‹ Mémoire de l'évêque des Trois-Rivières sur les difficultés religieuses en Canada [microforme]Chapitre 2 sur 85 · TRES · texte numérisé non relu

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Siege un de leurs collègues pour v réfluter des accusations aussi étranges, el donner à N, E. toutes les explications qu'elle pourrait exiger à ce sujet.

Ils adressérent aussi une supplique au N. Pere dans la quelle ils donnaient un aperçu de nos diff'ultés et protestaient énergiquement contre les aceusations portées dans l'ombre et à leur insu contre leur clergé, soffrant à prouver quand on le voudrait, que su conduite avait été tracée par les décrets des conciles provinciaux et déclarant qu'ils n'auraient pas manqué de ramener à l'ordre ceux qui s'en seraient écartés : (P. 47.)

De son coté, l'Archeveque de Québec n'imformait qu'il s'était plaint au Card. Franchi de ce qu'il Jui laissait ignorer complètement la nature spéciale des accusations portées, contre le clergé, et qu'il lui avait ditentre autres choses : * Quantacumque sit auctoritas eorum à quibus reclamationes facti fnerint, ‘“ inauditi non sumus condemnandi. Nos defendere non poterinus quamdiu “alle accusationes nos latuerint.”

Le Card. Franchi, prié par le député des Evéques soussigné, de faire connaitre ces accusations, déclina de le faire, en disant que les éveques de la Province avaient attribué à sa lettre du IS Mai, une portée qu'elle n'avait pas, qu'il n'avait pas eu l'intention de formuler un reproche contre la conduite du clergé, et qu'il ny avait pas d'accusation formulée contre lui, pour sa conduite dans les clections politiques.

Telle a été la source des renseignements donnés à lu N. © de la Prop. en autant que les évêques ont pu la connaitre officiellement ; des aceusateurs qui se sont cachés dans l'ombre et qui sont allés, à leur insu, porter contre le clergé de toute une Province ecclésiastique des accusations qui n'ont pu être controlées ni même connues.

Ainsi d'un coté, les Evéques informant régulierement le Souverain Pontife et la N. C. de la Prop. et repoussant les accusations portées contre leur clergé : de l'autre, une haute autorité qui se cache dans l'ombre et de nombreux documents qui ne peuvent être vus par les intéressés,

Et c'est cette seconde souce d'informations qu'on accepte comme la plus sûre, rejetant celle de l'Épiscopat : et on n'hésite pas à recevoir comme fondées et véritables des accusations fort graves portées contre tout un clergé malgré les dénégations énergiques des Evèques. |

Que savait N. E. de la nature de cette intervention du ‘lergé dans les élections politiques ? Elle dit elle-même qu'elle n'en connaissait rien de précis, puis-qu'elle demande des informations exactes à ce sujet à Mer. l'Archevêque qui lui répond en se plaignant qu'il ignore ces faits, et qui lui demande de les spécifier afin que l’on puisse se justifier et n'être pas condamné sans être entendu.

La ligne de conduite suivie en cette affaire par N. Em. le Card Franchi. dont l’honorabilité et la consciencieuse probité n’ont jamais pu êtré soupçonnées

un instant, à toujours été pour moi comme un mystére que je n'ai pu m'exphiquer qu'en me convalacant qu'il avait été trompé par les libéraux canadiens

En effet, je sais de source certaine que l'Hon Cauchon, alors ministre du Cabinet fédéral d'Ottawa et chef des libéraux de la Prov. de Québee, qui le premier avait agité dans son journal, * Le Journal de Québec la fameuse question de l'éufluenre indie en poussant ses amis à citer les pretres devant les tribunaux civils, se vantait, au moment de l'arrivée du Délégué Apostolique an Canada, d'avoir fait régler à Rome les afluires politico-relixieuses de la Province de Québec,

Je sais également que les Hibéraux reclamaient Mr abbé Benjamin Paquet, alors à Rome, comme celui qui devait faire triompher leur parti Voici comment s'exprimait alors, à ce sujet, Mr. W. Laurier un des corvphés Hbéraux : “ Les Evêques font un grand tort à notre cause ; si nous pouvions avoir un Cvé- “que libéral, notre triomphe serait assuré. On assure que Mr. Ben]. Paquet + doit revenir de Rome Evêque du nouveau diocese de Nicolet, alors notre ‘succes sera certain, Mgr. l'Archevéque nous rend certainement service en “inelinant tantot d'un coté tantôt de l'autre, mais il n'est pas l'homme qu'il ‘nous faut pour un triomphe complet, il est {rop girouette, 7 (sie). (Batrait d'une

lettre de source respectable dont Foriginal peut étre fourni au besoin).

