‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 14 sur 83 · I. CEINTURE PELVIENNE · texte numérisé non relu

I. CEINTURE PELVIENNE

Le bassin comprend les trois pièces typiques qui se réunissent autour de la cavité cotyloïde. L’ilion n’est plus une simple baguette osseuse n’atteignant pas la colonne vertébrale dont elle reste assez éloignée, comme chez les Urodèles. C’est une pièce importante, dirigée d’avant en arrière et de bas en haut, et qui comprend une partie cotylaire élargie, surmontée d’un col qui se continue dans une apophyse dirigée presque horizontalement en arrière et qui s'appuie sur deux larges côtes sacrées. Ces dernières partent directement du corps de la vertèbre et ne sont point portées par une apophyse transverse bien développée, comme e sont celles des Urodèles. Les côtes sacrées s'unissent par des ligaments très forts avec la partie tout à fait postérieure de l’ilion, de sorte que toute la partie ven- Fiç. 23. — Ceinture pelvienne de {rale du bassin est située en avant de

Tupinambis, face latérale. : < x se HA fe tiR ta de Pie AC l'articulation sacro-iliaque, le bord posté-

cette ischiatique ; — f. p. e., fosse rieur de l’ischion répondant à peu près à

pelviennereriernes"7- pub tete TS Crérmeremvertebletsacrecs (ben 2n)

pubienne ; — xl., ilion ; — :sch.,

ischion : — p., pubis; — s. p.i, La portion de lilion située au-dessous

one pe due; — E».9: de son col a une forme triangulaire, elle

est creusée sur sa face externe d’une cavité qui se continue vers le bas avec la cavité cotyloïde et que l’on confond souvent à tort avec celle-c1. En effet la cavité cotyloïde est beaucoup plus limitée que la grande fosse située à la face externe du bassin au point de réunion des trois os, et qui mérite le nom de fosse pelvienne externe. (f. p. e. fig. 23). Cette fosse comprend deux parties bien distinctes : l’une supérieure appartenant à lilion et qui n’est pas articulaire, l’autre inférieure, entièrement articulaire, qui appartient principalement au pubis et à l’ischion et qui répond à la cavité cotyloïde proprement dite. Celle-ci a une forme ovale à grand axe horizontal ou un peu incliné d’arrière en avant et de haut en bas. Elle est formée par trois facettes articulaires,

revêtues de cartilage, fournies l’une par le pubis, l’autre par l’ischion, et la troisième, beaucoup plus petite, par lilion. Toute la partie de la fosse pelvienne située au-dessus de cette petite facette articulaire de l'ion ne participe pas à la formation de la cavité articulaire, elle n’est point tapissée de cartilage, mais rugueuse, et percée de petits trous ; elle présente, en outre, à sa partie supérieure, une dépression marquée servant à l’attache d’un ligament pour le fémur. La distinction des deux parties de la fosse pelvienne est très facile à faire sur le frais et même sur le squelette lorsque l'attention est prévenue. Elle est capitale et il faut bien se rappeler que la portion supérieure de cette fosse n’est jamais, sur le vivant, en rapport avec la tête articulaire du fémur qui reste toujours en contact exclusivement avec la cavité articulaire, contrairemené à ce qui montrent les squelettes mal montés. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce

crarual

Caudal point important. Le col de

de < ; 16. 24. — Bassin d'U stt C ale.

l'ilion étant court et la portion ; A : s ; cot., cotyle ; — c. s.1, première côte sacrée ; — dorsale de los étant horizon- c. s.?, deuxième côte sacrée ; — 6. pect., épine tale. l’acétabulum est un peu pectinée ; — f. P.e., fosse pelvienne externe ; — | : Dole] l il, ion ; — 1sch., ischion ; — /. m., ligament plus rapprocneé de la COIONNE moyen ; — L. p. s., ligament pubo-sciatique ; — vertébrale que du rlancher pel- p., pubis ; — t. isch., {tubérosité ischiatique ; — t. n. o., trou du nerf obturateur ; — #. o., trou

vien et la portion iliaque du sbturateur.

bassin est assez restreinte.

