‹ Mémoire au roi et aux deux chambresChapitre 8 sur 10 · SUITE ET CONTINUATION DES PIÈCES AU SOUTIEN · texte numérisé non relu

SUITE ET CONTINUATION DES PIÈCES AU SOUTIEN

N° 1 7- Lettre du Ministre de la Marine et des Colonies a M. Lescalher, datée du 16 mai 1793.

« Le Ministre a reçu, Citoyen, la lettre que vous u< avez écrite le 28 novembre 1792, datée de Pondi- 1 lery , par laquelle vous lui faites part de votre arrivée en cette ville , et lui communiquez les opérations que la commission y a faites et se propose d’y faire.

* Sur le raPP°rt qui a été fait au Ministre , des objets contenus dans votre dépêche, j’ai été chargé d’approuver vos dispositions , et de rendre à votre zèle le juste témoignage de la satisfaction qu’il mérite. »

L’adjoint de la cinquième division du département

de la Marine. c. *

oigne Boncour.

N° 18. Lettre du Ministre de la Marine et des Colonies a M. Lescallier, en date du 25 thermidor an V.

* Le Directoire exécutif, Citoyen, satisfait de la

maniéré dont vous avez rempli votre mission , comme Commissaire civil des établissemens français à l’est du cap de Bonne-Espérance, voulant rendre encore utiles a la chose publique vos talens et votre expérience vous a conféré le grade de Commissaire principal , correspondant à celui de Commissaire général que vous aV1CZ' 8 SiSné Pléville-le-Pellex

N° 19. Lettre du Ministre de la Marine et des Colonies a M. Lescallier, en date du 24 thermidor an V.

Je vous piéviens, Citoyen, que je viens de vous

nommer provisoirement chef du bureau des colonies, oii vos talens et vos connoissances seront d’une grande utilité à la chose publique. » Signé Pléville-le-Pelley.

3\° 20. Lettre du Ministre des Relations extérieures à M. Lescallier, en date du 19 fructidor an Y.

*< Le Ministre de la Marine m’a fait passer, Citoyen , un rapport de vous sur les affaires de l’Inde, avec un certain nombre de pièces y relatives. Je l’ai lu ce rapport et les pièces , avec tout l’intérêt qu’ils méritent. J’accepte avec empressement la proposition que le Ministre de la Marine m’a faite, de conférer avec vous sur ces matières. Je vous attendrai , en conséquence, le 2 5 de ce mois , à trois heures de l’après-midi. »

Signé Ch. Mau. Talleyrand.

Cinquième époque , de 1797 à 1802; entrée au Conseil d' Etat , missions lointaines .

Après avoir géré le bureau des colonies à Paris , pendant environ un an , je fus nommé, par un arrêté du Gouvernement, Ordonnateur de Marine de première classe , avec la commission de former un grand établissement maritime et un arsenal à Corfou. Ses dépendances étoient la totalité des îles Yonnienes , cédées à la France par le traité de Campo-Formio , Cerigo et l’île de Malte. M’étant rendu à Ancône, port de la

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mer Adriatique, pour m’y embarquer pour Corfou , je fus obligé de rester là , Corfou t‘Cuu assiégé et bloqué par une armée considérable, et par vingt-neuf vaisseaux de Iie russes et turcs, ces deux puissances tant alors, par extraordinaire, combinées ensemble contre la France.

Les ordres du Gouvefnement étoient de secourir ces îles, Malle et l’Egypte , s’il étoit possible. Je fis tous les efforts qui étoient en mon pouvoir pour y réussir; mais ces places succombèrent à des forces très-supérieures; et dans cette débâcle, j’ai rendu le service de sauver à la France le vaisseau le Genereux , de 74 canons, qui se trouvoit à Ancône, très-compromis, après la prise de Corfou. Je lui donnai des instructions combinées de maniéré à passer le détroit de sortie de la mer Adriatique, et autour de Malte,

sans être intercepté , et à se rendre sain et sauf à Toulon.

