L'ARTOIS
L'Artois était une province opulente et industrieuse; elle abondait en bleds dont elle fournissait une quantité prodigieuse à Malines et à Anvers. La guerre se porta toujours sur l'Artois dans les moindres démêlés avec la France , de sorte qu'Arras était considérée comme le boulevard de la Belgique (4). Ses tapis et ses tapisseries ont été célèbres dans Ti P u*cri«. la plus haute antiquité. St.-Jérôme (5), Vopiscus (6), Juan- Christoval Calvete de Estrella (7), Ortelius, etc., eu parlent avec admiration.
(i) Guicciardin, i r « édit. orig., p. 367.
(a) ld. , p. a68.
(3) Jd., P . 169.
(4) Meyer. Ann., p. a44 , édit. de i56i.
(5) Lib. Il contrà Jovianum.
(G) In Carino.
(7) Fol. i63.
i44 DU COMMERCE,
Méfiera» Quelques historiens ont pris la peine de détailler les préduieœp.. S ens que les souverains de la Flandre et de la Bourgogne faisaient, dans les grands jours, à la cour de France. Ces particularités ont cela d'intéressant qu'elles attestent la magnificence de ces siècles et le prix qu'on attachait aux tissus d'Arras. Le duc de Bourgogne donna, en 1899, pour étrennes au roi, un hanap ou coupe d'or, garni de six rubis balais, de cinq saphirs et de quarante-deux perles, avec une aiguière d'or pesant quinze marcs, sept onces, chargée de cinq rubis balais, de cinq saphirs et de trente-six perles, valant le tout 3ooo livres.
Le duc Jean, entr'autres présens , donna aux ambassadeurs que l'empereur et le roi d'Angleterre envoyèrent à Lille en i4i6, un tapis de fil d'Arras, broché d'or, de cinquantesept aunes, sur lequel étaient figurés des seigneurs et des dames chassant aux oiseaux ; un autre tapis de cinquante-deux aunes, de même ouvrage, chargé d'un grand nombre de petits enfans occupés à prendre des oiseaux; une tenture de chambre de cent aunes; une tenture de cent quarante aunes, de même travail , ornée de représentations d'hommes et d'oiseaux, etc., etc., etc. (1).
vaodou. Vers i46o les arrestations multipliées pour prétendu crime de vaulderie, nuisirent beaucoup au commerce d'Arras. Il faut entendre le bon Jacques Du Clercq :
c En ce tems les ville et cité d'Arras et pour certain touts » ceulx qui y demouroient, furent si scandalisés par tout le 3» royaulme de France et ailleurs d'estre Vauldois , qu'à peine
(1) Histoire de Bourgog., tora. III , p. 45o.
AUX XV ET XVI SIECLES. i45
» voulloit-on loger les marchands et aultres de la ville, et » mesmes les marchands en perdirent leur crédence; et vou- » loient ceulx à qui ils debvoient estre payés , de peur qu'ils » ne fussent punis comme Vauldois, par quoy ils eussent » leurs biens confisqués.
» Et certes en ce tems il n'y avoit si notable homme es » ville et cité d'Arras, ni sy bon chrestien qui bonnement » endura quelque besongne qu'il euist, tant fust nécessaire » d'aller hors la ville, de peur d'estre puni comme Vauldois, » et il n'y en avoit ni sy bon, ni sy loyal, que s'il fust allé » au loing pour l'espace de i5 jours au plus, que le menu » peuple n'euist dict , qu'il s'en fust allé de peur d'estre » prins comme Vauldois et euist- on dict public que ment » qu'il l'étoit (i). »
Les moindres draps de St.-Omer se vendaient aux Aile- D-p.de st mands, comme on le voit par des lettres de i£io (a). 0a * T '