‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 1 sur 85 · PREMIÈRE PARTIS · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIS

La Question politique.

Aristes conséquences de la publication, dans l« presse, des Documents du 13 Septembre

dernier.

La publication que Mgr. l'Arch. de Québec à faite dans les journaux publies des documents émanés du St. Siège, le 13 Septembre dernier et surtout des Instructions du St. Office données en 1876 à Mgr. Conroy, Délégué Apostolique au Canada, (Voir P.J. No. 1) a grandement ailligé les Catholiques de la Province, et a causé un véritable scandale dans le pays. Tous les ennemis de l'Église, au contraire, s'en sont réjouis, parce qu'ils y ont vu une humiliation infligée à l'épiscopat et au clergé catholiques de la Province, En effet, par suite des renseignements inexacts et erronés sur les quels sont basées ces Instructions, les Evèques et les Prêtres y sont dénoncés comme étant la cause des troubles et du melaise qui règnent dans la Province, les premiers par leurs discordes el discussions toujours croissan'es, el les seconds par leur ingrérence eccessire dans les élections politiques, et compromettante pour l'avenir de la relirion.

De telles instructions n'étaient pas destinées à la publicité qu'elles viennent de recevoir, puisqu'elles avaient été confidentielles et même secrètes vis-à-vis des Evèques qui ne les ont connues qu'en 1878, après la mission du Délégué accomplie, Notre Métropolitain en les livrant aux colonnes de tous les journaux du pays, a dû mal interpréter la pensée du St. Niége, Aussi les Fidèles en ontils exprimé leur étonnement et leur chagrin, en voyant leurs évêques et leurs prêtres ainsi humiliés à la face du pays tout entier. Que vos Emces en jugent par les quelques extraits suivants d'une lettre que m'adressait à ce sujet un avocat, très bon Catholique, de la ville de Québec. “ Nous ne pouvons réelle- “ ment comprendre comment on à pu se décider à publier cette lettre du Cardi- “ nal Nimgoni. Evidemment elle n'ét ait pas faite pour être livrée en pâture au

publie. Les instructions spéciales el secrètes à Mer Conroy d'aller mettre la paix

‘entre les Evêques du Canada et de leur conseiller la prudence vis-à-vis de nos

‘frères séparés, pouvaient très bien être communiquées et rappelées aux Evé- “ ques ; mais de là aller dire au peuple, par la voie de la presse, que la cause de

“ fout son mal est dans ses Evèques ete. ete. : voilà qui surpasse nos intelli-

‘gences....., Nous ne croyons pas que le Pape ni les Cardinaux aient eu l'idée “ que les instructions à Mgr. Conroy fussent textuellement livrées à la publicité. “ Nos radicaux se réjouissent de la bonne aubuine, comme ils disent, de voir que ‘ les Evéques se soient mis dans une position où ils n'embarrasseront plus avec ** deurs mandements.”

Il est hors de doute que la publication de ces instructions, telle qu'elle a été faite, porte atteinte au respect et à l'autorité des Evéques et à la légitime et salutaire influence du Clergé, En voici une autre preuve : quelques jours après cette publication, je recevais une Carte postale sur laquelle se Hisait ce qui suit

Monseigneur, le décret ofliciel de Kome vous enjoint de vous méler de vos “ aflaires pendant les élections, sous peine d'excomimunication du Pape ; ainsi * prolitez de la leçon et soumettez-vous à votre sup'rieur (signé) : Un vrai * libéral.”

Non seulement la publication de ces Instructions porte atteinte à la dignité épiscopale et au respect du au clergé, mais encore elle à mis le t. Office Juiméme en contradiction avec le Souverain Pontife qui, en 1876, à l'époque où furent dressées ces instructions, donnut un Bref au Député que les Evéques de la Province avaient envoyé à Rome pour réfuter les accusations portées contre le Clergé, Bref dans lequel Na Nainteté faisait l'éloge de ces Evêques et de leur Clergé, en louant leur zèle à enseigner la véritable doctrine au peuple confié à leurs soins et à le prémunir contre les astucieuses erreurs du libéralisme dit catholique. (P.47. 9.)

