SECTION I. — SAURIENS
Les Sauriens sont des animaux rampants typiques dont les membres offrent tous les caractères qui ont été signalés plus haut pour cette forme. Comme on sait, leur ressemblance approchée avec certains Urodèles est purement extérieure et il ne serait pas besoin d’y insister, si nous ne devions appuyer sur des traits de la musculature, du squelette et de la cavité générale, qui n’ont guère été pris en considération pour les différencier de ces derniers,
La musculature des Sauriens n’a plus du tout gardé, au tronc, le caractère métamérique qu’elle conserve chez les Urodèles. Il n’y a plus de myoseptes isolant des segments très nets, et les muscles, au lieu d’avoir les attaches ligamenteuses fournies par les cloisons fibreuses métamériques, s’insèrent aux os. Au trone la différence entre l’épisome et l’hyposome s’est beaucoup accrue, ce dernier s’étant fortement développé dans le sens transversal et formant au-dessous de l’épisome un vaste sac viscéral dont la paroi musculaire présente, avec la ceinture pelvienne, de tout autres rapports que chez les Urodèles.
Les muscles épi-et hyposomatiques ne sont point séparés par la ligne nette du myosepte horizontal, et les premiers recouvrent plus largement les seconds du côté dorsal, à cause des languettes du muscle ilio-costal qui s’écartent latéralement pour s'attacher aux côtes (H. VaLrorsi. Sur une coupe transversale du tronc, l’hyposome ne continue point régulièrement la courbe de l’épisome, comme il le fait encore chez les
Urodèles, mais s’élargit fortement, surtout dans la portion moyenne du tronc. Aussi les côtes libres sont-elles très écartées de la ligne médiane et presque horizontales dans la majorité des Sauriens, dont le corps est aplati dorso-ventralement. Chez certains, comme les [gua-
F1G. 22. — Squelette naturel de Varan, ou de profil, pour montrer l’aplatissement dorso-ventral du corps et l'orientation horizontale des membres.
nes, le corps est au contraire comprimé latéralement, mais cela n’empêche pas que l’hyposome présente, par rapport à l’épisome, un contraste heaucoup plus marqué que chez les Urodèles. Au niveau du bassin l’hyposome se resserre beaucoup pour se continuer régulièrement avec la queue dont la largeur, à la base, est très grande. Dans la queue les muscles reprennent une disposition métamérique, l’épisome et l’hyposome sont égaux et sont séparés l’un de l’autre par un myosepte horizontal.
La contraction que subit l’hyposome au niveau du bassin amène une disposition curieuse de l’attache de la jambe qui est située beaucoup plus dorsalement que celle des Urodèles. En effet chez ceux-e1 le bord supérieur de la cuisse est assez largement séparé du myosepte horizontal courant le long du tronc et de la queue, à cause du développement dans le sens ventral de la côte sacrée qui descend au moins jusqu’à la moitié des flancs. Dans les Sauriens au contraire, le bord dorsal de la cuisse est presque au niveau de la colonne vertébrale et du myosepte horizontal de la queue, (voir fig. 27) parce que, comme on le verra, la côte sacrée qui porte le bassin est rigoureusement horizontale au lieu de se courber ventralement.
D'autre part les Sauriens, comme tous les Amniotes, ont un véritable cou, c’est-à-dire non pas un rétrécissement plus ou moins marqué entre la tête et le tronc, mais une région anatomique distincte des autres par le fait que le cœlome n’y pénètre Jamais et qu’elle forme ainsi, entre l’hyoïde et la cavité générale, un segment du corps contrastant avec les dispositions observées chez les Amphibiens où le cœlome s'étend toujours jusqu’à l’appareail hyoïdien. On trouvera plus loin quelques données plus précises sur la formation et Sur la structure du cou ; pour
le moment il suffit d’avoir indiqué, comme on l’a fait aussi pour les muscles, les points les plus saillants de leurs dispositions spéciales.