La plaque pubo-ischiale est ici remplacée par deux lames, l’une antérieure ou pubis, l’autre postérieure ou ischion, qui encerclent la cavité abdominale, et comprennent chacune deux parties : une portion descendante et une portion horizontale allant au devant de sa similaire du côté opposé pour former avec elle une symphyse (fig. 25). Les branches descendantes du pubis et de l’ischion s’écartent l’une de l’autre d’une quantité à peu près égale par rapport à une perpendiculaire descendant de l’acétabulum et dessinent comme les deux côtés d’un triangle isocèle. Cette disposition est très caractéristique du bassin des Sauriens, elle est sans doute liée à la grande étendue de l’are décrit par le fémur dans le plan horizontal, et qui atteint près de 1800, Ces mouvements exigent en effet

que l’acétabulum corresponde à peu près au milieu de la plaque pelvienne, comme cela s’observe en réalité, bien que dans la figure 24, à cause de la perspective choisie, 1! semble beaucoup plus près du bord postérieur de cette plaque.

Au niveau du point où sa branche descendante passe dans sa branche horizontale, le pubis porte une apophyse saillante, l’épine latérale, qui est appelée parfois apophyse prépubienne. Cette dénomination doit ôtre rejetée comme pouvant donner lieu à une confusion avec le prépubis qui est tout autre chose. C’est pourquoi nous appelerons cette apophyse l’épine pectinée. La branche horizontale du pubis est une lame dirigée en avant et en dedans et présentant deux faces : l’une qui regarde en haut, en dehors et en il. cs. cs. avant, répond à la face dorsale du plancher pelvien; lautre tournée en bas et en arrière fait partie de la face ventrale de ce rie qudet plancher (voy. fig. 26). La sym-

$ physe pubienne se fait sous un angle variable, à sinus postérieur, assez aigu chez le Lézard, beaucoup plus large et assez voisin de deux droits, dans la plupart des autres Sauriens. Le

cot., Ccotyle ; s.1, première côte sacrée; — | :

ce. s.?, deuxième côte sacrée ; — f. p. e., fosse plan de la symphyse pubienne,

pelvienne externe; — il., ilion; — isch.,ischion; et du reste de toute la branche

learn MERE Pa PS 5 horizontale du pubis, est tou-

jours bien au-dessus de celui de

l’ischion, de sorte que l’orifice antérieur du bassin est plus étroit que son orifice postérieur (fig. 25).

L'ischion forme avec celui du côté opposé une large ceinture, concave dorsalement, et qui entoure la partie postérieure de la cavité viscérale. Le plan de cette ceinture ne coïncide pas d’ailleurs avec celui de la paroi abdominale, mais se relève en avant au-dessus de eette dernière dont 1} est indépendant. Seule la partie médiane du bord caudal de l’ischion est au niveau de la paroi abdominale qui s’y attache. Les deux ischions forment une large symphyse, souvent prolongée, du côté caudal, par un cartilage ou un os distinet (os cloacal). Le bord caudal de l’ischion présente une apophyse correspondant à l’épine pectinée et située comme celle-ci, au point où la branche descendante passe dans l’horizontale, c’est É tubérosité ischiatique.

Entre les deux symphyses, pubienne et ischiatique, se trouve un large

LL tsch.

Fe isch

Lim.

Fi. 25. — Bassin d'Uromastix, face latérale.

espace divisé en deux moitiés égales par un ligament sagittal étendu entre elles (ligament moyen du pelvis). Chacune de ces moïitiés a souvent été considérée comme un trou obturateur, et cette expression peut être conservée, bien qu’elle soit fausse en un certain sens puisque le nerf obturateur ne passe pas par ce trou, mais dans un canal étroit creusé dans la branche descendante du pubis (Gerskr). Mais comme le mot trou obturateur désigne partout l’espace qui sépare le pubis de lPischion, on peut le conserver 1e.

Pour rendre le bassin des Sauriens pareil à ht des Urodèles on admet parfois qu'il suffirait d’élargir considérablement le trou nerveux qui perfore la plaque pubo-ischiale de ces derniers, ce qui séparerait nettement le pubis de l'ischion et remplacerait la plaque continue par les deux symphyses ; mais les choses ne sont pas aussi simples. D'abord la forme du bassin est un peu différente, l’acétabulum est placé plus haut que chez les Urodèles, la partie iliaque du bassin est relativement moins grande que chez ces mêmes animaux, tandis que sa partie souscotyloïdienne est plus développée ; mais en outre, et c’est Là un fait capital, les rapports des museles de l’abdomen avec les symphyses sont tout autres que chez les Urodèles.

D'abord la symphyse pubienne ne sert point du tout à l'insertion des muscles abdominaux, mais elle est placée dorsalement à eux. Ils passent

mL. D. ML L. per.