C'est pour moi, aujourd'hui, une conviction, que la haute autorité dont parle NS. Eminence et les nombreux documents apportés à l'appui des accusations contre le clergé, étaient de provenance libérale et par conséquent fort suspecte.

Voici en eflet, ce que disent de nos libéraux canadiens, les Evéques dans leur Pastorale collective du 22 Kept. 1875: Des hommes qui veulent vous “ tromper. N. T. C. K., vous répètent que la religion n'a rien à voir dans la poli- “tique; qu'il ne faut tenir aucun compte des principes religieux dans la dis- “ cussion des aflaires politiques ; que le Clergé n'a de fonctions à remplir qu'à + l'église et à la sacristie et que le peuple doit en politique pratiquer lindépen- “ dance morlale.. Les plus grands ennemis du peuple sont donc ceux qui veu- “ Jent bannir la religion de la politique ; car sous prétexte d'affranchir le peuple “ de ce qu'ils appellent la /yrannie du prêtre, l'influence indue du prétre, is préparent “ à ce méme peuple les chaines les plus pesantes et les plus difficiles à secouer. ”

N'est-il pas évident que des plaintes et des accusations portées par un parti qui renferme des hommes ainsi notés par l'Episcopat, doivent toujours être reeues avec grande défiance et scrupuleusement controlées ?

Les faits qui suivent aideront encore mieux à découvrir la provenance

libérale des nombreux documents et le caractère de la haute autorité dont parle K. E. Le Card. Franchi.

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Déclarations du Délégué Apostolique au sue de la Lettre Pastorale du 22 Septembrt

IN79. ed à son arrivée au Canada.

Les élections politiques de 1875, dans la Prov. de Québec, avaient été les plus calmes et les plus libres que l'on eut vues depuis Jongtemps, races aux avertissements donnés par les lPeres du V. Concile provineial dans leur Pastorale du 22 Mai 1873, et aussi à une loi plus eflicace de la législature.

Or le résultat de ces élections tourna au désavantage du parti Hberal, et les libéraux en furent tres-irrités, puis ils commencerent à s'élever avec plus de violence que jamais contre ce qu'ils appelaient lonfluence indue du Clergé. His se mirent à prendre des mesures pour trainer les prètres devant les tribunaux civils.

A la vue de ces menaces, Mgr. l'Archevéque jagea prudent de convoquer ses suffragunts pour arréter, d'un écomun accord. là ligne de conduite à tenir en ces circonstances difficiles, Il ut unanimement admis, dans cette réunion des évêques qu'un exposé clair et précis de la Constitution divine de FEglise, de sa doctrine sur les rapports des deux puissances, et une revendication courageuse de ses droits, solennellement reconnus par les traités et la Constitution du pays, étaient le moyen le plus cflicace de protéger le clergé et de fermer la bouche à ses adversaires.

Mer. l’Archevéque voulut bien se charger de faire Tui-méme ane Pastorale sur ces données, [le fit avec une sureté de doctrine, une clarté et une précision remarquables. Tous les sufragants de la Province signerent avec bonheur cette Pastorale à la suite de leur Métropolitain, le 22 Septembre 1875. (P. 7. 2.)

L'apparition de ce document fit une sensation profonde dans le pays et les menaces de poursuites contre les prêtres s'appaiserent peu-à-peu.

Mais un travail caché et sourd commença à se produire pour atténuer l'importance et l'eflet de ce document. On insinuait habilement que la doctrine n'en était pas sure, qu'il S'y trouvait des points faibles qui ne seraient pas approuvés à Rome et qu'il constituait une intervention excessive dans la politique. Tous ces dires propagés dans l'ombre et exploités avec habileté finirent par jeter un certain doute et une certaine agitation dans les esprits; on se porta bientot, dans les écrits à de grands excès, tout en intriguant de diverses manières pour faire revenir les évêques sur lerrs pas.

Mer. l'Archevêque proposa alors à ses suffragants de donner des explications pour apaiser ces esprits inquiets. Mais les Prélats lui répondirent unanimement, sans cependant s'être consultés, qu'il n’en fallait rien faire.

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