QUESTION DES LANGUES
La question d’un clergé de langue anglaise a été grandement agitée dans ces derniers temps, surtont depuis le Congrès de Montréal, en 1910. FT
On s’est demandé d'abord pourquoi.il y avait'si peu dè prètres de langue anglaise dans l'Ouest ?
La réponse est bien simple: c'est que. d'abord. ilva eu jusqu'ici très peu de zatholiques de langue anglaise dans le‘pays, et ils étaient souvent mélés comme ils le sont encore en beau-
“ coup d'endroits, soit aux Protestanis soit à des Catholiques en majorité ou en nombre égal parlant une autre langue. Alors il fallait et il faut encore avoir des prêtres parlant et l'anglais et uneautre langue comme Je français ou l'allemand, et l'on sait que les prôtres de Jingue anglaise ou bien ne savent pas d'autre Janyne ou bien se prêtent diflivilement à ce genre de:minis-
‘ tère biiinuue. : ° . ‘
En outre. il faut dans un paye nouveau et pauvre, que les prêtres vivent à l'apostolique. et se contentent souvent de la nourriture et du vêtement. Orila toujours été plus facile de trouver. pour ce genre de vie, des prêtres de Jangue française
français. canadiens, belges ) où d'autres langues {allemands et polonais}. parlant cependant 15se7 bien l'anglais pour se faire comprendre de leurs paroissiens. | |
Mais maintenant que la population catholique de langue
LR LL. anglaïse a augmenté, des prêtres de langue anglaise seront lee bienvenus au fur et à mesure que le besoin se fera sentir, et il sapprtiendra aux évêques du pays de recruter eux-mêmes cette section de leur clergé. Depuis six ans. deux paroïisses bilingues, à Winnipes. “St. Marv's © # The Immaculate Conception.” sont devenues des paroiss2s exclusivement anglaises. ct deux paroisses vont ét fondées ur les catholiques de langue anglaise, - + St Edward" $t, [gnatius." Aïîlleurs. à de rares exceptions prés, il faut parler deux jangues. Maïs partout où il y aura un groupe suffisant de Janwue anglaise pour organiser une paroisse et y placer un prètre de Jancue anglaise. les évêques se feront certaine ment un devoir de le faire. 11 est bien entendu tontefois, que «Nous ne reconnaissons à personne autre qu'au, Souverain Ponti- ‘fe et à son représentant au Canada. le droit de tracer une ligne de conduite aux évéques en ce qui regarde le recrutement de Jeur <leriré et l'organisation des paroïs<es et du ministère paroissil ‘Toute ingérence étrangèresur ce joint est, au moins un: oubli des convenanses les plus élémentaires que seule peut excu- ‘ser l'ignorance de la situation religiense. Lo
L'Ouest Canadien n’est pas un bosum derelictum dont chacun peut semparer. OU un Pavs sauvage Ouvert au premibr occupant, Nous venons de le dire: tout v'est bien organisé. Nous supposons évidemment. qu'il re s'agit pas d'imposer la langue anglaise dans les églises des catholiques de Janwue française, polunaise. allemande. hongroise, et ruthène ! Ce serait ure pratique contraire à celle des apôtres qui ont parlé Ja langue de ceux qu'ils évangélisaient. et cela grâces à un miracle, signe évi-
> dent de Ja volonté de Dien. Ce serait certainement mettre en péril Ja foi de nos fidèles, que de eur imposer la langue anglaise, utils se révolteraient ontre cette ipmosition cdieuse. US
C'est pour sauvegarder la foi des DAUVEAUX colons que les évêques de lonest les ont organisés en paroisses Jà où ils étaient groupés en nombre suffisant, Nous supposons encore que l’on ne veut pus défendre à ces peuples de faire enseigner Jeur langue à leur enfants. dans les écoles, de façon à ce qu ils apprennent te cutéchisine dans cette langue pour conserver leur foi. x
11 faut bien avouer que la langue anglaise n'a pas empêché hélas. un bon nombre de ceux qui Ja parlent de perdre Ja foi, au Canada et aux Etats-Unis. L | 7 Nos admettônse cependant que les colons étrangers apprendront plutôt l'anglais que tonte aütre langue. et que tôt ou tard ils finiront. sans’ doute. par ne parler que l'anglais: mais il s'écoulera des années avant qu'ils vessent de parler leur langue. Toute tentative de précipiter cet événement ne pourrait que le
retarder et mettrait certainement en danger la foi d'un grand sombre.
Parlons donc clairement. Nous considérons que c’est le devoir des parents et du clergé de veiller à ce que tous les enfants du pays apprennent |: Ja fangue anglaise dans les écoles. Ce serait faire du tort aux enfants, et ce serait se montrer peu intelligent
et peu soucieux du bien social de nos catholiques que de négli- .
ger ce devoir. I] faut aussi apprendre aux enfants à respecter et aimer le noble drapeau britannique en leur rappelant ce que Îles catholiques lui doivent et aussi ce que ce drapeau doit aux ca-
tholiques qui l'ont défendu parfois au prix de leur sang. Mais :
c’est le droit et le devoir des parents de faire apprendre : ä leurs enfants la langue des aïeux, la langue de la vieille foi catholique.
Ceux qui ont paru, en ces derniers temps, avoir découvert une situation lamentable dans l’Ouvst Canadien, .au point de vue
religieux, se sont laissés tromper par des hommes préjugés ou -
par ‘des politiciens intéressés et leurs lettres venimeuses dans
des journaux protestants, ou leurs écrits injustes daris des jour-
. naux catholiques. ont fait du tort à la cause catholique et ont réjoui nos adversaires.