A mon retour à Paris , je fus accueilli par le Ministre de la Marine, comme ayant fait tout ce qui avoit pu dépendre de moi dans cette mission , et comme n’ayant été empêche que par des événemens de force ma-

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jeure. Mon grade et nies appointemens de 18,000 francs par an, me furent assurés jusqua une destination ultérieure.

Cette destination fut peu de temps après à la fin de 1799 (4 nivôse an VIII) , d’être appelé à la première formation du Conseil d’Etat par le Général Bonaparte , devenu Premier-Consul de la République, peu après son retour d'Egypte. Je ne connoissois aucunement ce nouveau chef du Gouvernement avant cette époque , et je n’ai été connu de lui que par quelque réputation acquise dans le service de la Marine et des colonies. Il plaça en même temps dans ce corps plusieurs hommes recommandables et distingués , dont les noms sont destinés à la postérité, parmi lesquels je ne nommerai que ceux qui n’existent plus, pour ne pas être soupçonné d’éloges flatteurs, excepté un d’eux qui est dans une situation au-dessus de cette vaine fumée, et loin de nous. Je citerai donc Fleurieu, Fourcroy, Treilhard , Brune , Bernadotte. . . . C’est ainsi que ce chef agissoit alors; et lorsque, s’écartant successivement de ce principe , il a introduit de nouveaux choix, plutôt

par des vues personnelles de politique ou t ambition, et il a dès lors contribué luimême grandement à sa perte.

En ma qualité de Conseiller d’Etat, section de la Marine , je fus chargé spécialement des colonies.

Il fut réglé alors que les Généraux et Oronnateurs de la Guerre et de la Marine, employés au Conseil d’Etat, conserveraient les appointerons de leurs grades respectifs dans la Guerre et dans la Marine , et continueraient de les recevoir dans leurs départemens, ayant seulement sur les fonds du Conseil d’Etat un supplément pour leur compléter les 20,000 francs d’appomtemens a ectes aux Conseillers d’Etat ; à quoi on ajouta une augmentation de 3, 000 francs comme chargé spécialement des colonies’ Ainsi je recevois toujours 18,000 francs de

la Marine, comme Ordonnateur de première

dasse , et 10,000 francs du département des

inan ces , qui payoït alors le Conseil d’Etat: total, 28,000 francs.

Je fus quelques mois après détaché en service extraordinaire pour Saint-Domin-

gue , où on m ’envoyoit charge de toute ï

i autorité du Gouvernement, et de pleins j

pouvoirs pour établir un ordre convenable

dansles propriétés , et pour assurer la pros- 1

péri té et les rapports de la Métropole avec cette importante possession. Je partis pour Brest, ayant à ma disposition sept vaisseaux et quatre frégates, avec cinq mille hommes de troupes. Malgré deux tentatives, il fut impossible de gagner la pleine mer , les Anglais gardant tous les passages , avec trente vaisseaux de ligne et un nombre de frégates d’observation.

Je reçus, par une dépêche télégraphique , l’ordre de revenir à Paris, où je repris mon service dans le Conseil d’Etat.

Quelques mois encore après, je fus nommé Préfet maritime à Lorient , laquelle destination fut changée aussitôt en celle d’aller à Brest m’embarquer sur l’escadre du Général Gantheaume. La mission étoit annoncée en public comme étant pour Saint-Domingue. On ouvrit des paquets en pleine mer, qui donnoient ordre de faire voile

pour l’Egypte, où je devôis faire les fonc-. ' Ï

lions de Préfet. L’escadre étoit composée

de sept vaisseaux de ligne , deux frégates ? avec sept mille hommes de troupes.

Arrivés dans la Méditerranée , après avoir pris deux corvettes et une frégate anglaises , nous apprîmes que l’Egypte étoit envahie par une force supérieure de cette nation , avec un nombre de vaisseaux de ligne et dix-huit mille hommes de troupes. Il fallut se décider à relâcher à Toulon , oh on apprit peu de temps après que l’Egypte avoit succombé. Cet événement décida le Gouvernement à me nommer Préfet colonial à la Guadeloupe.

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