F1G. 26. —- Coupe parasagittale de la cavilé abdominale d’un Lézard. Schéma.

cav. pisc., cavité viscérale ; — 1sch., ischion ; — f., foie ; — m. d., muscles dorsaux de la plaque pelvienne ; — m. 0., membrane obturatrice ; — m. »., muscles ventraux de la plaque pelvienne ; — p., pubis ; — pér., péritoine. Au-dessous du péritoine ventral les muscles de l’abdomen, attachés à l’ischion. <

librement sur son côté ventral, sans s’y attacher (fig, 26). Les muscles abdominaux ne s’attachent même pas au bord cranial de la symphyse ischiatique comme cela devrait être si l’ischion représentait un puboischion ainsi que le pensait FüRBRINGER, mais ils glissent sur la majeure partie de la plaque ischiale pour s’insérer seulement à la partie médiane de son bord postérieur.

Il faut donc admettre que les lames osseuses représentant le plancher pelvien chez les Sauriens, c’est-à-dire les lames symphysaires, se sont libérées de la paroi abdominale au côté dorsal de laqueile elles sont maintenant placées. Seul le bord caudal de l’ischion, et dans son milieu seulement, peut être considéré comme partie intégrante de cette parot.

Corrélativement à cette disposition une grande partie de la musculature abdominale s'attache, en arrière, à une formation nouvelle qui n'existait pas chez les Urodèles, le ligament pubo-sciatique (fig. 24 et 28). Ce ligament joue le rôle que reniplit chez nous l’arcade crurale, mais ilne répond pas exactement à cette dernière car ses insertions sont différentes (pubo-sciatiques et nonilio-pubiennes), et de plus, à cause de son attache postérieure à l’ischion, il est amené à donner insertion à une partie des fibres du groupe des ischio-tibiaux, ce qui le distingue encore de l’arcade crurale. Le ligament pabo-sciatique se continue en arrière dans un autre ligament tendu entre l’ischion et l’extrémité caudale de l'ion (Hgament 110o-scratique, fig. 28).

Il est impossible de dire comment s’est opérée la différenciation de la paroi abdominale qui a amené la séparation de la plaque pelvienne et des mus'les abdominaux ; mais on peut supposer que la branche horizontale du pubis ne répond en rien au pubis des Urodèles, qu’elle est une apophyse néoformée, née sur la branche descendante du pubhis, et qui s’est dirigée en dedans en restant toujours en dessus des muscles de l’abdomen et en soulevant le péritoine pour s’en recouvrir. La formation de cette apophyse a pour but de fournir des attaches aux muscles de Ja cuisse. Sa symphyse est liée soit à un simple allongement en rapport avec l’étendue des insertions musculaires et qui l’a conduite à rejoindre sa congénère, soit à la nécessité de former un arc-boutant antérieur à la ceinture pelvienne pour résister à la poussée du membre postérieur qui tendrait à faire basculer la ceinture en dedans et en avant, la cavité cotyloïde, point d'application de cette poussée, se trouvant en avant de l’attache de l’ilion aux côtes sacrées. Toutefois chez les animaux à symphyse pubienne très angulaire, comme les Lézards, cette fonction d’arc-boutant serait assez mal remplie, et il est très possible que, même chez les autres Reptiles, elle soit aussi très subordonnée. En tout cas la symphyse pubienne ne paraît jamais avoir chez ces animaux un rôle de soutien, d'appui ventral des deux moitiés du bassin comparable-à celui qu’elle joue chez les Mammifères.

Pour lischion on peut admettre que son bord caudal répond bien à celui des Urodèles, puisqu'il se trouve comme lui sur le trajet des muscles pariétaux qu’il divise en abdominaux en avant et en ischio-caudaux en arrière ; mais la majeure partie de la lame horizontale de l’ischion s’est

dégagée de la paroi abdominale pour faire saillie au-dessus d’elle, laissant passer en dessous les muscles abdominaux devenus ainsi plus libres et plus indépendants. Ainsi les deux branches horizontales du pelvis ne peuvent pas être considérées comme des portions de la ceinture urodélique séparées par la formation d’un trou obturateur, mais elles doivent leur origine à un accroissement particulier, localisé, de certains points du pubis et de l’ischion, c’est-à-dire à la formation d’une apophyse transversale née de la branche descendante du pubis, et d’une lame saillante supra-pariétale, issue du bord caudal de l’ischion.

