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Le nombre des pélerins qui visitent annuellement l'Eglise de Sainte-Anne excède 40,000 et il augmenterait encore avec fa facilité que le chemin de fer donnerait pour s'y rendre. On peut dire sans exagération que le tiers de ces pélerins, où 26,000 voyageurs, feraient le trajet par voie ferrée. À 50 cents, aller et retour, pour le trajet, cela forme une recette de $13,000.00. Le nombre des étrangers qui se rendraient aux chutes Montmorency serait de 6000 au moins, Ce qui, à 25 cents, donnerait encore $1,500.00. Enfin la population des paroisses situées le long de la ligne et les gens de Québec qui visiteraient ces paroisses et y passeralent été fourniraient environ 10,000 voyageurs, à 50 cents chacun en moyenne, ce qui fournirait une somme de $5,000.00.
On pourrait donc compter sur une recette d’au moins $20,000.00 pour le transport des voyageurs seulement, Ce chiffre est d’antant plus bas que l’année dernière la comuission des chemins à barrières à perçu en péages des populations habitant les paroisses situées le long de la ligne au-delà de VINGT-DEUX MILLE PIASTRES et le taux n’est pas de 20 cents par voiture, en moyenne.
Le transport du bois fournirait un appoint considérable. Sans compter ce que pourraient donner les scieries des MM. Hall, au Sault-Montmorency, il pourrait être exporté 830,000 cordes de bois du Chateau-Richer, de l'Ange-Gardien, de Sainte Anne et des régions avoisinantes, Ce serait à peu près le cinquième de ce qui s’en consomme annuellement à Québec et dans Saint-Sauveur. Or, à 80 cents la corde, en moyenne, le transport de ce bois rapporterait la somme assez ronde de $24,000.00.
Le transport de la pierre viendrait ensuite et il est hors de doute que le chemin de fer accaparerait entièrement ce trafic; avec les bateaux, il faut transporter la pierre des carrières à la grève, ce qui coûte presqu'aussi cher que le fret dans les bateaux. Avec le chemin de fer,
au contraire, les chars prendraient la pierre dans les carrières mêmes, et la réduction que cela opérerait dans les frais de transport développerait tellement cette industrie qu'on peut estimer à $8,000 00 au moins le trafic qu'elle fournirait au chemin projeté, Et si les particuliers ne fournissaient pas ce trafic eux-mêmes en produisant le bois et la pierre, la compagnie pourrait en entreprendre la production, ainsi que sa charte le lui permettra.
Enfin le transport des malles, $100.00 par mille, des marchandises et des produits agricoles, etc. donnerait bien $5,000.00, car la construction du chemin développerait considérablement les affaires et déterminerait probablement l'établissement de quelques petites manufactures pour utiliser les beaux pouvoirs d’eau qui se trouvent dans ces localités,
En résumant tous ces chiffres, on arrive au résultat suivant :
1° Transport des voyageurs... $19,500.00 2* Transport du DOÏS is sssnssesssstesossrussctose 24.000:00 3° Transport de la pierre... 8,000.00 4° Transport des malles et trafic local... 5,000.00
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Recettes lolales du trafic... $56,500.00
Ce total, qui n'est pas au-dessus de la réalité, représente un tralic de $1883.33 par mille.
Dépenses annuelles
Sur ane ligne aussi courte et aussi unie, pouvant se procurer le combustible à aussi bas prix, les frais d’exploitation n’excéderaient certainement pas 50 4 des recettes totales, c'est-à-dire $28,250.00 par année, Le percentage pour renouvellement serait d'environ 24 pour 100 sur les frais de mise en opération, où $6,000 par année. Ajoutée au frais d'exploitation, cette soinme forme un montant de
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$314,500.00 pour les frais annuels d'opération du chemin, Il restera douc une balance de recettes de $22,000 pour servir les intérêts sur les débentures et les actions de la compagnie, c’est-à-dire sur les $240,000 que coûtera l'entreprise. Mais, à 8%, l'intérêt de cette somme ne forme que $19,200.00, en sorte qu’il reste encore un excès de $2,800.00.
Dans tout ce qui précède, il est supposé que la compagnie n'aura rien du gouvernement, Or elle a droit à une subvention, puisque son entreprise contribuera au développement de la colonisation et 1l faut espérer que l'allocation de $4,000.00 par mille sera accordée à la Compagnie du chemin de fer de Québec et Montmorency, comme elle l’a été à d’autres compagnies, notamment à celle du chemin de Jonction du Saint-Laurent et du Lac Champlain. Cette dernière compagnie n'a pas plus de droits aux faveurs du gouvernement que celle du Chemin de Québec et Montmorency, sans compter qu’elle traverse une région qui est déjà sillonnée de chemins de fer subventionnés par la province, tandisque la côte de Beaupré n’a pas de voie ferrée, En justice, le chemin de Québec et Montmorency aurait donc droit à une subvention de $4,000 par mille, ou de $120,000 en tout.
En supposant cette subvention accordée, et le gouvernement ne peut pas la refuser, les actionnaires ne contribueraient que pour $120,000. Pour rémunérer cette contribution, ils auraient un excédant de recettes de $22,090, qui permettrait de donner de jolis dividendes. Et pourtant les données sur lesquelles ce résultat s'appuie sont d’une réalité incontestable, ainsi qu’il est facile de le vérifier !
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