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DE QUELQUES ÉGLISES BATIES SUR DOLMENS

L'Église sur dolmen dont parle plus haut M. Luzel n'est pas un fait unique comme le croit notre savant ami, qui revendiquerait volontiers pour sa chère Bretagne le monopole du merveilleux. D'autres exemples de ce fait sont connus, sans compter ceux qui n'ont peut-être pas été encore notés.

M. James Fergusson, dans son ouvrage Rude Stone Monuments ( Londres, 1872), signale en Espagne deuxéglises bâties sur dolmens (p. 387).

La première est à Cangas de Onis, dans les Asturies, quarante milles à l'est d'Oviedo. Elle n'est pas précisément bâtie sur le dolmen même, mais sur un tuniulus qui contient un dolmen. L'église date probablement du X' nu Xp- siècle, et le dolmen lui servait de crypte. L'autorité de M. E. est Parcerisa Recuerdos g Bellezas de

(') De iitmia martyrum , I, 95. Voir Actû SS. 27 juillet, l>. 385 et suiv , 389 et suiv. « Passio quain , Syro quodam interprétante, in latinum transtuliinus. »

Espana, Asturias g Léon p. 30, où se trouve une petite gravure du monument. Si le dolmen n'avait encore été un objet de vénération à l'époque où l'on a bâti l'église, remarque justement M. F. , on l'eût démoli en établissant les fondations de l'édifice chrétien.

M. Tubino, dans un récent ouvrage sur les monuments mégalithiques de la Péninsule ibérique (Los aborigènes Ibericos o los Berèberes en la Peninsula, Madrid, 1874) mentionne le dolmen de Cangas de Onis (p. 64) et donne le nom de l'église construite au dessus, Santa Cruz de la Victoria. Un écrivain du XVIIe siècle, cité par M. T., parle de cette église et mentionne une espèce de cave dont les dévots grattaient la terre pour guérir leurs maladies, tenant cette cave pour la sépulture d'un corps saint. Cette cave est évidemment le dolmen-crypte. On y a récemment fait des fouilles, autant que faire se pouvait sans ébranler les fondations de l'église, et M. T. donne le résultat de ces fouilles.

L'autre monument, signalé par M. Fergusson, se trouve à Arrechinaga, à vingt-cinq milles de Bilbao, dans la province de Biscaye. « Dans l'ermitage de Saint-Michel, dit-il, un dolmen de dimension considérable est enclos dans les murs de ce qui semble une église toute moderne. Cette église pourtant peut en avoir remplacé une plus ancienne ; mais le fait que ces grandes pierres ont été adoptées par le christianisme, montre qu'elles devaient être regardées comme sacrées par les indigènes , au temps où les premiers chrétiens les enfermèrent dans leur édifice. » M. F. en donne un dessin, mais d'après une revue américaine, et celle-ci l'avait ellemême reproduit d'après un journal illustré français qui n'est pas nommé. — M. Tubino mentionne ce dolmen en passant, mais sans donner de détails (4).

Nous serions heureux qu'un de nos lecteurs d'outremonts nous fournît des détails précis sur ces dolmenséglises, et autant que possible avec des photographies ou des dessins.

M. Van der Elst, dans une étude sur les Dolmens (Annales de l'Académie d'Archéologie de Belgique, '1873, p. 780) , nous apprend que lorsque le dolmen de Jambes-lez-Namur , désigné par le nom de Pierre-au-Diable, fut détruit, il était contigu de temps immémorial à une chapelle de Notre-Dame.

H. Gàidoz.

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