‹ Mémoire au Cardinal Barnabo [microforme]Chapitre 2 sur 4 · PURE · texte numérisé non relu

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[ Il est temps d'en venir à la seconde accusation, celle r d'exiger contre mon droit, une piastre de chaque fa- 0 mille de ma paroisse, qui ne me paie point de dime, l d'avoir menacé du haut de la chaire, de refuser mon L ministère à ceux qui ne m'auraient point payé cette , piastre, de refuser de baptiser leurs enfants, de m'être ju rendu coupable de simonie, et par là, d'avoir porté le A scandale à son comble.

à Sa Grandeur ne mentionne aucun délateur : mais la | particularité de toutes ces accusations, en même temps, dans une même lettre, est remarquable ; elle fait e croire que là sont toujours les mêmes agents qui anie "ment l’Evêque, et trahit l'existence d'un complot. Il r est facile d'accuser quand on est assuré de l'impunité. e Ne serait-il pas convenable et juste, que le nom des ), accusateurs fut connu, alin de laisser à l'accusé, l'avanr tage de se défendre. Autrement, n'est-ce pas servir et 1 encourager ces infâmes manigances, qui, trop souvent de nos jours, font gémir des prêtres et causent parmi | nous, un malaise inexprimable.

a Cependant, il est à propos d'établir les faits qui ont - pu donner lieu à une telle accusation. Je tâcherai de | S les exposer avec toute la clarté possible, et la bonne i foi que la vérité exige.

; Na Grandeur a, sans doute, oublié, que par un man- 1 dement, en date du 16 septembre 1858, lequel n'a 1 point été révoqué, elle imposa un supplément d’une

piastre à chaque famille de la paroisse de Saint-Flavien,

: la dime légale n'étant point suffisante, pour le soutien l du curé.

; “1° Chaque chef de famille de la paroisse de Saint-

Flavien, payera annuellement au curé de la dite , * paroisse une contribution d’une piastre.”

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2° “ Cette contribution sera payé chaque année avant ic premier juillet.”

3° “Elle continuera d’être payée jusqu'à ce que l'autorité ecclésiastique juge que le temps est venu de ne plus l’exiger.”

Cette contribution d’une piastre, imposée à chaque famille, indistinctement, fut reçue par mes prédécesseurs, jusque vers 1862. Mais Mr. l'abbé Casgrain, alors curé de cette paroisse, cessa de l’exiger, à cause de la difficulté qu'il avait à la retirer de tous, et pouvant l'abandonner sans gène, l'ayant reçu les années précédentes d'a peu près 200 familles. Il continua pourtant à la recevoir de quelques unes établies dans la paroisse, à titre de locataires. L'Evêque, ce- } pendant, en laissa subsister l'obligation, pour le cas où fi son successeur en aurait besoin.

Sa Grandeur me renvoit à ma lettre de mission pour St. Flavien, en me disant qu’elle ne me donne pas le droit de percevoir cette contribution. Mais aussi elle ne me l'interdit pas. Il y est écrit, suivant l'usage : “ Vous en percevrez (de la paroisse) les dimes et oblations,” et rien autre chose qui y a rapport.

Sachant que le mandement de l’Evêque restait en force, n'avais-je donc point le droit d'exiger pleinement cette contribution, de tous les paroissiens sans distinction. Je me contentai cependant de le faire, pour ceux seulement, qui n’ont aucune dime à payer, ne l'exigeant point des autres. Mais, avant tout, je voulus consulier mon Evêque, qui me donna son approbation. Ce qu'il a oublié depuis, sans doute. D'ailleurs, ayant été consulté, là-dessus, dans une assemblée des marguilliers de la paroisse, S£ Grandeur

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