‹ Mémoire couronné en réponse a cette question proposée par l'Academie Royale de Bruxelles Quel a été l'état de la population, des fabriques et manifactures, et du commerce dans les provinces des PaysBas, pendant les 15me et 16me siècles? Par Fr. baron de ReiffenbergChapitre 40 sur 84 · MONS · texte numérisé non relu

MONS

Jean d'Avesnes, pour peupler cette ville, avait déchargé An 1395. les habitans du droit d'aubaine, de main-morte, de meilleur catel et de servitude (a).

Mons reçut en 1 3 10 de grands privilèges du comte Guillaume I,qui s'efforçait d'encourager les manufactures de draps. Bossu a vu par les registres d'un conseil de ville, tenu le I er n "P itn mars i4*'i 1 que le chapitre de Soignies était obligé de livrer deux étaux aux drapiers quand ils allaient à leur foire, ce qui était considérable. Guillaume fit nommer des officiers pour surveiller la draperie (3).

Philippe, roi de France, ayant chassé les juifs de ses états, J*&quelques-uns vinrent s'établir à Mons en i320 et leurs descendans y furent protégés (4). Guillaume II, en 1 337, permît aux magistrats de Mons d'exploiter les carrières de Frame- Om«m. ries et de Quaregnon (5). Le même prince accorda franchise

aux débiteurs pendant la foire de novembre , ce qui y attira —

(1) Histoire de Bourgog. , tom. IV, p. a3a.

(a) Delewarde, tom. IV, p. 58.

(3) Bossu , p. 87.— Delewarde, tom. IV, p. ia8.

(4) Bossu, p. 95.

(5) Delewarde, tom. IV, p. i33o.

i4o DU COMMERCE,

beaucoup de monde. Le privilège subsistait encore lorsque Delewarde e'crivait, c'est-à-dire en 17 19 (i).Du temps de Guicciardin Mons était riche, marchande et peuplée d'artisans qui travaillaient surtout des serges de différentes espèces (a).

§ VALEN QENNES.

PriTii^gei. Cette ville jouissait de privilèges très-étendus. Louis XI T au rapport de Pierre Mathieu, voyant Paris dépeuplé par la peste qui y régna en 1467 , afin d'attirer les marchands, octroya à tous les bannis qui voudraient y venir résider, une franchise pareille à celle des villes de St -Malo et Valenciennes . C'est pour cette raison que le héraut d'armes de Valenciennes portait le titre de Francheville.

L'an 1460 le duc de Bourgogne déclara que les biens des serfs qui auraient demeuré un an et un jour dans cette ville, fussent affranchis et non dévolus aux seigneurs (3).

Monnaie. Valenciennes avait eu une monnaie qui se passait à recours. Des lettres de l'an i44 I i s, g T1 ^ es Isamberghe, prouvent qu'elle était restée, après la chandelle éteinte, à Jean de Brabant, moyennant caution de 2,000 écus. Il y avait en outre deux maisons de change. Cette monnaie a duré au moins jusqu'en

{1) Delewarde, p. ia4.

(a) Guicc. article de Mons.

(3) Histoire de Valenciennes, par D'Outremun Douay, 1639, in-fol. pag. 333.

AUX XV ET XVI SIÈCLES. i4i

De tout temps Valenciennes jouit de letapc des vins quiKupcd n *iiw. lui fut même confirmée par les archiducs, le 8 février 1619(1). Afin de faire connaître les espèces de vins recherchées alors, nous citerons le banquet célèbre donné en i333 à Valenciennes, par Jean Bernier, et où assistèrent plusieurs têtes couronnées. On y but, disent les chroniqueurs, dix sortes de vin que Bernier avait de provision en son hoslel, savoir du vin de St.-Poursaint, de St. -Jean, d'Auclioirc (ou plutôt d'Auxerre) (a), de Beaulne, du Rhin et de Tubiane (3).

Valenciennes trafiquait en grains, bois, vins, merceries, draps, saies, serges et autres semblables étoffes. Le sieur de Salmonsart dit que de son temps l'on y comptait plus de 5ooo métiers où outils, avec lesquels on faisait des saies, Kanheam*. reversés, changeans, gros grains, etc.

Cette ville était en société avec Bruges, Lille, Anvers, AMociatiom Douai et autres lieux, avec jouissance de certains droits et eomn * tt » lt *privilèges que Pithou appelle droits de marcJie, de parcours ou entrecours (4)- Le lundi après Noël de l'an i3i3 on délivra des lettres en faveur de ceux de Bruges à qui l'on accor-

(1) D'Outreman. p. 347.

(2) Cela e»t confirmé par un passage d'un mystère de J. Bodel qui vivait au i3 me siècle. Nous nous servons de l'extrait de M. Le Grand. ■ Le crieur Connaît annonce aux vassaux du roi qu'il leur est enjoint de se rendre en armes sous ses étendards ; on lui donne des lettres munies du sceau royal, pour aller publier partout le même commandement, et il part Mais il entend crier dans une taverne, du pain frais, des harengs chauds et du vin d'Auxerre. . . » Essais hist. sur l'orig. et les progr. de l'art dram. Paris, 1784 , tom. I, p. 129.

(3) D Outreman, pp. 386-38o.

(4) Jat , p. 383.

dait exemption de toutes tailles et impôts pour les denrées et marchandises qu'ils achèteraient à Valenciennes, dont les habitans jouissaient du même avantage à Bruges (i).

Guicciardin, Orteliuset Braun, représentent Valenciennes comme une ville opulente. « Plebs opulenta, écrit Braun , » plerumque rem faciens, ex telœ quodam génère, quod ver- **• » naculè sayam appellant, cujus ingens ibi copia confici- » tur (a). » Aussi le commerce y était-il considéré. On y comptait plusieurs familles de négocians qui pendant quatre ou cinq cents ans avaient rempli des fonctions honorables et avaient joui d'un grand crédit auprès des princes et de la noblesse qui recherchait leur alliance. Les bourgeois, pleins d'un sage orgueil , aimaient mieux être appelés honorables que nobles (3).

Les troubles de religion firent tort à Valenciennes qui devint place de guerre.

piem». AVESNES-LE-SEC Village entre Valenciennes et Cambrai, connu par ses carrières de pierres blanches appelées pierres d'Avesnes , et dont le Florentin Léon-Baptiste Albert fait un grand éloge au a d livre de son architecture (4).

RUnufcehir,.. QUESNOY fabriquait des draps et des demi-ostades (5).

M.rcbidefii MAUBEUGE avait un marché tous les samedis, où l'on d* un*. vendait du fil de laine pour les serges et demi-ostades (6).

(i) D'Outreman, p. 383.

(a) Tom. H, in Indice, lib. 3.

(3) D'Outreman , p. 384. Il n'est pas inutile d'observer que cet auteur était prévôt de Valenciennes.

(4) Guicciardin, i" édit. orig.,p. a64-

(5) Id.,ibid.

BINCHE était jadis bien peuplée; mais elle eut tant à souffrir de la guerre, que la plupart de ses habitans durent se retirer à Mons. Elle fut brûlée en i554 par les Français (i).

ENGHIEN travaillait différentes étoffes et des tapisseries (a).

ATH. « Cette ville quoique petite, dit Guicciardin, est

forte, riche et agréable. Elle a l'étape des toiles et en fabrique tu pt de*

une immense quantité. Il s'y en vend pour plus de 200,000 ' 0 ' ,e, • écus par an, tant est grand le nombre des marchands étrangers et des lieux voisins, qui y affluent (3). »

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