LES JOURS DE LA SEMAINE
(conte de l'amiénois).
Une paysanne , en allant ramasser du bois mort dans la forêt, rencontra trois fées qui dansaient en rond
et chantaient :
Dimanche, lundi, Après mardi , Ensuite mercredi, Avec jeudi
Elle entra dans la danse et acheva leur refrain en disant :
Vendredi , samedi , La semaine est finie , Dieu l'a dit.
« Ce que tu feras demain matin en te levant, tu le feras toute la journée, lui dit une des fées, c'est la récompense que nous t'accordons pour avoir achevé notre chanson. » „
Le lendemain matin quand la paysanne se leva, elle ne pensait plus à ce que lui avaient dit les fées , lorsque son mari lui demanda deux sous pour aller hoire la goutte , elle mit la main dans sa poche et fut bien étonnée de la trouver pleine de gros sous. Depuis le matin jusqu'au soir , elle en tira de sa poche , et emprunta un boisseau à sa voisine pour pouvoir les compter. Celle-ci était curieuse ; elle voulut savoir quel usage on voulait faire de ce boisseau et mit quelque chose de gluant dans le fond. Quand il lui fut rendu, elle y trouva un gros sou qui y était resté collé et finit par arracher son secret à l'heureuse favorite des fées. Elle se rendit à son tour dans le bois des fées qui la firent danser et dont elle acheva le refrain. Il lui fut promis , à elle aussi , que ce qu'elle ferait le lendemain matin elle le ferait toute la journée. Revenue chez elle, elle glissa une pièce de dix sous dans sa poche , dans l'espérance d'en tirer quantité de semblables le lendemain. Mais hélas ! aussitôt qu'elle fut levée le matin , elle éprouva un grand besoin de faire c. . . et toute la journée elle ne fit que cela sans que rien pût l'en empêcher.
Conté le 10 mars 1877, par Amédée Dèbart, âgé de 52 ans, à Warloy-Baillon (Somme).
Henri Carnoy.
NOTE SUR LE CONTE : LES FÉES ET LES DEUX BOSSUS, PUBLIÉ DANS MELUSINE, COL. 413.
Aux rapprochements que j'ai faits entre le conte picard , Les Fées et les deux Bossus, et divers contes d'autres pays (Mil., n° 7, col. 161 seq. ), il faut ajouter un conte italien, recueilli à Rome par miss Busk et publié dans son livre The-Folk-lore of Rome (Londres, 1874) , p. 96. Dans ce conte, Les deux Frères bossus, assez altéré du reste, nous retrouvons la chanson des jours de la semaine.
Em. Cosquin.
Il faut également ajouter :
1° Un conte sicilien, n° 64 du recueil de M. Pitre Fiabe, Novelle, etc. Palerme, 1875 ; analysé par M. Ralston, dans le Fraser' 8 Magasine d'avril 1876, p. 432. A l'occasion du conte japonais donné par M. Mitford , .M. II. ajoute que M. Goodwin en a donné une version plus développée dans les mémoires d'une société savante du Japon , qu'il ne nomme pas.
2° Un conte breton Ann daou dort « les deux bossus » publié par M. Luzel (en breton) dans le premier et unique fascicule d'une Société de bardes bretons , fondée à Morlaix en 1869 et qui a vécu ce que vivent les roses, Breuriez Breiz-lzel, Morlaix, 1860, p. 56-58. Dans cette version, le second bossu est puni par les nains pour
avoir ajouté à la chanson un vers qui ne rime pas avec les précédents.
« Oh ! cela n'est pas bien ! cela ne va pas ! Notre chanson était si jolie auparavant, et elle ne l'est plus maintenant. Que lui fera-t-on?
— Mettons-lui la bosse de l'autre , dit l'un.
— C'est cela , mettons-lui la bosse de l'autre ! »
Ici les deux bossus étaient tailleurs : ils l'étaient également dans une autre version bretonne de ce conte publiée par M. Corentin Tranois, dans la Revue de Bretagne, 1833, t. II , p. 109; sous le titre de: Histoire de Coulommer et de Guilchand.
DICTIONNAIRE DES NOMS
DONNÉS AUX HABITANTS DES DIVERSES LOCALITÉS DE LA FRANCE
(Suite.)
