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HAN

Nom que l'on donne dans le Bessin aux fantômes , revenants, etc. Avèpoû des hans; avoir peur des revenants.

Charles Joret.

BIBLIOGRAPHIE

Reinsberg-Duringsfeld (Le baron de). — Traditions et légendes de la Belgique. Descriptions des fêtes religieuses et civiles, usages, croyances et pratiques populaires des Belges anciens et modernes. Bruxelles, 1870, 2 vol. in-8°, iv-443 p. et 362 p.

Les événements de 1870 ont empêché le monde savant de prêter à cet ouvrage toute l'attention qu'il méritait , et on le voit rarement cité par les mythographes qui n'en connaissent probablement pas l'importance. C'est un vaste répertoire des traditions popul. de la Belgique sous forme de calendrier, c.-à-d. que l'auteur, prenant les jours de l'année les uns après les autres , résume les fêles et les usages qui s'y rapportent. Prenons par ex. le jour du 1" mai : le baron de R. parle des cérémonies que , de tout temps et dans tous les pays de l'Europe , on a célébrées et on célèbre encore en ce jour. Ainsi, en Brabant, on plante des mais devant la porte des personnes notables, dans les carrefours , etc. La plantation se fait à

(') Salamandre terrestre

minuit; le mai est brûlé solennellement un mois après. Dans différentes provinces on plante furtivement les mais devant les chambres des jeunes filles à marier. C'est aussi le jour où les enfants vont faire des quêtes ; on trouve dans le présent ouvrage des chansons flamandes relatives à cet usage. « A Liège, les jeunes filles se réunissaient autrefois le Ie' mai au moment du lever du soleil pour « lier le jonc » ; elles cheminaient vers les confins d'une vaste prairie , pour s'arrêter de préférence près d'un buisson d'églantier, protecteur du gazon destiné à leur opération mystérieuse. Chacune d'elles choisissait trois brins d'herbe dont elle coupait les extrémités pour leur donner la même longueur ; puis elle attachait à chacun de ces brins un fil de soie de couleur différente. Le noir représentait le célibat, le rouge l'amant inconnu, le vert l'objet des vœux secrets. Après dix jours d'attente, l'oracle se prononçait par celui des trois brins qui avait surpassé les deux autres en hauteur. » Nous ne rapporterons pas tout ce que l'auteur dit encore du 1='- mai. Constatons seulement que 17 pages bien remplies sont consacrées à ce seul jour. E. R.

Bibliografia dei vocabolari ne dialetti italiani raccolti e posseduti da Gaetano Romagnoli compilata da Alberto Bacchi délia Lega. Bologna, Romagnoli, 187G, in-8° de 99 p. Prix : 3 fr.

Dans cette bibliographie, M. B. décrit d'une façon détaillée une

collection de vocabulaires des différ. dial. de l'Italie , destinée à

être mise en vente. Parmi ces vocab. il en est qqs uns qui sont

en partie consacrés à la littér. popul. Tels sont les suivants :

Gab. Rosa. Dialetti, Costumi e tradizioni di Bergarao e

di Brescia. Sec. ediz. Bergamo, 1857. (A la fin du vol.

se trouvent qq. prov. — M. B. semble ignorer qu'il a

paru une 3e édit. de cet ouvrage en 1870.)

Giandomemco. La Pesca del Pesce ne' valli délia veneta

laguna Venezia, 1871. (Ce livre consacré au dial.

des pêcheurs de Chioggia (Vénétie), contient entre autres choses un essai sur les chants populaires de ce pays.)

Giov. Spano. Vocabol. sardo italiano... Cagliari, 1852. (Ce voc. contient une étude sur les prov. en général et sur les prov. sardes en particulier. )

M. Del Bono. Dizion. Sicil. ital... Palermo, 1754. (On

trouve dans ce Dict. une liste assez considérable de

prov. )

La liste des vocab. de dial. semble assez complète, surtout en ce qui concerne l'Italie moderne. On n'y trouve pas mentionnés les ouvrages suivants :

Bumaldi (G. A.) Vocabolista bolognese, in-12. Bologne,

1669. (M. B. en cite une édition, sans nom d'auteur,

de 1479.) Gagliardi (P.) Vocabol. bresciano e toscano, in -8".

Brescia, 1759.

Pappafava. (G.). Vocabolario Veneziano e Padovano,

co' termini e modi corrispondenti Toscani. Padova,

1796, in -4. E. R.

