‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 27 sur 83 · ARTICLE I. — DINOSAURIENS · texte numérisé non relu

ARTICLE I. — DINOSAURIENS

Les Dinosauriens forment un groupe extrêmement important, de la valeur d’une sous-classe, riche en formes et dont on connaît assez de restes pour pouvoir faire une comparaison suffisante de leur structure avec celle des autres Sauropsidés.

Bien que leurs différents types soient bien distincts et séparés les uns

des autres par des caractèrex très importants, la communauté de l'allure

dressée qu'ils offrent tous a entraîné dans l’appareil locomoteur des ressemb'ances assez grandes pour qu'il soit possible de l’envisager seulement dans les principaux types sans entrer dans des descriptions particulières.

Ceinture pelvienne. — Le bassin des Dinosauriens se présente sous deux formes bien différentes : premièrement avec une structure assez voisine de celle observée chez les Sauriens, secondement avec une disposition rapprochée de celle des Oiseaux.

Le premier mode se rencontre chez les Sauropodes et chez les Théropodes réunis pour cela sous le nom de Saurischiens, le second se trouve chez les Ornithopodes, les Stégosauridés et les Cératopsidés, réunis sous le nom d’Ornithischiens.

a) Saurischiens. — Chez ces animaux le bassin comporte toujours deux branches ventrales, pubis et ischion, réunies chacune à sa similaire sur la ligne médiane par une symphyse et s’écartant à peu près également de la verticale abaissée de l’acétabulum sur le sol, de manière à former comme les côtés d’un triangle isocèle, ainsi qu’elles le font chez les Sauriens. Toutefois ce triangle est beaucoup plus haut que chez ces derniers, c’est-à-dire que les branches descendantes du pubis et de l’ischions ont beaucoup plus longues, donnant à la partie sous-cotyloïdienne du bassin une plus grande hauteur (fig. 56).

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Fire S6

— Prontosaurus excelsus, restauré d’après Marsn (emprunté à ZITTEL).

Type de Saurischien quadrupède.

Les symphyses sont étroites bien qu’elles portent souvent, chez les

MEMPFRES ET CEINTURES LE3 VERTÉ!IRÉ;

Théropodes, un yrolongement qui semble destiné à fournir un point d'appui sur lequel l’animal faisait reposer son corps, pendant le stationnement, ainsi qu'on peut le penser d’après certaines empreintes laissées sur le sol. |

Chez les Sauropodes la symphyse pubienne est formée par la rencontre, sous un angle assez aigu, des extrémités distales du pubis, renflées en fortes tubérosités et quine s'affrontent que par une surface étroite.

La symphyse ischiale est aussi relativement beaucoup plus étroite que chez les Sauriens et les Crocodiles.

Cette disposition est tout à fait différente de celle des Sauriens, en ce sens qu'elle donne un plancher pelvien très réduit par rapport à celui de ces derniers. Mais il y a en outre entre ces deux

F1G. 57. —- Bassin de Morosaurus grandis (Marsh) à à ù ou d'en avant, d’après ZITTEL. bassins d’autres difféa., première vertèbre sacrée ; — b. c.e., côtes sacrées ; — rences. Le bord cranial il, ilion ; — isch., ischion ; — n. c., canal neural; — , . t vel p. b., pubis ; — p., dernière vertèbre sacrée. épais er Tugueux «de la

/ symphyse pubienne chez les Sauropodes donne sans doute attache aux muscles abdominaux, la paroi abdominale se termine à leur niveau et le cœlome ne se poursuit en arrière que sous la forme de culs-de-sac plus ou moins réduits. La cavité abdominale est donc dans ce cas beaucoup moins développée, toutes choses égales d’ailleurs que dans les Ornithischiens. Chez les Saurischiens, quelle que soit leur allure, quadrupède à membres dressés (fig. 56) ou bipède (fig. 62), la même forme de bassin se rencontre.

Dans les deux cas le bassin présente les différences suivantes avec celui des Sauriens : l’ilion, aplati latéralement, s’élargit dans sa partie dorsale de manière à présenter une partie préacétabulaire, et une partie postacétabulaire, cette dernière généralement plus développée, surtout chez les bipèdes. Cet élargissement de l’ilion est en rapport avec l’attache de cet os a un plus grand nombre de vertèbres sacrées (de trois à sept), ce qui donne une bien plus grande solidité au bassin et lui permet de résister à la lourde charge qu’il supporte, le poids du corps se faisant

sentir beaucoup plus énergiquement sur le bassin lorsque les membres dressés soulèvent le corps au-dessus du sol que dans la marche rampante.

A cause de la saillie prononcée des parties pré-et postacétabulaire, il y à un col de lihon, mais 1l est très court et constitue plutôt un étranglement qu’un col véritable ; lacétabulum est placé très haut, son fond est perforé sur le squelette see. La portion iliaque du bassin a une hauteur très faible ; sa portion ventrale est au contraire fortement développée au moins pour ce qui regarde la longueur des branches descendantes du pubis et de l’ischion, car le plancher pelvien est plus faible, plus réduit transversalement et ne forme point un plan osseux horizontal — fenêtré par le trou obturateur — aussi largement développé que chez les Sauriens.

La réduction du plancher pelvien est sans doute en rapport avec celle des muscles propres à ce plancher, ou plutôt avec la transposition de leurs attaches pelviennes, à cause de l’allure dressée de ces animaux, sur d’autres points du bassin. On verra plus loin ce qui doit s'être passé.

b) Ornithischiens. — Le nom appliqué à ces animaux indique que leur bassin se rapproche de celui des Oiseaux, et en effet, comme dans ce dernier, les branches ventrales, pubis et ischion, au lieu de se diriger en bas, du côté ventral, ainsi qu’elles le faisaient chez les animaux examinés Jusqu'ici, se dirigent horizontalement en arrière.

L'ilion présente la même forme que chez les Saurischiens, c’est-à-dire celle d’une large lame dorsale plus ou moins verticale dressée au-dessus de lacétabulum, mais il est généralement plus développé et ses parties préacétabulaires et postacétabuiaire, cette dernière surtout, sont de dimensions plus considérables. La cavité cotyloïde est arrondie, son fond est perforé; elle est placée haut, la partie iliaque du bassin étant réduite, son bord dorsal présente parfois une apophyse 1lo-fémorale comme chez les Oiseaux.

Les parties ventrales du bassin présentent une disposition toute nouvelle. En effet, le pubis, à partir de la cavité cotyloïde dont il forme une partie, se divise en deux branches. L’une, antérieure, comprimée latéralement, se dirige en avant et un peu en bas, mais en même temps en dehors et ne se prolonge jamais vers sa similaire du côté opposé pour se réunir à elle en une symphyse. Cette branche pubienne ou prépubis (pubis antérieur) a été comparée par BunGe et MEHNERT au pubis des Oiseaux, parce que dans l’embryon de ces derniers le pubis offre comme elle une direction postéro-antérieure. MARSEH la regardait comme répondant à l’épine ilio-pubique des Oiseaux. Nous verrons plus lom ce qu’il faut penser de ces comparaisons.

L'autre branche du pubis (postpubis) s’écarte de la racine de la branche antérieure au-dessous de l’acétabulumi, et se dirige en arrière en formant avec la branche antérieure un angle d’un peu plus de 900, Elle a la forme d’une baguette cylindrique, grêle, légèrement courbe, qui se place parallèlement au bord ventral de l’ischion et le suit sur une certaine longueur. L'espace qui la sépare de l’ischion est étroit et en forme de fente. A

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