‹ Mémoire couronné en réponse a cette question proposée par l'Academie Royale de Bruxelles Quel a été l'état de la population, des fabriques et manifactures, et du commerce dans les provinces des PaysBas, pendant les 15me et 16me siècles? Par Fr. baron de ReiffenbergChapitre 22 sur 84 · DOUAI · texte numérisé non relu

DOUAI

Seconde ville de la Flandre française, tenait des manufactures de draps, de saies et de bourrats qui avaient fleuri M""»**" 1 *'au commencement du XIV siècle. En i355, lorsque le roi Jean vint en Flandre, ceux de Douai lui offrirent, entre

(l) Guicc. , p. il\-x , 1". édit. originale (a) Buzel., Gall. — FL, p. M7.

(3) id., p. 149

autres présens, quatre pièces de drap, pour montrer que la draperie était chez eux en honneur. Ce même prince défendit l'entrée de la ville à un habitant que le conseil municipal avait banni, pour avoir employé la fraude dans la fabrication des draps {pro fahâ drapperid). Quelques années plus tard plusieurs artisans s'avisèrent de tisser de fines toiles de lin, à la manière de Cambrai, ce qui augmenta dans Douai la circulation des espèces. Néanmoins en i4ai la ville était tellement obérée , qu'à peine les citoyens osaient sortir de leurs murailles , et il y eut quelques démêlés avec la ville de Gand , pour un bateau chargé de sel , qu'un Gantois à qui on devait de fortes sommes, avait confisqué sur un habitant de Douai (i).

Le principal commerce de Douai était celui des grains, qui s'y vendaient tous les jours à des heures réglées (a). En i433, elle se plaignit hautement au gouverneur de la Flandre française , qu'on violât le privilège par lequel il était interdit à quiconque n'était pas de Douai, d'acheter des blés dans les villages voisins , à cinq lieues à la ronde ; violation aussi préjudiciable au prince qu'à la ville, puisque l'on esquivait ainsi les droits dus au trésor (3).

L'université de Douai fut ouverte en i58a (4).

(1) Buzelin , Annal, p. 388.

(a) Id. , Gallo - Fl. pp. i65 — \66.

(3) Id. , Annal, p. 39g.

(4) Id., ibid. p. 5aa.

Fut jadis une ville grande et puissante , mais elle était déjà presque oubliée au moment où nous nous reportons. Ses manufactures de draps étaient tombées dès i3o,3, comme on le voit dans un diplôme de Charles VI, roi de France, à qui les bourgeois avaient demandé la permission de s'exercer à un autre genre de travail. Charles - Quint permit , en i5ag , à quelques-uns d'entr'eux de faire de la saie et du velours. Ils ne travaillèrent plus dans la suite que des trippes, imitant les velours de soie.

Orchies avait deux foires; la première durait trois jours : *<>'"**• elle s'ouvrait le lendemain de la Nativité de la Vierge, et il y avait franchise durant huit jours, pour s'y rendre et en partir; l'autre commençait après la Trinité.

Cette ville semblait être vouée aux flammes. En 1 3 3 9 elle incendi«. fut presqu'entièrement consumée; quelques mois après le comte de Hainaut lui fit éprouver le même sort. Après avoir beaucoup souffert de la guerre, elle fut incendiée par hasard en i4i4; le feu n'épargna que dix-neuf maisons. C'est à cette occasion que le duc de Bourgogne, touché de compassion, accorda à perpétuité la première foire dont nous avons parlé , avec privilège de franchise. Les Français brûlèrent Orchies en 1477 î le feu s'y mit de nouveau eu i566 et ne laissa debout que trois bâtimens. Cependant quand les religionnaires tentèrent , en i566, d'envahir cette

ville, ils furent vigoureusement repousses par les habitans, malgré leur petit nombre (i).

Ao.re.itew. COMMINES, LANOI , HAUBOURDIN et d'autres bourgs subsistaient également au moyen du commerce. Lanoi faisait des trippes de lin et de velours. Commines était connue par ses draps et ses bonnets de laine (a). Les artisans d'Ypres y portèrent la draperie en i385, ainsi que l'insinue Meyer, au XIV e livre de ses annales. A la fin du XVI e siècle, les fabriques de ces bonnets, que les étrangers recherchaient pour leur commodité et leur élégance, avaient cessé d'exister. Le lin remplaça la laine et fut employé à tisser des toiles fines. La foire de Commines avait lieu au mois d'octobre (3).

(i) Marchant, p. 16a.— Buzelin, Gallo— Fl. , pp. a3o-3i. Id. Ann., p. 385. (a) Marchant., p. i65.

(3) M., 16. — Buzelin, Gallo— Fl. pp. 54, 55.

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