‹ Membres et ceintures des vertébres tétrapodes; critique morphologique du transformismeChapitre 42 sur 83 · LIN · texte numérisé non relu

LIN

F1G. 145. —- Muscles du tronc de Kogia breviceps. D’après V. SCHULTE et DE FOREST SMITH.

Les noms des muscles en c'aliques sont ceux qui se rapportent au texte.

1, sternomastoidien et mastohuméral ; — 2, rhomboïde antérieur ; — 3, rhomboïde postérieur ; — 4, releveur de l’omoplate ; — 5, grand dentelé ; — 6, petit pectoral ; — 7, sterno-hyoidien : — 8, Scaléne moyen : — 9, scalène postérieur ; — 10, droit latéral de la tête; — 11, semispinal de la tête ; — 12, spinal du dos ; — 13, splenius ; — 15%, longissime; — 15, iliocostal thoracique ; — 16, ilio-costal lombaire ; — 17, transversaire supérieur; — 18, transversaire inférieur ; — 19, ischio-caudal ; — 20, hypoaxial (portion superficielle) ; — 21, le même, portion latérale ; — 22, le même, portion ventrale ; — 23, releveur de Panus; — 2%, ischio-caverneux ; — 25, droit de l’abdomen ; — 26, oblique interne ; — 27, oblique externe ; — 28, grand dorsal ; — 29, rétracteur du pénis ; — 30, bulbo-caverneux ; — 31, sterno-thyroïdien.

Cette dernière est fixée contre le thorax par deux rhomboïdes bien développés qui s’attachent à tout son bord spinal, puis par l’angulaire et par le grand dentelé qui s’insèrent seulement aux deux extrémités craniale et caudale du bord spinal, sur la face viscérale de l’os bien entendu. La réduction du grand dentelé, limité à l’angle caudal, s'explique aisément par celle de son rôle. Il n’y a pas de trapèze et le muscle que l’on a décrit parfois sous ce nom, n’est autre chose que le rhomboïde céphalique (ScauLTE et DE ForEesT SMITH). Il y a lieu de remarquer la réduction extrême de la partie de l’épine scapulaire répondant, chez les Quadrupèdes, à l'insertion du trapèze. [1 y a un masto-huméral peu développé et un sterno-mastoïdien distincts l’un de l'autre.

Muscles fixateurs du scapulum chez les Chiroptères. — Chez les Chiroptères la fixation du scapulum est assurée d’une manière un peu particulière. Il y a un seul rhomboïde, le postérieur, qui va des apophyses épineuses des cinq premières vertèbres dorsales à la portion du bord

spinal située en arrière de l’épine scapulaire. Le grand dentelé est divisé en deux muscles, le grand dentelé supérieur qui s'attache aux quatre premières côtes, à la limite du tiers ventral et du tiers moyen de leur portion vertébrale, pour passer sous le scapulum doublé du muscle sousscapulaire et aller s’insérer à la face profonde de son angle cranial. Cette portion répond au grand dentelé des Mammifères, sauf qu'elle s’insère seulement à l’angle cranial de los et non sur tout son bord spinal. L’autre portion (grand dentelé inférieur) est au contraire tout à fait spéciale aux Chiroptères et n'offre d’analogue que chez les Oiseaux. Elle s'attache aux Côtes vraies suivant l’articulation deleurs parties vertébrale et sternale, c’està-dire plus extérieurement et moins profondément que le dentelé supérieur, et se porte de là à la moitié caudale du bord externe ou

F16. 146. —- Thorax et principaux muscles fixateurs de l'épaule, Pteropus Edvarsi. axillaire de l’omoplate sous

acr., acromion ; — ang., angulaire ; — clav., clavicule ; PE

— gd d. inf., grand dentelé inférieur ; — gd d. sup., lequel elle ne ; SO ET par

grand dentelé supérieur ; — hum., humérus ; — conséquent JamMaIs.

rhkomb. post., rhomboïde postérieur ; — tr. inf., tra- Le releveur de l’omoplate

pèze inférieur (caudal) ; — tr. oc. pect. pol., trapèze à ) ÿ =

occipito-pectoro-policial ; — #r. SU E trapèze supé- St tres développé. Ils étend