Museles. — Les rapports du bassin avec les muscles du tronc se ressentent forcément de la disparition de la métamérie musculaire en avant de la queue. Il n’est plus possible de localiser la moitié dorsale de l’anneau pelvien dans le dernier myomère du tronc comme c'était le cas chez les Urodèles, ni de préciser sur combien de myomères il s'étend, bien que la présence de deux vertèbres sacrées articulées avec l’ilion indique que ce nombre est de deux au moins.

En dehors de ce fait nouveau qui témoigne de l'importance prise par la pièce dorsale de la ceinture, les dispositions de la musculature présentent à la fois des traits communs avec celle des Urodèles et des traits tout à fait particuliers. On a déjà vu ces derniers à propos de l’attache des muscles abdominaux à la paroi pelvienne, attache qui ne se fait aucunement sur le pubis. Du côté dorsal du bassin les différences sont moins grandes et se réduisent à une séparation plus nette de certains groupes de fibres musculaires (carré des lombes). L’oblique externe vient s’insérer comme chez les Urodèles à l’épine pectinée et forme ainsi la limite de l’anneau crural dans la partie inférieure et ventrale de ce dernier. La partie dorsale de cet anneau s’étend assez loin en arrière, ce qui tient à l’obliquité de l’ilion dans le même sens, et a pour pilier postérieur l’attache du carré des lombes à l’extrémité craniale de l’apophyse horizontale de l’ihon De là les fibres musculaires du carré se portent en dehors et vont passer sous l’oblique externe en formant la plus grande partie du bord supérieur de l’anneau crural. Un petit triangle curviligne de tissu fibreux comble l’angle droit formé par l’entrecroisement des fibres de l’oblique externe et de celles du carré des lombes et arrondit la partie moyenne de l’anneau crural (fig. 27). Ce dernier est beaucoup plus étendu, toutes choses égales d’ailleurs, que chez les Ürodèles, ce qui s’explique par l’obliquité plus grande de l’ilion et parce que la face dorsale du pubis n’est pas horizontale, mais regarde presque directement en avant, étendant beaucoup par cela même du côté cranial les attaches des muscles dorsaux de la plaque pelvienne.

Certains auteurs admettent que chez les Lézards l’oblique externe après s’être attaché à l’épine pectinée envoie en arrière et dorsalement un faisceau qui va s'attacher à l’extrémité antérieure de l’ilion, et qui par conséquent forme le bord de l’arcade crurale sur toute la longueur.

Les muscles de la queue sont disposés grossièrement à leur surface comme chez les Urodèles, mais leurs divers faisceaux sont mieux indi-

cl LT

pLf L

Lil.se.

Lo c.cr.

‘ cranial

0b.em::.2

dr. abd..--- Lp.se. pt.

F1G. 27. — Région pelvienne et racine du membre postérieur chez le Lézard ocellé, face latérale.

amb., ambiens ; — c. cr., caudo-cruraux ; — cl., carré lombaire ; — dr. abd., droit de l’abdomen ; — 4l., ilion ; — ol. t., ilio-tibial ; — Z. xl. sc., ligament ilio-sciatique ; — L. p. sc., ligament pubo-sciatique ; — ob. ex., oblique externe ; — p. 1. f. 1, pubo-ischio-fémoral interne ; — p.t., pubo-tibial.

vidualisés et la réduction de hauteur de l'hyposome signalée à propos du squelette pelvien, change aussi un peu leur aspect. Le myosepte horizontal arrivant au niveau du bord supérieur de lion, 1l n’y a plus cette large bande musculaire formée par le premier myomère caudal et étendue sur toute la hauteur de l’anneau squelettique (côte sacrée et ilion) sans qu'il soit possible d’y reconnaitre des faisceaux distincts. Mais la portion supérieure des muscles superficiels de la queue, située au-dessus des caudo-cruraux, est beaucoup plus étroite et vient se terminer sur l'ion par une mince languette constituant le muscle ilio-caudal. La fente par laquelle sortent les muscles caudo-cruraux est moins étroite, si bien que son angle postérieur est fort ouvert et dessine à la surface de la queue un V très marqué. En un mot dans la moitié ventrale de la queue, comme l’indiquent les descriptions classiques, la couche des muscles superficiels entourant les muscles centraux, qui forment les caudo-cruraux, se subdivise avant d’arriver au bassin, en trois languettes : une dorsale qui va à l’ilion (m. ilio-caudal), une moyenne, sise en dessous des muscles caudo-cruraux, qui va à l’ischion (m. ischio-caudal), et une inférieure

qui se porte autour de l’orifice cloacal auquel elle donne une partie de sa musculature. |

Comme chez les Urodèles il se forme en arrière de l'ion un interstice permettant de passer de l’intérieur de la cavité somatique à l’extérieur, c’est l’interstice caudo-crural par lequel passe également l'artère principale du membre (artère fémorale).

