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représentant direct de notre bien-aimée Souveraine ; ayant, comme le disait Son Excellence, reçu une direction spéciale, à cet effet, du gouvernement de Sa Mujesté.
Comme preuve de cette mission spéciale, Son Excellence, en faisant allusion à sa proclamation du 6 Décembre 1869, me dit :
“ J'ai rédigé cette proclamation d'après un message télégraphique qui m'a été ‘envoyé par Lord Granville, de la part du Cabinet Britannique.”
Cette proclamatior n'avait pas encore été promulguée à la Rivière-Rouge : elle me fut remise avec prière de lui donner la plus grande publicité possible, surtout parmi la population Catholique. Son Excellence attira mon attention sur le passage suivant :
‘ Par l'antorilé de Sa Majesté, je vous assure qu'après votre union avec le Canada, 6 . COTE errÉ FT , ,.
‘tous vos droits et privilèges civils et religieux seront respectés.
La lettre même qui me fut remise et que j'ai citée plus haut, prouve elle aussi que le Gouverneur agissait au nom de Sa Majesté ; antrement, il n'aurait vas pu me dire :
“ Je désire vivement vous exprimer, avant votre départ, le sentiment profond d, ‘ reconnaissance que je sens vous être dû pour avoir quitte votre séjour à Rome... dans
«Je but de rendre service au Gouvernement de Sa Majeste.
Son Excellence me fit aussi connaître que mes services avaient été désirés par le Lord Secrétaire des Colonies, et elle m'écrivait : & Lord Granville était très désireux de proliter, dès le début, de votre concours si
“ utile, et je me réjouis cordialement dé ce que vous avez bien voulu Faccorder avee tant de promptitude et de générosité.”
Faisant allusion à nos nombreuses et longues conversations, Son Jxcellence ajoutait :
“ Le Gouvernement Impérial, ainsi que je vous en ai informé, désire ardemment & voir le Territoire du Nord-Ouest faire partie de la Puissance à des conditions équita- ‘“ bles... Le Gouvernement Impérial n'a pas l'intention d'agir autrement, ni de per- “ mettre que d'autres agissent autrement qu'avec la bonne foi la plus entière vis-à-vis «“ Jes habitants du Nord-Ouest.”
Son Excellence était si désireuse que je persuadasse la popula-
tion de la Rivière-Rouge qu’elle n'avait rien à craindre au sujet de
sa religion, que dans la lettre qu'elle me remit, elle ajouta une
nouvelle promesse aux assnrances données dans sa proclamation, et
la lettre dit :
“ Le penple peut compter que le respect et l'attention seront étendus aux difé- “rentes croyances religieuses.”
Si la proclamation, émanée par le Représentant de Notre Bien- Aimée Souveraine, en son nom et d'après la direction spéciale des ministres de Sa Majesté; si la lettre qui m'a été remise à moimême par Son Excellence, pour corroborer les assurances les plus solennelles données par ‘autorité de Sa Majesté ” ; si tout cela signifie quelque chose et n’est pas un uon-sens, cela signifie que: après l'union avec le Canada, tous les droits et privilèges des différentes croyances religieuses devraient étre trailés avec respect et attention. La population Catholique des domaines de Sa Majesté ne pouvait pas être exclue de ces avantages, puisque la proclamation du Gouverneur était surtout pour elle, ainsi que la lettre que Son Excellence m’adressait.
Eh bien! les convictions religieuses des catholiques sont bien connues au sujet de l’éducation de leurs enfants ; ces convictions sont les mêmes toujours et partout: elles sont telles que les fidèles et leurs pasteurs s'imposent toutes sortes de sacrifices et se soumettent à une foule d'incenvénients, plutôt que de s’en départir.
Donc une population catholique ne jouit pas de }a liberté religieuse, lorsqu'on l'empêche d’avoir des écoles conformes à ses idées et à ses convictions. Ceci était bien connu du Gouverneur-Général du Canada, lorsqu'il a promis respect et attention pour les différentes persuasions religieuses ; lorsqu'il a assuré les Catholiques du Nord-Ouest que leurs droits et privilèges, en matière de religion, seraient respectés. C’eunt été une moquerie de sous-entendre qu’on ne respecterait pas leurs convictions religieuses, au sujet de l’instruction. Cette moquerie, les Catholiques ont à la subir aujourd’hui, tant à Manitoba que dans le Nord-Ouest. Les Catholiques seuls sont privés du respect et de l'attention dont sont environnées les autres persuasions religieuses ; c’est à tel point que les Protestants ont des écoles de leur goût, qu'ils gouvernent eux-mêmes ; tandis que les Catholiques sont privés de cet avantage, et cela précisément à cause de leurs convictions religieuses.
En 1890, le Crouvernement de Manitoba avait songé à une loi, qui devait modifier et les écoles Protéstantes et les écoles Catholiques. au point de les assimiler toutes par la suppression de toute instruction religieuse. Le projet n’a pas réussi, au moins pour ce qui regarde les ecoles protestantes. Ces écoles sont restées ce qu’elles étaient, plus l'obligation pour les Catholiques de contribuer à leur maintien.
Les écoles catholiques au contraire ont cessé d’être reconnues par la loi; elles sont privées de leur part légitime de l'octroi législatif; elles sont privées même de tout moyen légal de s'assurer des secours. Plus que ceia, si les Catholiques de la Province n’acceptent
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pas le système qui est si cher aux convictions protestantes, les propriétés scolaires des Catholiques, dans toute la province, devront être confisquées et remises aux municipalités, dans plusieurs desquelles les Catholiques n’ont aucune action si ce n'est l'obligation de payer et les taxes municipales générales, et les taxes spéciales, imposées pour le soutien des écoles protestantes.
Tel est le respect et l'attention accordés dans Manitoba, à une des persuasions religieuses qui, d'après la promesse rovale, devait être aussi respectée et considérée que les autres.
Dans ia première partie de ce mémoire, j'ai montré, sous son vrai jour, la condition des écoles catholiques du Nord-Ouest, depuis cette Ordonnance de 1892, que le Gouvernement d'Ottawa à refusé
. de désavouer.
Plus astucieux que le Gouvernement de Manitoba, celui des Territoires a laissé aux écoles catholiques leur existence, mais il les a dépouillées de ce qui constitue leur caractère propre et assure leur liberté d'action.
Les nouvelles lois scolaires de Manitoba et du Nord-Ouest sont une violation palpable et manifeste des assurances données ‘“ au ‘“ nom de Sa Majesté et par son autorité.” Les convictions des Catholiques au lieu d’être traitées avec la considération et le respect promis aux différentes persuasions religieuses, sont dépouillées de droits et privilèges, qui devraient être considérés comme naturels et'inaliénables, dans un pays où l’on affirme qu'il y a égalité religieuse et liberté de conscience.
Le Gouverneur-Grénéral m'écrivait :
“ En déclarant le désir et la détermination du Cabinet Britannique de Sa Majesté,
“ vous pourrez en toute sûreté vous servir de l'ancienne formule: Le droil prévaudra en ‘ Loule circonstance.”
Je me suis servi des termes indiqués ; ils ont été respectés dans notre législation scolaire pendant vingt ans; mais depuis 1890 le démenti a été donné à ‘ l’ancienne formule.”
Je sais, mieux que qui que ce soit au monde, quelle est l'impression que l’on m'a demandé de transmettre aux mécontents de la Rivière-Rouge ; et maintenant que les assurances, alors données, ne sont point respectées, je proteste énergiquement contre une pareille injustice et contre la violation d’une promesse, que l’on disait alors être formulée par autorité royale.