AEUEASFAEANS des apophyses transverses

des quatre Aerniére cervicales au bord spinal de l’omoplate, auquel il s’insère depuis l’angle cranial jusqu’à l’épine scapulaire. Le trapèze dans lequel on peut ne considérer que la partie dorsale (la partie occipitale étant l’objet de controverses), est divisé en deux parties : l’une craniale et superficielle qui va des six premières vertèbres dorsales à l’acromion et aux deux tiers externes de l’épine scapulaire; l’autre. caudale et profonde qui va des quatre dernières vertèbres dorsales et de la première lombaire au bord spinal de l’omoplate, depuis le point où celui-ci rencontre l’épine scapulaire jusqu’à son angle caudal. On remarquera que ces divers muscles sont disposés par paires se croisant presque à angle droit, l’angulaire de l’omoplate croisant le trapèze superficiel, et le rhomboïde le trapèze profond. Cette disposition qui rappelle celle des amares des navires, assure la fixité du scapulum d’une

manière très parfaite, parce que la contraction d’un des composants d’une même paire entraine forcément celle de l’autre composant par suite des tiraillements qu’elle impose à ses fibres. Il semble aussi tout d’abord que la fixation du bord spinal est bien plus assurée que celle du bord axillaire auquel vient s’attacher le seul dentelé inférieur, en opposition avec les cinq autres muscles qui vont au bord spinal, mais il ne faut pas oublier que le grand pectoral qui s’insère à l’humérus, solidement relié lui-même à la cavité glénoïde par les muscles allant de l’omoplate au bras, remplit à merveille le rôle de fixateur de ce bord. Le scapulum est donc relié au tronc par une série de & muscles qui pendant le vol sup- 7 LT portent la plus grande partie // É du poids du corps, une très | faible partie de ce poids repo-

sant, par l’intermédiaire du pa- en tagium, sur les membres pos- CA térieurs. Il faut remarquer QUE Fi. 147. — Suspension du scapulum et de l'aile de la suspension du tronc pendant Pteropus. Coupe transversale dans laquelle les

À différents muscles sont supposés ramenés dans le le vol est surtout à la charge éne plan. Schéma.

| SUS-CpE. SOUS-CPÉ

des muscles fixateurs de l’omo- ang., angulaire ; — gd d. inf., grand dentelé inféplate, chez les Chiroptères, tan- rieur ; — gd d. SUP: grand dentelé supérieur —

3 ; m. sp., muscles Spinaux ; — pect. maj., grand dis que chez les Oiseaux une pectoral ; — rh., rhomboïde ; — sous-épi., sousgrande partie de ce travail est épineux ; — sus-6p., sus-épineux Mets: SCD,

> , sous-scapilaire ; — tr. 1., trapèze inférieur ; —. assurée par les connexions ;; s. trapère supérieur.

osseuses beaucoup plus nombreuses entre la ceinture et le thorax par suite de l’existence d’un zono-thorax.

Muscles de la racine du membre. — Ces muscles ont subi d'assez grands changements. Le dorsal scapulaire est-remplacé par le deltoïde (mn. deltoideus) qui s’insère à la lèvre inférieure du bord caudal de l’épine scapulaire, au bord caudal de lacromion, puis se continue en avant sur une partie de la clavicule, d’où les trois parties qu’on lui distingue souvent : scapulaire, acromiale, claviculaire. Toutes ses fibres convergent en un tendon lamellaire qui vient s’insérer sur le bord latéral de lhumérus souvent soulévé en une crête à ce niveau la crête delio-pectorale, qui s’étend du grand trochanter jusqu’à la partie moyenne de la diaphyse. On a vu la fusion de sa partie claviculaire avec les fibres correspondantes des muscles branchiaux pour former le masto-huméral chez les non claviculés.

Chez les animaux non claviculés, le deltoide s’insère seulement à l’épine scapulaire et au métacromion lorsque celui-e1 existe.

