I. — CEINTURE PELVIENNE
Le bassin des Oiseaux se distingue à première vue par son grand développement qui lui fait occuper une partie toujours très importante du tronc, et par l’absence de symphyses. L’ilion prend un développement considérable, tant dans sa partie préacétabulaire que dans la partie postacétabulaire. D'abord en rapport, chez l'embryon, avec deux vertèbres seulement, situées vis-à-vis de l’acétabulum et que lon appelle pour cela acétabulaires ou sacrées primitives, il s'étend en arrière et en avant, captant, dans les deux sens, plusieurs vertèbres qui s’ajoutent aux deux premières et forment un sacrum comprenant de 9 à 16 vertèbres chez les Carinatés et plus encore (22) chez les Ratités. Le nombre des vertèbres du tronc situées en avant du sacrum est, par suite, presque toujours plus faible, de deux ou de plusieurs chiffres, que celui des vertèbres englobées dans le sacrum et ne le dépasse d’une vertèbre qu’exceptionnellement. Le nombre des vertèbres captées n’est
pas toujours le même dans les différents individus d’une espèce et le bassin d’un jeune peut avoir une vertèbre en avant et deux vertèbres en arrière de moins que celui d’un individu âgé.
La constitution du sacrum et son mode d'union avec l'ilion doivent être examinés de plus près. S’étendant très loin en avant, le sacrum comprend une ou deux vertèbres dorsales munies de côtes (les dernières fausses côtes) et dont l’apophyse transverse s’unit à lilion en s’appuyant contre sa face ventrale, tandis que la côte peut rester libre au-dessous de l’ilion ou s’accoler à lui (fig. 70). Les vertèbres suivantes (lombaires, lombosacrées, et sacrées), n’ont plus de côtes véritables, mais, dans leur plus grand état de développement, elles possèdent de chaque côté deux appendices latéraux s'étendant transversalement, et dont l’un, dorsal, répond à l’apophyse transverse, tandis que l’autre, ventral, repré- PAU
À : F1G.70.-— Bassin de Pigeon jeune, sente la partie proximale de la côte. Ces Poe venir alé. deux prolongements n’existent simultané- a. t, apophyse transverse ; — ment dans une vertèbre qu’en deux points ‘./ 2Pophyse transverse sacrée; — c. t., côte; — cts, côte du sacrum; premièrement au milieu de la sacrée; —cot., cavité cotyloïde; portion préacétabulaire de l'ilion, HIGRce Rte no AR os, d’abord vertical, se renverse en dehors et postérieure ;— isch., ischion; — devient horizontal, ensuite au niveau des HE RATE EVeTIeHEe véritables sacrées, ou un peu en arrière d'elles. Dans ces deux points les appendices latéraux des vertèbres, écartés l’un de i’autre à leur attache sur la vertèbre, se rapprochent vers leurs extrémités, qui s'appuient à lilion séparément ou après s’être réunies entre elles; mais, que cette réunion ait eu lieu ou non, ils forment toujours un double arc-boutant comprenant une branche ventrale, la côte, une dorsale, l’apophyse transverse, et cet arc unit très solidement l'ilion à la colonne sacrée. Entre ces deux points les apophyses ventrales ou costales manquent plus ou moins complètement, : leur disparition se faisant suivant les espèces soit d’une manière brusque, c’est-à-dire dès la vertèbre suivant celle qui en possédait, soit au contraire progressivement. L'absence de ces apophyses costales, ou le moindre développement de leur saillie intra-pelvienne, contribuent à la formation de fosses plus ou moins profondes, les fosses rénales dans lesquelles se logent les divers lobes du rein. La fosse rénale antérieure
est comprise entre les vertèbres lombaires et les sacrées vraies; la postérieure s'étend en arrière des sacrées vraies, son toit est en partie formé par la concavité offerte par l’ilion sur les côtés du sacrum, en partie par les apophyses des dernières sacrées.
En arrière de la dernière dorsale jusqu'aux dernières vertèbres sacrées, chez l’adulte, tous les corps vertébraux du sacrum sont parfaitement soudés entre eux et ne laissent point apercevoir de traces de suture. Ils forment une colonne osseuse lisse, plus large dans sa partie lombosacrée où elle offre un renflement ovalaire ou fusiforme destiné à loger le renflement rhomboïdal de la moelle, et qui se termine au niveau de Pacétabulum. En arrière de celui-e1 la colonne sacrée va en diminuant progressivement de diamètre pour se continuer régulièrement avee les vertèbres caudales.
