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J'ai regretté que Mgr. l'Archevéque n'ait pas continué avec fermeté, en cette circonstance, l'enquête qu'il avait commencée ; et qu'il n’ait pas défendu strictement aux plaignants, au nom de l’obéissance qu'ils lui devaient comme catholiques et dio’ésains, d'en agir ainsi. Le tribunal civil fut done saisi de l'affaire, et il ne fut plus question de leur appel à Rome.
La cour en première instance, présidée par an juge catholique éclairé sur les droits imprescriptibles de l'Eglise, garantis par les Traités et la Constitution, renvoya cette plainte en se déclarant incompétent à juger en matière spirituelle; et la cause fut portée à la cour Suprême qui donna gain de cause aux libéraux contre les Curés. Cette sentence définitive motivée de la manière la plus contraire aux droits et aux enseignements de l'Eglise, par un juge catholique fétablissait clairement la compétence du tribunal civil à juger les actes du ministère sacerdotal. Aussi ce jugement du plus haut tribunal produisit-il une sensation profonde dans tout le pays.
Les Evèques qui plus que tout autre en comprenaient la triste portée, n'hésitèrent pas à élever la voix et à protester contre une telle interprétation de la loi qui constituait une violation des droits les plus sacrés de l'Eglise catholique et portait une grave atteinte à la liberté du culte catholique. Ils firent à cet effet une “ Déclaration” qui fut publiée dans tous les journaux de la province. (Voir P. J. XIX).
Les libéraux ne tinrent point compte de cette déclaration des évêques, forts de l'appui que leur donnait la sentence de la cour suprème, ils continuerent leurs poursuites contre le clergé dans plusieurs autres comtés.
La dernière fut celle du comté de Berthier en 1878. Elle fut aussi l’une des plus scandaleuses. Les a‘cusateurs poursuivirent le prêtre jusque dans le confessional en interrogeant les pénitents sur ce qui leur avait été dit en confession, au sujet des élections. Plusieurs avo:ats émirent les doctrines les plus opposées à l'enseignement et aux droits de l'Eglise, et finalement la cour leur donna encore gain de cause contre les Curés.
La presse libérale en prit occasion pour dénigrer le clergé avec plus d’acharnement que jamais, et pour établir en principe le droit de l'autorité civile à juger les prêtres dans l'exercice de leur St. ministère.
De leur côté, les évêques protestèrent de nouveau dans une lettre pastorale, en date du 1er Juin 1879, où ilsrapr . ient aux fidèles le respect dû an confessional, la protection et l'immunité at l'Eglise couvre le prêtre dans les fonctions qu'il y exerce.
Pour arrêter un pareil scandale, et dissiper ces erreurs en même temps que pour préparer l'opinion publique à faire droit enfin à la demande si juste des évêques, d'amender une loi qui comportait d'aussi tristes conséquences, j'exposai dans une brochure anonyme la doctrine de l'Eglise sur les immunités du prêtre. Ce petit travail reçut l'accueil bienveillant des évêques, comme Vos
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Eminences peuvent le voir par les lettres d'approbation et d'encouragement qu'ils m'adressèrent en réponse à l’exemplaire que je leur en avais adressé ; (V. P.J. Lettre des Evêques No. XX.) il fut aussi très bien accueilli du publie. J'en adressai privément quelques exemplaires au premier ministre du gouvernement et à quelques députés en les priant de régler aussitôt qu'il serait possible cette grave question conformément à la demande des évêques.
J'avais la conviction qu'en faisant ce travail et en adressant ces demandes, je remplissais le devoir d’un évêque, qui est obligé avant tout de combattre l'erreur en préchant la vérité et de défendre la liberté de l'Eglise; de plus j'avais la certitude de l’assentiment de mes collègues dans l’épiscopat de la province, comme le prouvent les lettres en tête de mon opuscule sur l'Znf. spir. indue. Or c'est pour avoir rempli ce devoir que j'ai été dénoncé faussement à la S. C. de la Propagande, et censuré à la face du pays comme ayant manqué aux règle: de la prudence et commis un acte répréhensible et digne de blâme.