Au-dessous du deltoïde on trouve sur la face cutanée du scapulum deux muscles qui n’existaient pas chez les Sauriens, les sus- et sousépineux (m. supraspinatus et m. infraspinatus) provenant pour certains auteurs des supracoracoïdiens émigrés sur le scapulum. Le supraspinatus naît de la fosse sus-épineuse passe sous l’acromion et vient s’insérer au tubercule latéral de lhumérus (grand trochanter). L'infraspinatus naît dans la fosse sous-épineuse et vient s’attacher au même trochanter que le précédent. Le petit rond (mn. teres minor), qui suit le bord axillaire de lomoplate et vient se fixer au grand trochanter paraît être une simple différenciation du sous-épineux. Le grand rond (m. teres major), différenciation probable du bord cranial du grand dorsal, s’attache à l’angle caudal du scapulum et va se fixer seul ou avec le grand dorsal au tubercule médial de l’humérus (petit trochanter), ou à une ligne partant de ce tubercule et se continuant en face de la crête delto-pectorale. Le sous-scapulaire (m. subscapularis),quirépond en partie au sous-Coracoïdien scapulaire des Reptiles, occupe la face profonde ou viscérale du scapulum et vient se fixer au petit trochanter. Le grand dorsal s’étend des apophyses épineuses des vertèbres dorsales, lombaires et même sacrées, jusqu’à l’humérus, pour s'attacher au petit trochanter ou à une ligne qui continue ce dernier du côté distal. Ces trois derniers muscles sont done rotateurs du bras en dedans, tandis que les trois précédents le tournent en dehors.

Le coraco-antibrachial des Reptiles est représenté vraisemblablement par une partie du biceps, son chef coracoïdien, tandis que le chef scapulaire de ce dernier muscle n'existe pas chez les Reptiles, mais est une acquisition des Mammifères à partir des Marsupiaux seulement, car il manque aux Monotrèmes. Chez la plupart des Mammifères inférieurs le biceps s’insère distalement à la fois au cubitus et au radius, son insertion à l’un à l’autre seulement. de ces deux os est un caractère secondaire. Le coraco-brachial (m. coraccbrachialis) qui va de lapophyse coracoïde au bord médial de l’humérus est tantôt simple, tantôt divisé en plusieurs parties : cor. brachialis brevis et cor. brachialis medius. Le chef scapulaire (m. anconæus longus) des muscles anconés ou extenseurs de l’avant-bras, est bien développé ; il s’insère dans toute la partie craniale du bord axillaire du scapulum, souvent creusé en gouttière pour lui offrir une plus grande surface d’insertion, et va se continuer dans les autres extenseurs dont on a pu dénombrer jusqu’à cinq en plus de lui, à savoir : 20 anconæus externus seu brevis né de la face externe de l’humérus ; 30 m. anconæus internus

né de la face interne de l'os ; 4° m. anconæus quartus venu de la partie latérale et distale de l’humérus ; 5° m. anconæus quintus (ou m. dorosepitrochlearis), né de l'insertion du grand dorsal ; 60 m. anconæus sextus ou m. epitrochleo-anconæus, qui naît du condyle médial de l’humérus. Ces différents faisceaux viennent tous converger sur l’olécrane.

A la face ventrale il y a d’abord un muscle superficiel, le grand pectoral (m. pectoralis major ou m. ectopectoralis), très développé, qui s’insère à la clavicule, à la ligne médiane du sternum et à la crête qui s’y trouve chez les Chiroptères, aux côtes et partiellement aussi à la ligne blanche abdominale, pour aller se fixer au-dessous du grand trochanter à la crête delto-pectorale. Plus profondément se trouve le petit pectoral (m. pectoralis minor ou entopectoralis), qui naït des cartilages costaux et des bords du sternum pour se porter au grand trochanter ou à la crête delto-pectorale, mais qui envoie en même temps un tendon à l’apophyse coracoïde et qui peut même se porter uniquement à cette dernière, comme chez! Homme. On peut rattacher au groupe pectoral certains petits muscles sterno-ou cléido-scapulaires peu impotants : 10 le m». subclavius qui va de la première côte à la clavicule ; 20 le m. sterno-scapularis, qui va de la première côte ou du sternum à l’apophyse coracoïde ; 30 le m. sterno-clavicularis anterior qui va de l'articulation sterno-claviculaire à la partie sternale de la clavicule ; 40 le m. scapulo-scapularis, de la clavicule à leXtrémité antérieure de la lame scapulaire ; 59 le m. costo-coracoideus et enfin 60 le sterno-coracoideus. Le mode d’action du principal de ces muscles, c’est-à-dire de l’ectopectoral, varie avec les grandes différences que l’on peut rencontrer dans la forme de lespèce et dans son genre de vie, mais d’une manière générale il est adducteur, c’est-à-dire empêche le bras de s’écarter du corps sous l’action du poids du tronc, et maintient le membre bien vertical.

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