons en patois vosgien, recueillies et annotées par Louis Jouve, avec un glossaire et la musique des airs, in-8° de l'2G p. Epinal, 187G. Dans cet ouvrage, M. J. s'est surtout préoccupé de réunir les chansons composées dans les divers dialectes rustiques des Vosges et a laissé de côté les chants populaires en langue française qui se répètent dans ce département aussi bien que dans le reste de la France. L'auteur eût rendu plus accessible son travail au grand public et aux savants qui ne font pas profession d'étudier les patois lorrains, si, au lieu d'un glossaire qui termine l'ouvrage, il nous avait donné , en face du texte de chaque chanson , la traduction en français. — Nous citerons, comme particulièrement intéressantes les chansons suivantes : La Femme du Bossu, dont M. de Puymaigre a publié une Var. ; la Femme résignée, curieuse berçoire; la Femme jalouse, dont il y a une Var. dans Max Buchon; le pauvre Homme (on en trouve une Var. dans M. de Puymaigre); le Mariage malheureux ; la Chanson de noces (dans laquelle le coucou intervient d'une plaisante façon); les Visions du Laboureur (Mélusine en a publié une variante sous le titre de : Les Mensonges); Si jamais je me marie, qui rappelle la chanson énumérative bien connue : Quand Biron voulut danser; le petit Cabrichon , berceuse dans laquelle on raconte qu'un loup aurait bien voulu faire delà chèvre cinq petits cabris, dont deux pour lui et sa famille et trois pour le paradis ; la Femme malade; enfin la

Chartres. — Edouard

gardeuse de chèv)es, scène dialoguéc, moitié en français, moitié en patois, dans laquelle il est question d'un beau monsieur qui veut détourner de ses devoirs pastoraux une jeune bergerelte.

Dinago (F.). Usages locaux constatés en 1855 dans le

canton de Saint-Dié, et en 1857 dans le canton de

Raon-1'Etape, in-8° de 40 p. Saint-Dié, 1876.

Il n'est question dans cet ouvrage que de droit coutumier. — Citons quelques usages :

« Dans la commune de Saint-Dié, pour le bornage des propriétés , on pose ordinairement des pierres bornes avec pierrailles , poterie ou autres objets par dessous, d'une nature différente de celle des terrains à borner. »

« Les propriétaires qui veulent soustraire leurs propriétés non closes à l'exercice de la vaine pâture plantent, quelquefois, au milieu de leur terrain, un bâton surmonté d'une torche de paille ou de foin. »

[ Dans le pays messin on se sert d'une branche d'arbre garnie de ses feuilles qu'on plante dans le champ dont on veut interdire la pâture. Cette branche prend alors le nom de défense. ]

« Pour les prairies , il est d'usage d'en commencer la récolte le jour de la saint Jean , pas avant. » E. R.

Rothenbach ( J.-E. ). Localsagen und Satzungen des Aberglaubens, in-8° de 62 p. Zurich, C. Schmidt, 1876.

Ce travail contient 8 contes ou légendes en patois suisse allemand et 580 formules de superstitions usitées dans le canton de Berne. Nous allons en traduire quelques-unes :

— « On ne doit pas mettre en mouvement un berceau quand l'enfant n'y est pas , sinon il arriverait à cet enfant des maux de tête ou des maux de ventre , ou bien la place inoccupée serait prise par quelque chose qui lui serait nuisible. »

— « Les langes suspendus pour sécher doivent être retirés avant le coucher du soleil , sans cela il pourrait s'y attacher quelque mal. »

— « Les petits enfants peuvent se voir dans leurs mains comme on se voit dans un miroir. »

— « Un enfant qui avale sa première dent tombée , sera exempt du mal de dents. »

— « Celui qui se fait couper les cheveux doit faire attention de ne pas les jeter au vent, parce que si les oiseaux les trouvaient, il deviendrait chauve. »

— « On ne doit pas cracher dans l'eau ; celui qui crache dans l'eau , crache dans les yeux au bon Dieu . »

— « Tenir un enfant penché au dehors de la fenêtre arrête sa croissance. »

— « Rentrer le foin ou le blé, un jour de dimanche, attire la foudre sur la maison. »

— « Le matin du jour de Pâques, le soleil danse dans le ciel. »

— « Le jour de la fête des Scpt-Dorinants (27 juin ) , il ne faut pas planter de pieds de tabac ; ils resteraient toujours de la même grandeur. »

— « 11 fera, pendant chacun des douze mois de l'année, le temps qu'il aura fait chacun des douze premiers jours de l'année. »

— « Pour savoir le temps qu'il fera dans les douze mois de l'année, on se sert, la nuit de Noël, de douze pelures d'oignon chargées de sel , dont chacune correspond à un mois de l'année. Selon que le sel fond plus ou moins sur chaque pelure , il fera plus ou moins sec dans le mois correspondant. »

— « Rêver de feu , de fumée , de gros sous ou d'œufs est un présage de chagrin. »

— « Si vous saignez du nez, prenez un fétu de paille, faites-en une croix et saignez dessus ; l'effusion de sang cessera. »

— « Si quelqu'un meurt , on doit ouvrir les fenêtres de la maison afin que son âme puisse sortir. »

Que la Suisse allemande ne croie pas avoir le monopole de ces superstitions ; Mélusine saura les retrouver en France accompagnées d'une multitude d'autres. E. I!.

Le Gérant, Eugène ROLLAND.

Garnier, Imprimeur.

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