USAGES RELATIFS AUX FÊTES DE PAQUES
lie Dimanche des Rameaux.
Dans les environs de Lorient ( Morbihan) on croit que
le vent qui souffle le dimanche des Rameaux, pendant
l'élévation de la messe , est celui qui dominera pendant
le reste de l'année.
La même croyance existe aussi dans les environs de Chartres.
Chique d'œuf.
Pendant la Semaine-Sainte , dans certains villages de Seine-et-Oise , les enfants de chœur vont de maison en maison avec une crécelle et se mettent à chanter :
Alléluia ! du fond du cœur, Ayez pitié des enfants de chœur, Et le bon Dieu vous récompensera , Alléluia !
Ils entrent alors avec leurs paniers destinés à recevoir les cadeaux qu'on veut bien leur faire , c'est-à-dire , du beurre, des œufs, ou même de la menue monnaie. Si par hasard on ne leur donne rien ou pas assez, dès qu'ils sont sortis de la maison et quand la porte est fermée, l'un d'eux sort de sa poche un vieil œuf pourri (les gamins ramassent dans ce but tous les œufs pourris qu'ils trouvent dans le courant de l'année) et le jette violemment contre la porte de la maison inhospitalière , en criant : Chique d'œuf! et tous de répéter en se sauvant : Chique d'œuf! Chique d'œuf!
Les enfants de Seine-et-Oise emploient encore cette expression Chique d'œufs, quand ils frappent les uns contre les autres les œufs durs qu'ils tiennent dans la main. Dans ce jeu, celui qui se trouve avoir l'œuf le plus dur est le vainqueur et tous les œufs cassés lui appartiennent.
Ijc Jeudi-Saint.
Dans les environs de Lorient (Morbihan) le Jeudi- Saint est ordinairement appelé le Jeudi-Blanc (*).
Les Œufs rouges.
Dans les environs de Paris, on fait croire aux enfants que les cloches qui reviennent de Rome le Samedi- Saint, sèment des œufs rouges sur leur passage. A cet effet on en cache ça et là dans les jardins et on les leur fait chercher quand les cloches sont revenues.
lies Œufs pondus le Vendredi-Saint.
Dans l'Est, nos bons villageois recueillent soigneusement les œufs de poule pondus le Vendredi-Saint et les réservent pour le dimanche de Pâques. Il faut les manger crus, sans le moindre grain de sel ou de poivre, si l'on veut rester toute l'année à l'abri des maladies graves. (Extrait du journal le Temps, du 5 avril 1874.)
A Saint-Moret (Yonne), on a soin de mettre de côté un œuf pondu le Vendredi- Saint. Le jour de Pâques on le fait cuire dans le pot-au-feu et on le partage entre les différents membres de la famille.
Dans ce même pays, on est absolument convaincu qu'il
est impossible de mettre en couleur des œufs pondus le
jour du Vendredi-Saint.
Les habitants de la commune de La Bresse (Vosges) croient que les œufs du Vendredi-Saint préservent de la fièvre et ne se gâtent jamais.
(Montémont, Voy. à Dresde et dans les Vosges, p. 97.)
Ce qu'on ne doit pas faire le Vendredi -Saint.
Les habitants de Frasne (Jura) regardent comme un sacrilège de tuer un animal quelconque le Vendredi- Saint, et aucun d'entre eux ne mangerait le jour de Pâques un lièvre qui aurait été frappé l'avant-veille par un chasseur adroit.
(Marquiset, Stalist. de l'arrond. de Dôle, t. II, p. 250.)
Le Vendredi -Saint, on ne doit pas voyager. — En ce jour, les habitants de l'île de Noirmoutier se gardent bien de piquer un instrument de labourage en terre , il en jaillirait aussitôt du sang.
(Piet, Mémoires laissés à mon fus, in-4°, Noirmoutier, p. 432.)
Dans le département de Saône-et-Loire , on est persuadé que, si l'on faisait la lessive le jour du Vendredi- Saint, cela amènerait dans la maison un grand malheur.
IiC Samedi -Saint.
Il existe à Marseille et dans le reste de la Provence quelques usages populaires pratiqués le Samedi-Saint, et qui méritent d'être rapportés. Généralement on chausse,
t1) Il porte le même nom dans les pays flamands. (Voyez Reinsberg-Duringsfeld, Tradil. de la Belgique, t. I, p. 220.)
le Samedi -Saint, les enfants qui sont en âge de quitter le maillot , et la mère , assistée de la marraine , va présenter l'enfant au prêtre. Au moment où l'on entonne le Gloria in excelsis, on fait essayer à ces petits êtres leurs premiers pas dans l'église.
