NUE SCENE
tral, en ce point, du bord F1G. 14%. — Suspension du scapulum latéral du sterno-cléidochez les Quadrupèdes sans clavicule. Schéma. 2% . mastoïdien, tandis que ces ang., angulaire (releveur de l’omoplate) ; — ép. sc., se. S épine scapulaire; — gd d., grand dorsal; — sc., scapu- deux muscles se rejoignent lum ; — tr. c., trapèze cervical ; — tr. d., trapèze dor- vérs la tête. sal ; — x., centre de rotation de l’omoplate.
Chez les animaux à thorax comprimé, et sans clavicule, la direction du trapèze d’un côté ne se continue point aussi simplement dans celle du muscle du côté opposé, mais ils forment au contraire comme les deux pentes d’une crête, plus ou moins verticales suivant les cas. L'absence de clavicule rapproche beaucoup la cavité glénoïde de la ligne médiane ventrale, les faisceaux claviculaires du trapèze manquent naturellement, de même que le plus souvent les faisceaux acromiaux, l’acromion faisant défaut en même temps que la clavicule. D’autre part une forte lame charnue, partie de l’apophyse mastoïde et de la ligne courbe occipitale vient s’insérer sur les aponévroses enveloppant le moignon de l’épaule et même se continuer avec des fibres allant jusque sur la partie distale de l’humérus. On admet que cette lame représente les fibres claviculaires du sterno-mastoïdien et du trapèze qui, ne rencontrant point la clavicule pour y prendre appui, se sont continuées avec la partie du deltoïde, qui chez les claviculés va de la clavicule à humérus, et forment avec
elle un muscle unique, le mastoido-huméral (m. masto-humeralis). Ce muscle, en tirant sur l’humérus — la tête servant de point fixe — ouvre l'angle zono-stylique et surtout entraine légèrement en avant la partie ventrale du scapulum avec la cavité glénoïde, qui est ainsi protractée à chaque pas, tandis-que le scapulum effectue un mouvement de rotation sur un axe transversal passant par lui et par le scapulum de l’autre côté, en un point que nous indiquerons plus tard. Ce mouvement de protraction du moignon de l’épaule est caractéristique de la marche des Mammifères non claviculés. Chez ces animaux la mobilité de l’omoplate est la plus considérable que l’on connaisse, et cet os se comporte presque comme un simple segment du membre antérieur, perdant pour ainsi dire toute fonction de ceinture pour ne devenir qu’un des rayons mobiles du membre. Les fibres sternales du sterno-cleïdo-mastoïdien qui n’ont pu concourir à la formation du masto-huméral à cause de leurs insertions fixes au thorax, constituent un sterno-mastoïdien propre (m. sterno-mastoideus) sans fibres claviculaires.
. Étant donné ce qui a été dit de la réduction transversale de la ceinture par suite de la disparition de la clavicule on comprend qu’il est difficile de préciser si le masto-huméral est formé par les faisceaux claviculaires du sterno-mastoïdien seul, ou bien avec la participation plus ou moins large du trapèze, d'autant plus que chez le Cheval, par exemple, qui offre un masto-huméral, la portion cervicale du trapèze ne s’étend pas Jusque vers l’occipital, mais s’arrête sur la face latérale de l’encolure. Mais si l’on réfléchit que les muscles des divers animaux ne sont que des adaptations spéciales d’ébauches générales qui, suivant les cas, développent davantage l’une ou l’autre de leurs parties, on ne sera plus tenté de rechercher des précisions qui ne peuvent être données. Le masto-huméral résulte de la combinaison d’un muscle branchial, dérivé de la nappe des constricteurs branchiaux, avec un muscle du membre supérieur ; c’est une vérité incontestable, mais vouloir retrouver dans sa portion branchiale l'équivalent exact de telle ou telle partie, de même origine, mais développée chez un animal dont les détails structuraux sont tout autres, ne peut aboutir à aucun résultat, à moins qu’il ne s’agisse d'animaux très rapprochés et entre qui des liens de filiation peuvent être légitimement admis.
A côté de ces muscles, il faut en citer un autre, particulier aux Mammifères, mais manquant à l’Homme d’après Cu viER, qui lui donnait le nom d’acromio-trachélien. Très intimement uni dans certains cas à la face profonde du masto-huméral (Cheval), il s’insère sur les apophyses transverses des quatre premières cervicales, puis il s’étale sur l’angle scapulo-huméral qu'il enveloppe, en s’attachant à la partie inférieure ou
acromiale de lPépine et en s’unissant au masto-huméral avec lequel il s’insère sur l’humérus. La nature de ce muscle est assez discutée. Sa fusion partielle avec le masto-huméral et son étalement sur laponévrose du moignon de l’épaule le rapprochent beaucoup des muscles branchiaux, bien que ses insertions sur les apophyses transverses cervicales et absence de l’innervation par la XI€ paire l’en éloignent. Il me semble cependant plus naturel, à cause de ses insertions superficielles à l’épaule, de le rapprocher des muscles branchiaux que de le considérer avec LECHE, sous le nom de m. omo-cleido-transversarius, comme un produit de différenciation du groupe musculaire d’où est sorti le releveur de l’omoplate qui s’insère, lui, beaucoup plus profondément à cet os, et ne va pas au bras. Le fait que, comme l’acromio-trachélien, le sternocléido-mastoïdien possède,outre soninnervation par le spinal,desrameaux venus des nerfs cervicaux, montre que l’innervation ne peut s’opposer à ce qu’on rattache le premier au second. L'insertion sur l’épine de l’omoplate ou sur son processus acromial, caractéristique pour les muscles branchiaux des Mammifères dont cette épine est une acquisition propre, pourrait décider de cette question.
Suspension du scapulum chez les Mammifères sans clavicule. — Chez ces animaux où l’omoplate subit le mouvement pendulaire dont il a été question, le trapèze et le grand dentelé jouent un rôle très important dans le mode de suspension qui le permet. Les rhomboïdes peuvent être éliminés à ce point de vue, parce que leur contraction totale s’opposerait à tout déplacement du bord spinal, qui accompagne nécessairement le mouvement pendulaire et que l’on constate aisément, ou bien parce que la contraction d’un seul des deux, l’antérieur ou le postérieur, qui aiderait le déplacement du bord dans un sens ou dans l’autre, n’a rien à voir avec la suspension. Celle-ci est assurée par le fait que le trapèze s’insère à la portion moyenne de l’épine scapulaire seulement, en venant d’en haut, tandis que le grand dentelé s'attache au bord tout à fait supérieur en venant d’en bas. Il y a donc entre ces deux attaches un pont intermédiaire par lequel passe l’axe transversal qui sert aux mouvements, et autour duquel les attaches du trapèze ou du grand dentelé peuvent être déplacées d’une quantité à peu près égale, ce qui est la condition même de ce mouvement (fig. 144, p. 306).
D’autres dispositions des fixateurs du scapulum doivent être signalées. Chez les Cétacés qui manquent de clavicule, mais dont l’omoplate ne présente point de mouvement pendulaire analogue à celui des Quadrupèdes marcheurs, cet os présente en outre quelques particularités intéressantes : il est plus étendu dans le sens eranio-caudal et son bord
spinal, convexe, est beaucoup plus long. La fosse sus-épineuse n'existe pour ainsi dire pas, n’étant représentée que par une étroite gouttière comprise entre le bord coracoïdien et l’épine scapulaire très peu saillante, très voisine de ce bord, et qui n’émet qu’à sa partie ventrale un prolongement acromial assez fort. La fosse sous-épineuse au contraire s’étend sur presque toute la face externe de l'omoplate (fig. 173).