Charolais, de Charolles, ch.-l. d'arr1, dép1 de Saôneet-Loire. « Le Charolais conduit son bétail au marché de Beaujeu. » (Hist. des villes de France, par Av. Guilbert. )
Chartrain ( ' ) , de Chartres, ch.-l. du dép1 d'Eure-et- Loir. « La froideur naturelle des Chartrains n'exclut ni le goût du travail ni l'activité industrielle. » (Hist. des villes de France, par Ar. Guilbert. )
Châtelleraudais , de Chatellerault , ch.-l. d'arr1, dép1 de la Vienne. « Les Châtelleraudais députèrent à la Cour Michel Béraud pour réclamer contre les modifications apportées àl'édit de Nantes. » (Chatellerault, par Em. de la Bédollière.)
Châtillonnais (2), de Chatillon-sur-Seine, ch.-l. d'arr', dép4 de la Côte-d'Or. « Louis XI permit aux Châtillonnais d'ajouter à leur écUsson trois fleurs de lys de France. » (Châtillon-sur-Seine , par Ch. Toubin.)
Châtrais, d'AnPAJON, ch.-l. de c011, arr1 de Corbeil, dép1 de Seine-et-Oise. On sait que l'ancien nom d'Arpajon était Châtres.
Chaudonnais (3), de Chaudon, eue, con de Nogent-le- Roi , arr1 de Dreux , dép' d'Eure-et-Loir.
Chaumontois (4 ) , de Chaumont, ch.-l. du dép1 delà Haute-Marne. « En 1190, Thibaut V, Comte de Champagne, donna aux Chaumontois la coutume de Lorris. » (Chaumont, par F. Bourquelot.)
Cherbourgeois , de Chebbourg, ch.-l. d'an-1, dép' de la Manche. « Cherbouraeois , pairs ;i harons. » (Ane. prov.)
Chiavarin, de Chiavari, cne de Coti, c0B de Sainte- Marie -et- Sieche, arr« d'Ajaccio, dép1 de la Corse. « Les fièvres chiavarines. »
(') Chartres, cne, c°n et arr1 de Rennes (Ille-et-Vilaine .
(2) H y a en France jusqu'à 37 autres communes du nom de Chatii.lon, dont les habitants portent cette même appellation.
(:î) Chaudon, c1"-, c" de IBarrême, arr1 de Digne ( liasses- Alpes).
('') Les habitants île trei/.e autres communes du nom de Chaumont portent la même appellation.
Chinonais C1), de Chinon, ch.-l. d'arr*, dép1 d'Indre-et- Loire. « A voir les mines épanouies de l'assistance, on reconnaît bien que les Chinonais se comportèrent en gens d'esprit. » (La Mosaïque, 1873.)
Chizerot, d'Ucmzi, cne, c°" deTournus, arr1 de Mâcon, dép* de Saône-et-Loire. « Les Chizerots, c'est le nom qu'on donne aux habitants d'Uchisi, ont l'air fier et rude, la physionomie spirituelle, les yeux noirs et vifs. » (France pittoresque , par A. Hugo.) Le vrai nom dé cette commune est le Ghizi.
Choletais , de Gholet, ch.-l. d'arr1, dép1 de Maine-et- Loire.
Cidevillien, de Cideville, c110, con d'Yerville, arr» d'Yvetôt, dép* de la Seine-Inférieure. « Les Limésiens ont pour eux la force du nombre, et cependant les Cidevilliens savent se tenir fermes devant eux. » (Blason popul. de la Normandie, par A. Ganel.)
Cinglais, de Cinoal, ham., ci,c de Moulines, con de Bretteville-sur-Laize , arr1 de F alaise , dép1 du Calvados.
Cistercien, de Citeaux, ham., c"c de Saint-Nicolas-lez- Giteaux, con de Nuits, arr1 de Beaune , dép1 de la Gôte-d'Or.
Clermontais, de Glermont-de-l'Hérault, ch.-l. de c<>", arr* de Lodève, dép1 de l'Hérault. « Biographie clermontaise. Histoire des hommes remarquables de Glermont-l'Hérault, par l'abbé A. D. »
Clermontois ('), de Glermont-Ferrand , ch.-l. du dép* du Puy-de-Dôme. « J'ai souvent partagé l'empressement des Clermontois à venir contempler du haut de la Poterne , le magique spectacle de la fête des Brandons. » (L'Auvergnat, par Alf. Legoyt.)
Clissonnais, de Clisson, ch.-l. de c°", arr1 de Nantes, dép1 de la Loire -Inférieure. « Les Clissonnais ont gardé le souvenir des somptueux tournois que François II donna à Antoinette de Villequier , sa maîtresse. » (Hist. des villes de France, par Ar. Guilbert.)