Les muscles allant du bassin à la racine du membre ont au fond les mêmes dispositions que chez les Urodèles, mais ils se sont différenciés en faisceaux plus nombreux.

FIG. 28. — Muscles de l'abdomen et racine du membre postérieur chez le Lézard ocellé, face ventrale.

amb., ambiens ; — dr. a., droit antérieur; — xl. t., ilio-tibial ; — Z. «l. se., ligament ilio-sciatique ; — L. p. sc., ligament pubo-sciatique ; — m. hyp., muscle hypo-sciatique ; — ob. ex., oblique.externe ; — p. &. f. i., pubo-ilio-fémoral interne ; — p. à. t., pubo-ischio-tibial" — p.t., pubo-tibial.

A la face ventrale du bassin, des deux muscles superficiels, le pubotibial est resté le même, et forme l’adducteur antérieur de PERRIN, tandis que le pubo-ischio tibial s’est subdivisé en plusieurs faisceaux qui constituent pour PERRIN autant de muscles distincts : adducteur moyen du tibia, add. postérieur du tibia, fléchisseur du tibia et fléchisseur de la jambe. Tous ces muscles se portent de l’anneau ligamenteux péri-crural, formé par la réunion des ligaments pubo-sciatique et iliosciatique, au côté interne de la tête du tibia et dans le creux poplité. Ils ont presque entièrement perdu les insertions osseuses du muscle

dont ils dérivent pour s'attacher presque exclusivement à l’anneau ligamenteux péri-crural. Seul le fléchisseur de la jambe prend insertion sur l’os, sur la face ventrale de la tubérosité sciatique.

Plus profondément le pubo-ischio-fémoral externe a subi aussi quelques modifications. Sa partie la plus craniale qui, chez les Urodèles, formait simplement la portion protractrice du muscle attachée au fémur, s’étend ici jusqu’au tibia, dans le creux poplité, et constitue le m. rotateur tibial de Perrin. Le reste du muscle donne d’abord un adducteur médial du fémur, plus superficiel, qui s’attache à la symphyse ischiatique et à la crête fémorale, distalement au trochanter, puis un fléchisseur du fémur, plus profond, qui s’insère à la plaque horizontale du pubis et à celle de l’ischion d’une part, puis au trochanter fémoral d'autre part.

Tous ces muscles de la paroi ventrale du pelvis sont, comme ceux dont ils dérivent, protracteurs ou rétracteurs du fémur et de la jambe, et servent en même temps à maintenir horizontal le fémur.

Il y a en outre à la face ventrale du bassin chez les Sauriens un muscle particulier, qui mérite d’attirer l'attention parce que, lorsqu'il existe, 1l est très caractéristique des Sauropsidés et ne se trouve que chez eux. C’est le muscle nommé ambiens (entourant [le genou]) par SäûNDEWALL. Ce muscle (fig. 27 et 28), est représenté chez les Sauriens par un faisceau né sur la branche descendante du pubis, immédiatement en avant de lPacétabulum., et par conséquent, situé plus profondément, lorsqu'on regarde par la face ventrale, que le pubo-tibial ou adducteur antérieur du tibia (PERRIN). L’ambiers va se jeter sur l’aponévrose rotulienne du côté tibial; à cause de cela Perrin le regarde simplement comme la tête interne du quadriceps fémoral ,mais il vaut mieux le distinguer de ce muscle à qui il donnerait un second faisceau pelvien si l’on persistait à le regarder comme lui appartenant, tandis qu'il n’en possède qu'un, celui du droit antérieur (ilio-extensorius). Chez les Sauriens le muscle ambiens s'arrête sur l’aponévrose du genou et se comporte par conséquent vis-à-vis de celle-ci à peu près comme le muscle couturier chez les Mammifères, mais chez les Crocodiles et chez les Oiseaux qui le possèdent, son tendon passant transversalement au devant de la rotule, dans une gaine fibreuse propre, arrive sur le bord péronéal de la jambe et de là se continue chez les Crocodiles avec le muscle péronier postérieur qui passe en partie dans le gastrocnémien et par lui dans l’aponévrose plantaire, tandis que chez les Oiseaux il se fusionne avec les fibres musculaires du fléchisseur superficiel des doigts auquel il ajoute son action et aussi la traction produite sur lui par la fermeture de langle poplité lorsque la jambe se rapproche de la cuisse comme dans le percher au repos.