L’articulation du sacrum avec lilion ne se fait point suivant une ligne droite, mais suivant deux courbes concaves consécutives, regardant toutes deux en dehors (fig. 71). La première s'étend de l'extrémité craniale du sacrum jusqu’à une ligne transversale menée par les deux acétabulum, la seconde de ce point à l’extrémité caudale du sacrum. La plus grande largeur du sacrum est située entre ces deux courbes, c’està-dire dans le plan acétabulaire. L'union entre le sacrum et l'ion se fait soit par synostose (vertèbres lombaires), soit par symphyse, soit par suture.
L'ilion n’est point comprimé latéralement comme chez les Reptiles, mais au contraire, plus ou moins aplati ; 1l forme un large toit à la cavité viscérale, agrandie ici surtout pour servir de réceptacle aux sacs aériens. - On lui distingue deux parties : préacétabulaire et postacétabulaire. La première est coneave en haut et en dehors. Son bord médial s'élève au-dessus de la colonne vertébrale qu'il recouvre plus ou moins par sa portion antérieure arrivant même parfois jusqu’à se rencontrer avec celui du côté opposé de manière à former un toit au-dessus de la colonne et de ses muscles. La partis postacétabulaire est convexe en dessus, concave ventralement. Elle forme avec la partie correspondante du sacrum et avec l'ion de l’autre côté une large surface plus ou moins bombée, le bouclier tergal (Arpn. MiLNE Epwanrps). Les deux parties de lilion se continuent l’une dans l’autre suivant une ligne oblique en avant, allant de l’apophyse ilio-fémorale au bord interne de l’ilion. Cette ligne se poursuit en avant dans le bord médial de la portion préacétabulaire, en arrière dans le bord latéral de la portion postacétabulaire et forme ainsi une longue crête en S parcourant toute la longueur du bassin, la ligne 1/10-ischiatique, (AzrH. MizxEe-Enwarps), lieu de très importantes insertions musculaires.
La cavité cotyloïde est hémisphérique, avec son fond perforé sur le squelette sec. Au niveau de son bord postéro-supérieur existe une petite apophyse articulaire saillante latéralement, et qui s'appuie sur le sommet du fémur, en dehors de la tête fémorale enfermée dans la cavité cotyloïde. C'est l’apophyse antitrochantérienne des auteurs, que l’on à signalée aussi chez certains Ornithischiens.
Cette apophyse entre bien en rapport avec le trochanter par une facette de son bord externe, qui glisse sur une surface articulaire du trochanter, mais ce n’est pas là sa connexion la plus importante.
En réalité son rôle est de faire reposer le bassin sur le sommet de la diaphyse fémorale avec lequel-elle entre largement en rapport. C’est avant tout la portion portante du bassin et, pour rappeler ses rapports avec le fémur, nous l’appellerons désormais l’apophyse ulio-fémorale (fig. 72). L’articulation de la hanche des Oiseaux offre une structure très particulière. Le F6. 71. — Bassin de Pigeon adulte, bord de la cavité cotyloïde forme une HR ae
< Æ : 3 a. ul. f., apophyse ilio-fémorale ; — bande articulaire continue, contrairement 4. 4rg., bouclier tergal: — cor., caà ce que lon observe chez les Crocodiles UE SR RS AEU AE So le ou les surfaces articulaires du cotyle sont hr64., portion préacétabulaire de très écartées les unes des autres. Cette lilion ; — posta., portion postacé-
, tabulaire de l’ilion; — p., pubis.
bande est plus large en bas qu’en haut où elle est réduite à une mince bordure. Elle agit donc surtout par sa partie ventrale et sert à supporter par elle le fémur dans le vol ou dans le lever. Le pourtour de la cavité cotyloïde est formé à peu près par moitiés égales par lilion et par l’ischion (fig. 74). Le pubis n’y prend pour ainsi dire aucune part et ne se montre que sur une faible étendue du bord externe de la bande articulaire. Pour former l’acétabulum, l’ischion se bifurque en deux branches, l’une dorsale, l’autre ventrale, qui rappeilent un peu ce que l’on voit chez les Crocodiles, mais qui ne constituent plus deux portions séparées de la surface articulaire, et qui d’ailleurs sont autrement orientées (fig 74). .
Corrélativement à la forme des surfaces articulaires du bassin pour la jambe, la tête du fémur présente une structure tout à fait particulière, bien différente de celle des Reptiles étudiés jusqu'ici. Elle possède une tête articulaire sphérique (fig. 73) portée par un col
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