Fedor Demelic. Le Droit coutumier des Slaves méridionaux, d'après les recherches de M. J. Bogisic, 1 vol. in-8», 106 p. Paris, 1877. Prix : 4 fr. Les peuples Slaves du midi de l'Europe sont peut-être ceux chez qui les rites populaires se sont le mieux conservés. Un savant originaire deRaguse, M. Rogisic, aujourd'hui professeur de législation slave à l'Université d'Odessa , a entrepris depuis de longues années l'étude des coutumes et des rites juridiques du peuple serbo-croate. Dès 1867, M. Bogisic publiait dans une revue d'Agram, et répandait par milliers dans les pays serbes , croates et bulgares un questionnaire fort détaillé (il comprend plus de 300 questions), qui ouvrait une véritable enquête sur la vie juridique et coutumière des Slaves méridionaux. Ce questionnaire, rédigé avec une méthode excellente, peut être considéré comme un modèle du genre. Le résultat de ces recherches fut le grand ouvrage en langue serbo-

Chartres. — Edouard

croate : SbornLk sadasnih pravnih obicaja recueil des usages juridiques des Slaves méridionaux , publié en 1874 aux frais de l'Académie d'Agram. Cet ouvrage, qui forme un volume de près de 750 pages, était malheureusement resté jusqu'ici inaccessible au public de l'Occident. Durant un long séjour à Paris, l'auteur a eu l'occasion d'en faire connaître les parties principales à la Société de Législation comparée. Un de ses compatriotes , M. Demelic , a entrepris de résumer en français ce beau travail. La brochure que nous annonçons traite de la constitution de la famille et des rites qui accompagnent les grands événements de la vie domestique. Les pages consacrées au mariage ont notamment un intérêt tout particulier pour les lecteurs de Mélusine.

Louis Léger.

Stojan Novakovitch. Srpske Narodne Zagonetke. (Enigmes populaires Serbes.) 1 vol. in-8" de xxm- 282 pages, 1877. Pantchevo, imprimerie des frères lovanovitch.

L'auteur de ce volume, M. Stojan Novakovitch, ancien ministre de l'Instruction publique de la principauté de Serbie, a déjà publié un grand nombre de travaux estimés concernant l'histoire et la littérature des Slaves méridionaux. La littérature populaire joue chez eux un rôle beaucoup plus considérable que chez nous. Les chants épiques des yuzlars (ou rhapsodes) serbes ont été traduits dans toutes les langues de l'Europe. Dès 1821 , Vouk Slefanovitcli Karadjitch, l'éditeur des chants serbes, avait donné, à la suite de son recueil de contes , un certain nombre d'énigmes. Un grand nombre ont été publiées depuis dans des recueils périodiques. M. Novakovitch les a rassemblées depuis de longues années. 11 en a en outre recueilli un grand nombre de la bouche de ses compatriotes. Il les a distribuées par ordre alphabétique et indique pour chacune d'elles la source où il a puisé. Parmi ces énigmes , les unes sont en vers et constituent de véritables formulettes , les autres se présentent sous forme de questions et de réponses. Voici la traduction de quelques-unes :

Le père est en train de naître; le fils court dans la maison, (le feu et la fumée ) .

Tu l'entends et tu ne le vois pas (le vent).

Le soleil me cuit , la main m'écrase , le pied me foule , les lèvres me goûtent (le vin).

Le père ne va jamais à l'église et le fils tous les jours (le vin qui sert à la messe).

Elle n'a ni pieds , ni mains , ni corps , ni âme et elle court sur la terre comme un animal (l'eau).

J'ai une citrouille qui regarde, mange et parle (la tête).

Le tsar a envoyé à la tsarine douze pommes d'or : chacune a quatre quartiers : chaque quartier sept graines ( l'année , les mois , les semaines, les jours).

Mes épaules sont de bois, et mon ventre de peau (la guzla ou violon serbe).

Ventre de peau, épaules de bois, poils qui parlent (id. ).

Un petit point rouge détourne les passants de leur chemin ( une fraise).

Un champ blanc : une graine noire : sage est la tête qui a semé ( un livre ) .

Elle brûle et n'est pas du poivre , elle cuit et n'est pas du feu , elle pique et n'est pas un serpent (l'ortie).

Sans quoi Dieu lui-même ne peut-il pas être? (sans nom).

Sans quoi l'homme ne peut-il pas marcher? (sans ombre).

Pourquoi les brebis blanches font- elles plus de bruit que les noires? (parce qu'elles sont plus nombreuses).

Pourquoi l'homme demande- 1- il la femme et non la femme l'homme (par ce qu'il est bien aise de retrouver sa côte).

Nous arrêtons ici ces citations , nous réservant de revenir en temps et lieu sur cet excellent volume. Nous regrettons seulement que l'auteur n'y ait pas ajouté un index des mots populaires qui manquent dans le Dictionnaire de Karadjitch.

Louis Léger.

Le Gérant, EUGÈNE ROLLAND.

G ARMER, Imprimeur.

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