Sur la face dorsale de la plaque pelvienne la complication de l’état urodélique est beaucoup moins grande et le pubo-ischio fémoral interne se subdivise seulement en un extenseur du fémur qui va au trochanter, en un rotateur direct et un rotateur accessoire, qui s’attachent à la face péronéale du fémur au-dessus du trochanter.

Tous ces muscles sont essentiellement protracteurs, à cause de leur réflexion sur le bord cranial du bassin, et ils y ajoutent un pouvoir rotateur plus ou moins grand, suivant la position préalable de la jambe. Comme chez les Urodèles il y a un 1schio-fémoral.

L'ilion donne naissance aux mêmes muscles que chez les Urodèles, mais ces muscles, loin d’être placés au voisinage même de la plaque pelvienne, et en partie attachés à cette dernière; comme d’ilio-fémoral, s’insèrent tous sur la crête sacrée de l’ilion, donc au sommet de ce dernier. L’ilio-extensorius ou droit antérieur se présente comme chez les Urodèles avec deux chefs séparés sur l’ilion : l’un dorsal, qui suit la face dorsale ou d’extension du fémur et vient s’attacher à l’aponévrose du genou, l’autre, situé en arrière du précédent à son attache iliaque, et qui suit son bord externe ou péronéal pour venir se continuer comme lui dans l’aponévrose du genou. À ces deux chefs s’ajoute, comme acquisition nouvelle, un large faisceau fémoral qui, né sur la face d’extension du fémur et les parties adjacentes de ses faces latérales, répond aux m. vastes des Mammifères, est situé sous les précédents, et vient se jeter dans la face profonde de l’aponévrose du genou. A ces trois chefs de Pilio-extenseur PERRIN en ajoute un quatrième, qu’il appelle son chef interne, et qui n’est autre chose que l’ambiens..

Les muscles caudo-cruraux n’offrent rien de particulier, sinon leur développement qui est considérable. Le supérieur ou dorsal, qui vient s’attacher à la moitié proximale de la face de flexion du fémur, envoie un tendon externe à la tête du tibia ; lPinférieur ou ventral, qui s'insère à côté du précédent sur l’os de la cuisse, se continue en partie dans le pubo-ischio-tibial, en partie dans le gastrocnémien, et va par lui jusqu’à l’aponévrose plantaire comme il le faisait chez les Urodèles.

Rapports du bassin avec le tronc et avec le cœlome. — Le bassin des Sauriens est beaucoup plus nettement dégagé de la musculature du tronc que chez les Urodèles, et il n’est plus en rapport avec elle que par son bord postérieur ou caudal qui forme seul la limite entre le tronc et la queue. En effet la majeure partie de la plaque pelvienne est placée au-dessus de la paroi musculaire du tronc qui passe librement au-dessus d'elle. D'autre part l’ilion, au lieu d’être contenu dans les limites d’un

métamère, les dépasse et s’étend, au niveau de son articulation sacrée, sur deux métamères.

La cavité viscérale s'étend, comme chez les Urodèles, en arrière du bassin, formant deux culs-de-sac placés de chaque côté de lintestin terminal et assez vastes pour contenir une partie du rein. Ce prolongement du cœlome au-delà de l’ischién est un caractère réservé aux Vertébrés inférieurs et qui ne s’observe jamais chez les Mammifères. C’est un trait de structure particulier, en corrélation avec un certain nombre d’autres conditions anatomiques, et notamment : 10 avec la continuation directe et sans ressaut du tronc et de la queue qui garde tout d’abord les mêmes dimensions que ce dernier ; 20 avec la constitution de l’intestin terminal qui forme un véritable cloaque, c’est-à-dire un réservoir Commun à travers lequel passent successivement et sans s’y mélanger, les produits de la digestion et ceux des glandes génitales ; 30 enfin avec la participation si large des muscles caudaux aux fonctions de la cuisse, la présence de la cavité générale à la racine de la queue rejetant forcément sur les côtés les muscles centraux de cette dernière et les amenant ainsi dans la place même qu'ils doivent occuper pour passer aisément à la cuisse.

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