Le fait de la publication regrettable de ces Instructions du Nt. Office, dans la presse, a donc compromis du même coup aux yeux du pays, le prestige du Kt. Niège et des Congrégations romaines, l'autorité des Evêques et la salutaire influence du Clergé.

Maintenant on se demande quelle à pu être la cause véritable de cette contradiction étonnante entre le Souverain Pontife et le St, Office ? Comment celui ci a-t-il pu trouver que les Evêques, par leurs discordes, et le clergé par son ingérence excessive dans les élections politiques, étaient la cause des difficultés politico-religieuses qui ont surgi en Canada, tandis que celui-là à jugé au contraire que ces Evêques et ce clergé n'avaient fait que leur devoir en combattant avec zèle et courage les principes pervers et les tendances dangereuses des Hibéaux Canadiens ? Evidemment cette anomalie ne pouvait venir que des renseignements contradictoires qui avaient été donnés au Nt. Père et au St. Office.

Diflérence entre les renseignements fournis au Souverain Pontife et ceux donnés au Card.

Franchi.

Le source des renseignements donnés au Souverain Pontife est bien connue, puisque Na Nainteté la mentionne en tête de son Bref : “ Ce que vous avez at- “ testé par écrit et de vive voix, dit-il, en votre nom et en celui des Prélats Ca- * nadiens, de votre commune soumission et affection envers ce siège Apostoli- “ que, Nous a été tres agréable, Vénérable Frère, surtout en ces temps où l'ac- ‘cord et l'union des esprits et des cœurs est si nécessaire pour arréter le torrent “ des maux qui nous envahissent et pour en détourner de plus grands encore.” (P. J. 9.) Or cet accord et cette union des évéques, sur la question politique, s'étaient établis par la Pastorale collective du 22 Septembre 1875, que tous les Nuffragants de la Prov. de Québec avaient signée avec bonheur à la suite de leur Métropolitain : (V. P. IL No. 2) et cette Pastorale avait été soumise, par l'Evéque député, à l'appréciation de Na Nainteté qui en daigna faire l'éloge.

Les Evèques, en publiant ce Brefet l'Adresse qui l'avait provoqué, {P.J. 12) y donnèrent leur pleine et entière adhésion, et confirmerent par là l’exactitude des renseignements que leur Député avait donnés au St. Père sur les dangers de la situation au Canada et qui se trouvaient résumés dans cette Adresse.

Le Souverain Pontite se trouvait done avoir connu le véritable état des choses par la voie réguliere, celle des Evèques que le Kt. Esprit a chargés de veiller sur tout le troupeau et de gouverner l'Église de Dieu.

Mais quelle à été la source des renseignements donnés au Nt. Office ? Non Em. le Card. Franchi l'indique dans une lettre du 18 Mai 1876, à l’Archevèque de Québ:e, dans laquelle il dit : “ De différents côtés, il arrive à cette N, Con- ‘ grégation des représentations sur ce qui se passe aujourd'hui dans ces pro- “ vinces relativement à l'intervention du clergé dans les élections politiques: “ La gravité des faits qui se succèdent et les conséquences funestes que l’excita- “ tion des esprits fera nécessairement rejaillir sur l'Eglise du Canada... réclame

‘ tout naturellement mon attention et exige qu'on y apporte un prompt et effi- “ cace remède, Par conséquent quoique la haute autorité des remontrances sus- “ dites et les nombreux documents dont elles sont appuvées ne laissent aucun “ doute sur la vérité de l'exposé, néanmoins je m'adresse à V. G. pour avoir des ‘informations exactes à ce sujet, ete.”

Les Evêques de la Province ayant pris connaissance de cette lettre trouvèrent la chose si grave qu'ils jugèrent nécessaire de députer de suite vers le Nt'

ni à

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