Un peu de superstition se mêle, dit le Journal de Marseille, à cet usage. Ainsi à Cadenet, à Lourmain et dans quelques autres communes de Vaucluse, les femmes ont la coutume, le jour du Samedi-Saint, d'amener leurs enfants à l'église et de les faire tourner, au moment du Gloria in excelsis, absolument comme les cloches, en les prenant par les bras et sous prétexte que cela les garantit de toute chute pendant leur vie. Au préalable on s'expose à leur casser les bras, mais telle est la force du préjugé , qu'on apporte des enfants de toutes parts et que l'église retentit des cris de douleur de ces pauvres petites créatures.
A pareil jour, à Toulon, au moment où les cloches sonnent, les femmes se précipitent dans les rues avec leurs cruches , et c'est à qui arrivera le plus vite aux fontaines pour les remplir ; il va sans dire qu'il y a cohue et que , par mégarde ou avec intention , bien des cruches sont cassées; mais n'importe, bien habile qui persuaderait aux femmes de Toulon que l'eau qui coule des fontaines pendant la sonnerie des cloches n'est pas
bénite.
(Extr. du journal le Temps du 7 avril 1874.)
Les habitants du Morbihan assurent qu'il faut absolument jeter dans le feu l'ancienne eau bénite qu'on remplace le jour du Samedi-Saint par de la nouvelle.
A la Ville -de -la -Mer (Camargue), les jeunes gens donnent, le Samedi-Saint au soir, une sérénade, et le jour de Pâques, dans la matinée, ils passent avec des corbeilles ornées de rubans dans lesquelles les personnes fêtées s'empressent de déposer des œufs.
(Bard, la Camargue, Vienne, 1857, p. 53.)
lie jour de Pâques.
Dans le Pays messin, on assure que, le jour de Pâques quand le soleil se lève, c'est grande joie au ciel. Toutes sortes de couleurs y apparaissent ; ces couleurs sont celles des robes des anges qui dansent en signe d'allégresse. Le soleil danse lui-même.
Dans le Morbihan , les paysans qui s'abstiennent par économie de manger des œufs dans le courant de l'année, en mangent chacun une douzaine le jour de Pâques.
Dans les Landes , au temps de Pâques , les bergers se réunissent à un lieu convenu de leurs pâturages ; chacun d'eux apporte des œufs, du lard, etc., pour faire en plein air une omelette dont ils font un joyeux repas; ils appellent cette réunion faire la Pascade, mémorandum de la résurrection de Jésus -Christ.
(De Métivier, De l'agriculture et du défrichement des Landes, p. 433.)
Dans le Pays de Vaud, l'après-dînée de Pâques, garçons et fdles jouaient autrefois aux palets avec des ceps de vigne élastiques et tordus.
(J. Olivier, le Canton de Vaud, t. I, p. 390.)
lies Pâquerets.
En Normandie , après les fêtes de Pâques , les sacristains entreprennent une tournée dans les hameaux de leur paroisse pour opérer la rentrée d'une redevance annuelle , connue sous le nom de Pâquerets. Il est rare de voir les paysans s'affranchir de cet usage. — La redevance consiste généralement en œufs.
air de bourrée (Bourbon-Lancy , Saône-et- Loire), communiqué par M. Echégut.
Musette.
Mlegro vivace.
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Mon pe.tiot frè , re, ol est a . mou .reux,
Mou pe.tîot
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ol est a. mou reux,
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gueux, le pe.tiot dro.Ie!. ol est a -mou. reux le pe.tiot drol!. le pe.tiot gueux!
EONDBAU.
(pays messin.)
C'était une bonne dame De Pont-à-Mousson Qui fondait du beurre
Ma petite dondaine Dans un vieux chaudron, Ma petite dondon.
Qui fondait du beurre Dans un vieux chaudron.
Son chat qui la regarde,
Ma petite, dondaine, Avec attention, Ma petite dondon.
Son chat qui la regarde Avec attention ; Si tu y mets la patte, Ma petite dondaine, Tu auras du bâton, Ma petite dondon.
Si tu y mets la patte Tu auras du bâton.
Il n'y mit pas la patte, Ma petite dondaine , Mais il y mit son gron (') , Ma petite dondon.
Il n'y mit pas la patte , Mais il y mit son gron.
La dame, tout en colère ^ Ma petite dondaine , A tondu son minon, Ma petite dondon.
La dame, tout en colère, A tondu son rninon; L'en a bien eu la laine, Ma petite dondaine , De quatre-vingts moutons, Ma petite dondon.
L'en a bien eu la laine De quatre-vingts moutons, Et les dames du Pont (1), Ma petite dondaine, En ont eu des manchons , Ma petite dondon.
Et les dames du Pont En ont eu des manchons, Et les pères capucins, Ma petite dondaine, En ont eu des chaussons, Ma petite dondon.
Andante maestoso